samedi 15 août 2009

Semaine "Moitessier" du 07 au 13 septembre

"Chez nous"

"ha les écluses de normandie !"

Arrivée centre de Caen


La nav'

les équipiers.

Nous avons pour cette semaine Moitessier appliqué le principe très épicurien chère à Bernard, trouver le plaisir dans les choses simples que la mers veux bien nous donner.
Babette a tenu un carnet de voyage, en voici la transcription, avec quelques extraits gardés en exclusivité quand même.

J'ai navigué dans des mers plus tranquilles

"Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir" disait René CHAR. Peut-être que je m'obstine moi, à fabriquer des souvenirs marins pour que le rêve ne disparaisse pas tout à fait. Les hommes que j'ai aimés étaient "in fine" des "reste à terre"…conjurer le sort… à moi de larguer les amarres mais ne rien abandonner derrière soi. Juste placer des balises cardinales latérales que je révise désespérément pour oublier que je balise un max ! De nouvelles raisons à ça… une aventure nouvelle imprévisible qui, je l'espère, ne sera pas sur un navire au tirant d'eau plein de routine, petite phrase retrouvée au hasard d'un banal rangement dans un carnet datant d'il y a fort longtemps, peut-être à un temps où ma vie s'envasait dangereusement ? Des compagnons de croisière : inconnus, jeunes, vieux, sympas, cons, bougres, routards, marins. L'intitulé croisière Moitessier a certainement guidé des choix ou peut-être pas. Un itinéraire au bon gré de la météo et qui ne sera connu que lundi matin 7 date du début du stage. Les Iles anglo-normandes sur les pas de Victor Hugo me tenteraient. Peut-on résister à son invitation de poète qui promet de connaître une idylle en pleine mer ? J'aimerai accoster à Jersey, la plus grande "le sauvage et le riant mariés au beau milieu de la mer". Longer Sercq, l'une des plus petites "un miracle d'une lieue de long". Visiter Guernesey "si hospitalière aux fleurs". Dame météo décidera. Mon balisage aussi touche à un domaine plus intime du haut de mon 1m58 (aux plus beaux jours) et de mes 61 ans, serai-je à la hauteur de ce type de navigation, il y a tant de choses à connaître en mer et j'en sais si peu ! Mes bourlingages multiples devraient quand même m'être utiles mais face à la mer on est si petit ! Il faut tellement d'humilité que j'ai peur d'avoir tout oublié, règle de cras, nœud de chaise, route de collision.

Dimanche 6 septembre – 21h30 - Seules compagnes, les mouettes qui guettent les miettes de mes sandwichs, le bruit des bateaux qui rentrent au port, un peu plus loin les lumières de la ville du Havre, en l'occurrence un voilier glisse sur l'eau et rentre à la voile, lumière rouge en haut du mât , les moustiques attaquent, des bouées vertes s'allument : vert tribord, rouge bâbord. J'ai bien révisé Nomade, car tel est le nom du bateau sur lequel je me suis installée, se dandine au gré des entrées des bateaux voile, l'aventure commence. Mes compagnons de bord ne seront là que demain. C'est étrange, seule sur ce bateau inconnu mon angoisse s'estompe tout doucement.

Lundi 7 – 9h30 - Nuit blanche, blanche comme la plupart des voiliers à quai – une lune arrogante et pleine… un peu ou beaucoup de stress – Nomade qui tirait sur ses amarres parfois un peu brutalement … bizarre de ne pas dormir en ayant l'air de le faire – soleil ce matin – l'équipage arrive…
Départ 11h30 – première bière 11h45… Quittons le Havre – ville classée par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité pour ses constructions de l'après guerre – Beton … Denis est en train de raconter le débarquement - à ½ mille au nord une ligne de gros bateaux tankers chimiquiers au mouillage. Ils attendent non seulement la marée mais aussi le cours de la bourse. Je rêve - mais nécessités économiques priment même en mer – Moitessier où es-tu ? Nous visons l'hôpital de Caen et la ratatouille de midi – mer pleine, grand soleil, pas de vent par contre. Denis à la ratatouille, Christa à l'oignon… un peu plus loin toujours au moteur un voilier à tribord sans voile. (Alain à la barre et à la causette, parlons de convivialité et … aussitôt la douce odeur de l'oignon grillé arrive jusqu'à nous. Pierre m'avait prévenu, Denis est un excellent cuisinier, important en bateau. Cécile bronze… rougit même vu que ça cogne. Un gros ferry venant d'Angleterre nous double.
15H30 – Arrivée à l'écluse d'Ouistreham nous y rentrons de justesse, les bateaux s'y bousculent. Conversation avec un jeune pêcheur : "Il faut aimer le fluvial" dit-il. Nous allons sur un canal, l'eau monte dans l'écluse… on monte avec. 1ère écluse pour moi. Un petit mile à la voile ensuite merci la brise thermique c'était calme… fin au moteur pour mouiller dans un petit coin charmant près du "Pegasus Bridge", haut lieu du débarquement. Après s'être amarré sur un vieux quai bordé de peupliers, nous avons visité le Mémorial Pegasus, musée qui raconte les différentes missions confiées aux soldats de la 6e Division aéroportée britannique, dont le plus spectaculaire fut la prise du pont de Bénouville par le Major Howard et ses hommes arrivés à bord de 3 planeurs. Balade ensuite dans le village et pot dans le café Gondrée – petit café typique construit en 1865 et qui a été le 6 juin 1944 la première maison et famille de France libérée.
Retour à bord en quête d'une grille de barbecue pour faire cuire notre viande – rien – on se contentera de la "grillette" achetée au Super U au Havre. Et en route pour la cuisine du soir, corvée de pluches pour Cécile et moi – confection d'un gâteau aux pommes pour Denis – recherche de cailloux pour caler la grillette pour Alain.
Puis briefing, tous dans le carré – au vu de la météo, des vents à venir ou des pas de vents (erreur j'avais écrit vin, vu que ce soir on attaque au rouge) des courants, des coefs … la route n'est pas évidente à tracer dans le secteur. Nous avons 22 milles à faire pour aller à Arromanches … mais c'est pas gagné …on verra, du soleil est annoncé ce qui, dans le coin, semble assez exceptionnel même qu'il faisait soi-disant chaud aujourd'hui…j'ai pas trouvé vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. Le pont levant se lève pour laisser passer une énorme merde transportant des produits dangereux tiré et poussé par des remorqueurs.
Avons ouvert le vin de Pierrette pour l'apéro…et la côte de bœuf sur la "grillette" Divin - on n'est pas les plus malheureux dirait Philippe ! Purée maison, gâteau aux pommes et dodo.

Mardi 8 – Quittons Bénouville à 8h45 après un petit déj honnête, un footing pour Denis, une nuit dehors pour Christa, quelques ronflements pour Alain et une nuit calme pour Cécile.
9h30 devant l'écluse où nous nous engageons après une "karchérisation" du Nomade qui, depuis, frétille d'aise dans sa blancheur retrouvée…Zut ! Il ne fallait pas s'engager dans l'écluse, du haut de son mirador l'éclusier nous a intimé l'ordre de reculer. Grand poète, Denis a cru bon de le justifier par un "qu'est ce qu'il a l'éclusier, il n'a pas eu maman ce matin" ! C'est dans la veine des blagues du petit déjeuner que je n'ai, bien sûr, pas retenues. Dommage elles auraient plu à mes copains. Le cake aux olives finit de cuire – la VHS grésille. 1ère gaffe de la journée : nous attendions à l'écluse…en vain – 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes, personne ne se présentait juste un pépé un peu sourd, qui finit par nous dire que l'écluse n'ouvrait qu'à 10h15, il était 10h20 – que s'était-il passé ? Christa et Denis avaient planché hier sur l'heure d'ouverture de la fameuse écluse – 15 mn dans un sens – 30 mn dans l'autre…incompréhensible… jusqu'à ce que "on" s'aperçoive que Denis s'était trompé d'une semaine. Nous sommes le mardi 8 pas le 1e "Errare humanum est". Mais quand même Moitessier aurait-il fait une erreur grossière comme ça ? La bagarre pour être le premier à l'écluse est rude, virile, sans concession. Un vieux chalut bleu avec un pêcheur jaune et brique casquette marine se positionne calmement dans l'axe, de petits bateaux à moteur sans plan réel d'attaque attendent. Des voiliers sortant du port d'Ouistreham s'alignent… mais on a perdu Pépé (le pépé un peu sourd de tout à l'heure) c'est le drame pépé a coulé pendant que nous faisions des ronds dans l'eau. Ça y est le pont jaune s'ouvre enfer et damnation on est doublé. La curée dans l'écluse… impressionnant comme un grand manège sans chevaux mais avec des bateaux qui descendent de 3 mètres, faut pas se choquer, s'entrechoquer, attacher les amarres des autres, les renvoyer et puis… la porte s'ouvre et faut pas chômer renvoyer tout est à l'assaut … de la mer qui nous attend avec un foutu courant qui nous rabat sur les bouées. Ces pêcheurs sont à poste sur les bancs… coin très bon pour la pêche d'après Denis qui a, d'ailleurs, largué la ligne pour les maquereaux. Il nous en faudrait 5 pour ce soir, on sait déjà comment les préparer : papillotes avec gros sel et lauriers. Pas de vent, pas de maquereaux sur la ligne – Cécile à la barre, Alain en quête de renseignements sur les instructions nautiques, Christa a la carte 3,3 sur le fond l'anglais a sorti de la voile génois rouge GV blanche. Pépé n'a pas coulé, il est derrière le gant de toilette qui sèche sur les filières – Le point à 11 heures …. Rouge à bâbord – Direction Honfleur – cardinal nord – dans l'axe du balcon le pont de Normandie – 11h30 à la montre solaire démonstration à l'appui – 11h30 on hisse les voiles pour aider le moteur.

Problématique et raison pour laquelle la voile s'est moins développée en Normandie que dans d'autres régions : les écluses. En fait, ce matin nous n'avions que 3 possibilités : sortir, faire des ronds dans l'eau et rentrer à nouveau à Ouistreham - aller sur le Havre – et notre choix – partir sur Honfleur mais ce qui n'est possible aujourd'hui (vent très faible) qu'au moteur, sinon on rate l'écluse !
Cap donc sur Honfleur "port situé sur la rive gauche de l'estuaire de la Seine constitué d'un avant port à flot et de 3 bassins à flot".
Alain à la barre, tout fier parce que le "cap'taine" lui a dit que son cap était parfait.
Soupe chaude de purée, cake aux olives (frais de ce matin) pomme de reinette mais pas d'api. Impeccable soleil à fond, cirrus dans le ciel annonciateur de vent – ce que confirme la météo d'ailleurs.
14h30 – entrée de l'écluse de Honfleur - err seh shön und Deutsch boat à côté de nous – très chaud – 3 bateaux dans l'écluse - err deutsch sergel avec un équipage souriant à la bière et à tribord au English boat will beer also – et nous au milieu avec bière et thé allemand. La VHS nous insulte gentiment… on se serait mal placé ? et ce sont des pêcheurs qui râlent pêcheurs bateaux de pêche reconvertis au tourisme, il y a de tout dans cette écluse. 1 heure d'attente au ponton d'accueil – petit tour à la capitainerie et dans le port avec Cécile – images mythiques du vieux bassin et des façades au charme historique – ville d'histoire, fière de son passé Honfleur est selon le guide de l'office du tourisme, un port résolument tourné vers l'avenir – port de commerce, de pêche et de plaisance, la ville a su préserver et mettre en valeur un riche patrimoine historique et artistique. Elle est située aux portes du pays d'Auge et de la côte fleurie –
Révisons : 1 mille = unité de longueur = 1852 m / 1 nœud = unité de vitesse = 1 mille à l'heure. Have you the last weather forecast for this area (Avez-vous le dernier bulletin météo de la région) – Espar = signal de balisage fixe – fin de révisions. On va repartir… vieux port de Honfleur entre l'heure où les reflets des bateaux sont sublimes et le 2ème apéro et…important….après la douche où nous avons pu constater que notre capitaine avait quasi viré au rouge écarlate malgré l'écran total. Il y eut une petite balade dans ce beau village un peu bobo il faut reconnaître, beaucoup de galeries de peintres, de boutiques d'artisanat. La pomme déclinée à tous les temps, cartes postales et autres mouettes en peluche et criardes au milieu de tout ça une église Sainte Catherine toute en bois construite au XVI siècle par des charpentiers de navire – la nef comme une coque de bateau à l'envers – beaucoup de cachet pour ces maisons hautes sur pattes et étroites ardoises, briques, peu de pierres.
Ce soir 9h20 – les terrasses sont pleines, le cidre coule à flot et le pommeau nous attend. J'ai oublié de dire que ce jour, appelons le M. Day (comme mardi) a été le plus chaud non seulement de l'année, peut être de la décennie à venir. Parole de parisiens naviguant et amoureux de la Normandie – Avec 28° à l'ombre – ils sont cuits – le jour le plus long ayant déjà été fait (parole d'Alain) et fêté dans le coin, nous affirmons donc LE JOUR LE PLUS CHAUD – la nuit tombe, encore des bouffées de chaleur – c'est beau un port la nuit (clin d'œil à Bohringer qui se remet de sa déshydratation) à notre semestre lieutenance, lieu où était prélevée la gabelle - nous avons vu les greniers à sel.
Apéro divin – pommeau, cake aux olives, noisettes de chez Pierrette épluchées par Cécile, le maître-queue (c'est ainsi qu'il se définit est redescendu en cuisine) l'odeur de la convivialité monte – ce sera ce soir saucisses et riz à la brésilienne.
Une lune comme un gros ballon orange qui se lève et qui monte, monte – le reflet d'un vieux gréement en bois puis soudain une petite risée et l'image disparaît MAGIQUE. Les voisins anglais trinquent aux côtes de Blaye … 2 heures plus tard les anglais trinquent toujours. Conversations très variées on est passé de Jeanne d'Arc à Marie Stuart. L'anglais de Denis est très imagé, celui de Cécile un peu plus élaboré…de quoi mourir de rire – on en est aux batailles maritimes après avoir philosophé sur le "work for live" ou "live for work" – municipal ou private ? "Napoléon is a very good man" pérore Denis – L'english man rigole. Ah! Le vin aide dans les échanges internationaux.
3 heures du mat… Denis regagne son duvet en chaloupant sérieux et en remarquant qu'on serait tout juste arrivé en Angleterre et qu'en plus c'est ma faute parce que j'ai ramené du pinard … Il veut téléphoner à Pierre et se mettre en tenue de combat parce que les polonais du quai foutent le bordel… Il s'est enfin calé dans son duvet. Alain et Christa quittent la veille sanitaire, Cécile assommée par ses 2 heures de traduction s'est affalée dans sa couchette. Les anglais ont eu beaucoup de chance à Waterloo, mot de la fin hurlé à 3 heures du mat sur le pont d'Honfleur… la faute aux côtes de Blaye. Alain essaye de dire "on doit plusieurs fois avant que le capitaine et ses matelots sombrent dans un sommeil éthylique lourd comme un voilier échoué".

Mercredi 9 – Ce matin les équipiers sont encore endormis sauf le skipper qui est parti vérifier en footing que les quais de Honfleur se souviennent de son équipée nocturne – la sortie à 3 heures du mat, cubi de rosé à la main pour échanger quelques verres contre de la musique, ne lui vaudra pas – peut-être – que des sourires d'autochtones dormant habituellement à cette heure matinale. Ciel gris ce matin, aurait-on courroucé la météo ou le dieu Neptune himself ? Le vent semble s'être levé lui aussi. Un copieux petit déj avec du pain frais devrait avoir redonné un peu d'énergie à notre équipage – l'emploi du temps n'est peut être pas pertinent, Christa et Cécile lavent le pont un peu constellé de taches de vin… rosé ? … côtes de Blaye ? Blanc des anglais … ça fait de vilaines coulures qui résistent au produit vaisselle – les mouettes en rient encore. Christa en est à son 3° café – Cécile a failli avaler sa brosse à dents (tout en lavant le pont) et Alain toute honte bue a disparu après nous avoir appris qu'une flatulence, en d'autre terme un pet – s'appelait "un vent de derrière délicieux" sur le petit déjeuner après une salace blague du skipper. La navigation nocturne ayant été éprouvante, c'est un peu au radar que nous visitons les 2 petits musées souffle de Pierre cote dans le musée de la marine un petit musée d'Ethnographie dans une maison à pans de bois du 16ème siècle.
Les filles ont attaqué l'apéro à la bière, les mecs jurent sur tous les saints nautiques qu'on ne les y reprendra pas… 3 kilos de moules à ébarber – menu moules au roquefort.
Départ prévu à 14h00.
On s'équipe : bottes, pantalon de voile, ciré.
Cécile part chez les anglais sur une idée de notre capitaine – peut-être vont-ils la prendre en otage ? Départ costaud cirés capelés – 1 ris puis 2 ris dans la GV. Le ris dans le génois enfin à la voile mais méfiance il y a des rafales - à peu près 10 minutes après l'écluse une grosse rafale a couché le bateau, le vent pour l'instant n'est pas méchant vu que c'est l'étale, mais dans une ½ heure ça devrait changer – on va prendre le tapis roulant dans le bon sens - à tribord les énormes grues du port de commerce du Havre, les plus grosse après celles d'Anvers. Avis de BMS vent de force 7 vers 18h00, nous devrions être arrivés aux pontons – mer grise, température douce, Christa à la barre assure. La Marie Salope en vue à bâbord. Christa barre et tricote à la fois, le vocabulaire marin a de ses mystères ! "Avoir la voile du temps" par exemple signifie : avoir un bon réglage de voile, un bon choix, 2 ris dans la GV pour nous. La mer nous pousse et se creuse. Le maître bot ? (bau) (pas certaine de l'orthographe, est le point le plus large du bateau. Force 6 au portant à 15h15, ça commence à bouger – qu'est ce que ce sera après ! Alain à la barre, Denis aux réglages des voiles, Christa aux calculs en bas et Cécile au génois seul et pilote automatique… 4 heures plus tard avec des creux de 3 mètres et un vent force 7/8 au près, fallait se cappeler ligne de vie et partage des tâches pour les virements de bord. Aujourd'hui 9-9-9 St Alain avec rancune… Denis nous prépare un couscous et un gâteau à la banane – 2 copains skippers sont arrivés. Briefing du soir au vu de la météo, le temps d'aujourd'hui annoncé, le temps à venir. Il faut partir à l'envers de dimanche, donc seule possibilité Ouistreham, sachant que Pegasus – le Havre par vent de force 5-6 de face, il faut 8 heures. Donc prendre l'écluse à 7h00 donc lever à 6h00 – arrivée le Havre 17h00 – Demain encore 6-7 … Courseulles pas très protégé – on oublie. Avant Ouistreham il y a Deauville cof 70 PM+1 ça tient 16h00 dernier carat. Départ 10h00, lever 8h00. A Deauville semaine internationale du cinéma. Qu'est ce qu'on fait vendredi. Demain portant donc … un aperçu pour voir que la nav n'est pas évidente dans le secteur !

Jeudi 10 sept. – 9h30 – Le départ est prévu pour 10h30. Chacun vaque à ses occupations. Denis, après son jogging matinal (6 km pour plus de précision) a fait un cake au thon qui cuit tranquillement. Cécile fait la vaisselle du susnommé (pas Denis mais le cake au thon). Alain est allé chercher du gaz et Christa fait le plein d'eau. Étrange ce port du Havre, c'est tout béton – le centre ville a été reconstruit par l'architecte Auguste Perret dans les années 50, le défi à relever était inédit : reconstruire en presque totalité un centre ville totalement détruit et ce, avec une pénurie de matériaux et de moyens, "le béton est la pierre que nous fabriquons" dit cet architecte majeur du XXe siècle classique et novateur. Il réussit le pari de s'inspirer à la fois d'une tradition architecturale et d'une forte volonté de modernisation. Il réinvente ainsi sur 133 hectares une cité unique aérée, harmonieuse et résolument innovante (document office du tourisme).
Les matelots commencent à parer Nomade de sa tenue de mer – housse GV pliée – aussières en place – balancine à poste – le capitaine apparaît au bout du ponton le torse luisant de bonnes intentions marines. Les goélands perchés sur la digue accompagnent chaque départ d'un concert discordant et criard (merci Alain et Cécile pour l'adjectif). Salsa entre voiliers de la flotte TML est sur le départ, la drisse de GV claque au soleil ce matin. Les prévisions météo sont conformes à ce que nous avions entendu hier soir – 5-6 ce matin et à faire cet après-midi avec un avis de coup de vent force 7 – 1031 le baromètre. "Oh la vache " commente Alain. J'ai appris hier soir, entre le couscous et le gâteau à la banane, que quand le baro montait comme ça, la mer montait et que donc, pour la nav, il fallait en tenir compte. Jamais entendu dire ça – il y a tant à apprendre !
À terre le marin prépare sa nav à venir, il la pense, la repense, la pause aussi parfois – en mer le marin, non seulement, navigue mais aussi prépare son arrivée à terre. 14h53 PM au Havre – 35 minutes soit 14h18, Denis utilise des logiciels pour tout préparer à l'avance, mais il y a des écarts avec le block. Les calculs astronomiques sont répartis tous les ans. Il y a donc des écarts dans les calculs. Christa passe un temps fou sur la table à carte. Le Duc d'Édinbourg disait que le bateau (à voile ça s'entend) était le moyen le plus lent, le plus humide et le plus cher pour aller d'un point à un autre, j'ajouterai le plus compliqué aussi.
Petit café avant le départ au CRH ou quelque chose comme ça.
On s'équipe grand vent.

J'ai navigué dans des mers plus tranquilles !

Ce simple constat pour parler de la navigation cet après-midi, ce serait trop bref et très réducteur pour une côte nacrée sur un empannage pourtant bien maîtrisé. Nevermid : la mer était belle malgré une force 7 – courant + marée er arrivée en pleine mer à 14h30 comme prévu. Bravo les navigateurs, j'ai même barré un peu au départ avant que ça force… pas mal stressée, la barre à roue impressionnante, je préfère la barre franche, j'ai mis un moment à retrouver mes sensation de lof ou d'abattage (quel vilain mot) abattement ne serait pas approprié, l'abattage fait un peu bucheron, mais j'étais tellement inspirée sur ma barre à roue… 3 heures de traversée – une arrivée pas du tout évidente à Deauville, cap sur le casino à s'amarrer sur le ponton visiteur. La sortie du Havre n'était pas évidente non plus, des porte-conteneurs, des dragues, des ferries en provenance d'Angleterre. Il y a des moments où la croisière Moitessier se transforme en croisière moite-chié quand on est obligé de casser un bon port de près pour éviter un ferry qui lui, ne prend pas le canal quand il faut abattre désespérément pour ne pas faire route de collision avec la Marie salope (alias le bateau qui drague). La navigation dans cette baie de Seine est réellement très complexe ! … mais quelle lumière l'avaient bien compris les peintres impressionnistes tout éblouis et séduits par la beauté des éléments naturels de ce territoire : le ciel, l'eau, la lumière, les nuages, la Seine, la mer. Le courant d'art né dans la seconde moitié du XIX fut un mouvement de peinture révolutionnaire qui présente, non seulement, une rupture esthétique avec l'art officiel de style académique, mais aussi une rupture géographique puisque les peintres impressionnistes sortant de leurs ateliers pour peindre en plein air (source impressions en Seine Maritime OT de Honfleur).
Pas de problème pour l'amarrage, le vent souffle toujours.
Briefing à 18h00 – D'abord le capitaine revient sur la nav du jour… une petite erreur pour Christa quelques degrés… Demain vendredi 11, Christa au crayon et à la gomme, Denis à la calculette.
15h32 – pleine mer au Havre – Cécile à son rêve d'une mousse bien fraîche – Alain à l'attention et aux commentaires sur les mortes eaux – coef 63-67 – Christa veut comprendre et lance à Denis un "t'es chiant" qui refroidit l'atmosphère.
Après 10 minutes de calculs différents, ils arrivent tous les deux à 15h22 Eureka…70 et plus, vives eaux 70 et moins mortes eaux.
Donc pleine mer 15h22 – pas beaucoup de flotte – rapport aux mortes eaux. Limite de sécurité 15h22, il n'y aura pas de courant on peut partir une heure avant à 14h30. Décision météo à prendre – force 8 on ne sort pas – nous appellerons le Sémaphore de la Hève. Il ne faut pas se fier à la météo française "grand guignol". Il faut faire confiance à ce que l'on voit : baro stabilisé, cumulus dans le ciel, stabilisation des vents. "Avons grée" ensuite des habits propres pour aller se promener à Deauville – pas question d'y aller avec nos défroques de gueux marins, c'est "chicos" ici, ça sent le parisien vieux et friqué. Cécile et moi rêvions d'un bain de mer et ce, depuis le début de la semaine…en route donc pour la plage de Trouville, plage de sable gris avec des coquillages et beaucoup de vent, une baignade tonique (17°) et délicieuse. Étrange plage un peu désuète avec ses cabines bleues et blanches, ses chaises longues… Jamais vu autant de vieilles peaux… bronzées au m2.
Hypothèse : demain on sort – important l'état de la mer (pire que le vent). Après 15h22 les courants ? 60 minutes de temps universel correspond à 1h12 – Basse mer 22h36 au havre – travail avec la règle cras pour aller à Ouistreham, nous serions au portant – grand large – nav en sécurité. Il faut tenir compte des courants et du vent. L'option Ouistreham serait la meilleure. Calcul avec le compas ensuite soit 5 nœuds de fond – 18h15 dans le chenal – ¾ d'heure dans l'écluse – le chenal 19h00 à Ouistreham à 19 h00 – un peu juste on prend l'heure de départ de sécurité 14h30 – canal de Caen 14 Km = 7 miles - canal maritime qui permet de gagner la ville de Caen – recalcules – 21h00 arrivée dans la ville – tout le samedi pour remonter, dormir à Ouistreham – 3 ponts mobiles – vitesse limitée à 7 nœuds.
Solution : on peut aussi rentrer à Houlgate – impossible coef 45.
Trouville petit port de pêche situé au confluent de la Touques et du ruisseau de Callenville vit, en 1825, ses derniers moments de tranquillité. Un engouement rapide d'artistes (Eugène Boudin, Claude Monet) et d'écrivains (Alexandre Dumas, Marcel Proust, Gustave Flaubert) lui permet d'acquérir sa notoriété actuelle "La reine des plages" (doc OT).
Retour au boat et briefing (voir en gris).
Après hallucinations … Denis avait acheté, entre autre, d'immondes croks violettes (en promotion un maillot de bain pour sa femme…ne sachant pas trop d'ailleurs sa taille. Bref il ramène le maillot taille 40-42 à bord, téléphone à sa femme qui juge qu'un 38-40 aurait été plus avisé). Et voilà qu'il me demande d'essayer le bas (1re fois que je mets un brésilien) et à Cécile d'essayer le haut… et les commentaires qui vont avec "Ma femme en a un peu plus la jauge dans l'œil mais ça devrait aller !" Je n'imaginais pas qu'une croisière Moitessier c'était ça.
État du bord : Denis nous fristouille des spaghettis aux sardines. Cécile et Alain cassent des noix pour l'apéro. Christa elle, envisage de prendre l'apéro dehors – il est 21h00, il fait nuit et froid – "Un vrai King" dira Denis. Il faut quand même conter une de ses blagues :
- Un jour qu'il se promenait, il rencontre 1 mec avec 2 valises qui semblaient fort lourdes. Il lui demande ce qu'il y a dedans. Le mec ne dit rien. Il insiste, insiste, alors le mec ouvre la 1re valise. Il y a une énorme bestiole toute dégueulasse. Denis s'étonne et le mec lui dit "C'est une grosse mite" Ah bon… et l'autre valise… "Il y a un génie dedans" dis le mec et il ouvre sur l'insistance de Denis perplexe. Le génie sort de la valise, se frotte les yeux, alors Denis féru en génies lui demande s'il peut réaliser 3 vœux. Le génie grognon et un peu sourdingue lui dit "non, un seul". Va pour un vœu, alors je voudrai 1 million, non 1 milliard dit-il. Alors le génie fait abracadabra, s'enroule, lâche une grosse fumée et oh stupeur ! un BILLARD apparaît devant les yeux médusés de Denis… Celui-ci râle et dit au mec qui avait les valises (voir début de l'histoire) j'avais demandé 1 milliard et regarde ce qu'il ma apporté…alors le mec lui réplique "tu crois que j'avais demandé une grosse MITE !"

Vendredi 11 – "Mon idée de paradis terrestre c'est Deauville sous le soleil" disait Marcel ACHART. Harrison FORD arrive en hélico au festival du cinéma… Denis est vénère parce que la météo n'est pas fiable – poste d'infos, la capitainerie ce matin tout était OK pour notre programme… mais Christa, restée à bord, alors que nous arpentions les rues de Deauville, a entendu un avis de BMS.
Deauville donc ce matin. Chicos à n'en plus pouvoir : chocolat chaud à 6€50 en terrasse chez Dupont – excellent au demeurant - quant à mon jus d'abricot c'était, Madame, un nectar d'abricot (7€23 !) Un petit tour aux portes de Deauville avec les maisons type marine et le bateau juste dessous, puis l'hôtel Normandy Barrière avec une star qui arrivait, j'espérais un peu Clint EASTWOOD… non. Puis l'entrée du festival du cinéma américain avec le tapis rouge. Chicos tout ça, du silicone partout dans les vieilles ou non vielles rombières citées plus haut. J'arrête, l'omelette aux tapas arrive c'est sacré… divin, avec une salade à l'échalote, tout ça sur fond de défense du sarkosysme… j'étais au courant certes ! mais j'ai réussi à placer "El pueblo unido jamás será vencido" les copains seront contents ! On s'équipe, on vaisselle et on part.
Enfer et damnation, le cahier a pris la mer, il était sous le hublot de la cabine avant et a récupéré quelques embruns.
Météo pour demain – cross Jobourg. WE → f.7 BMS jusqu'à 21h30 pas de prolongation – nuit vent faiblissant – mer agitée à peu agitée UNE f. 6→7. Samedi WE 5.6 le matin puis 6 à 7. Dimanche WE f. 3→5 – fraîchissant 5→6.
Revenons-en à note nav. Le passage de l'écluse là aussi craignos ! Cécile a failli partir avec l'amarre. 20h00 enfin à Pegasus "notre" place est libre. Notre barbecue est toujours là, Denis a dégotté un bidon pourave (nous l'appellerons pare boite Moitessier) pour seconder nos pare battages bien éprouvés par l'écluse précédente.
Fristouille dans le four une épaule d'agneau accompagnée de son ballet nautique de patates – l'apéro est en route – le gueyrosse accompagnera nos agapes. Merci Peyo jamais château Gueyrosse ne fut autant apprécié après la journée que nous avons passé. Demain devrait être plus calme avec la remontée du canal jusqu'à Caen où se tient un rassemblement de vieux gréements. Fin de soirée avec quelques parties de uno sans avoir réussi à éclaircir le mystère du grand bruit, alors que nous dégustions l'épaule de mouton.
L'équipage en pause sur le pont. Personne n'a l'inspiration pour griffonner quelques mots, Krista avec un K est plongée dans une littérature saine, un libé un peu ancien. Cécile mate l'équipier du Tasmanie qui s'est amarré à côté de nous. Denis, après son footing, s'est aspergé de produit anti-moustique et Alain finit la vaisselle… Un petit café chez Arlette et c'est parti. Attendons que le Pegasus Bridge se lève 10h15. Pas mal d'air encore ce matin les bateaux sont sur le starting-block pour partir.

J'ai rêvé de naviguer sur un canal.

Quelle quiétude, la lune en a oublié de se coucher, derrière nous de vieux gréements aux voiles garance, Nomade se repose 15 nœuds de vent quand même… Il nous pousse et le génois s'amuse (au grand dam d'Alain) à passer de tribord à bâbord puis de bâbord à tribord "usque ad finem"… La piste cyclable parallèle au canal, un bateau de musiciens qui va à la fête à bâbord, des cygnes… des avirons… une parade multicolore… un jeune chevelu (foutu gauchiste sûrement) sur un voilier sans voile au moteur et à la musique à fond passe et repasse, Cécile a fait une touche. Affale le génois à 11h20 – 2° pont en vue – un petit thé, sucré pas sucré c'est selon – 11h30 passage du 2° pont et du Basse- Normandie – profile gauche et portable à l'oreille – envoyé le génois tout de suite après le pont.
La grand-copaise de Caen nous passe devant. Un petit truc blanc avec de faux winchs et un tonton avec son gilet de sauvetage fait de même. Des grues jaunes et bleues, des citernes on approche d'une zone industrialisée et le génois continue à passer et repasser. Alain et Cécile font un peu de "muscu" ce matin sous le regard goguenard des canards.
Passage sous les 33 mètres – on empanne, 1h30 à la voile depuis Pegasus. SNSM en zod prend la tête de l'armada. Christa, musique dans les oreilles, clope au bec arbore fièrement un tee-shirt TML École de croisière (Tee-shirt offert par l'asso vu qu'elle avait oublié d'en prendre).
Beaux voiliers sur le Brel Adriana 60 pieds open route du Rhum – Denis commente il les connaît tous !
À rouler le génois bien serré midi -2, de petits cumulus annonciateurs de temps plus clément – anticyclone – Cécile dit bonjour à tous les mecs seuls qu'on croise. Il faut bien que le corps exulte ! De vieilles grues centenaires, voire hors d'usage, montent la garde à l'entrée de la ville. Des poules d'eau en berge.
Première fois que Denis vient à Caen, Corto Maltese himself a sauté de mon cahier et nous salue sur la berge. Splendide cette arrivée à Caen. 3° pont passé à 12h10. J'arrête il faut se concentrer sur l'arrivée. Difficile de trouver où se poser… et c'est là que commence ma MISSION car je suis responsable du pare bat volant ! Une semaine de responsabilité hautement importante ! 12h25 attaches au quai au fond du bassin – Appel à la capitainerie du port de Caen 7h00,. Le pontonnier ne répond pas. Juste le temps d'aller se faire un petit restau… dur à trouver, surtout qu'on cherché des tripes à la mode de Caen. Denis y tenait, alors que nous, les moussaillons se serions contentés d'une galette saucisse sur le port… mais non, il est chiant ce Denis, un qui a fait tout le tour du port. Mais le plus chiant c'est qu'il a toujours, souvent, la plupart du temps raison. Mon avis, dans cette brasserie Martin les tripes seront bonnes. Le patron n'en avait qu'une, il a été en chercher chez le boucher champion du monde de tripes… authentique. Déjà le cidre est fameux… et les tripes idem !
Samedi 12 départ 11h50 – ça piaule toujours autant – un BMS était passé pour cet après-midi, 1026 le baromètre… la fête des vieux gréements, pas trop de monde ce matin sûrement en raison du temps. Le port de Caen est situé au bout d'un canal animé, en plein cœur de la ville, le bassin de plaisance est une escale où s'entremêlent histoire et modernité. Vu l'Alcyon de Cousteau principe une turbovoile, étrange bateau. Petite visite, ensuite, dans un chantier maritime de reconstruction. Une association cherche à redonner un avenir aux bateaux témoins de leur époque – touchant ces vieilles coques – un des 1er vauriens tout en bois – un 420 aussi (dans les plus petits). Association donc, de sauvegarde du patrimoine maritime, un peu poussiéreux, un peu vétuste mais au parfum d'authenticité. Christa et Cécile se sont fait alpaguer par le conservateur qui a bien failli leur faire le coup de la pétole entre deux vieilles coques ! On les a attendues 20 minutes.
15h30 – passage du 2° pont, l'éclusier sortait de table, au vu de sa démarche hésitante ! Une armée de foulques se sauve devant l'étrave, une vedette de Normandie et sa cargaison de 3ème âge nous double – les goélands fuient le vent et cherchent refuge à terre.
Petit dicton glané par Cécile sur le pont de Caen : " Quand un goéland se gratte le gland, c'est signe de mauvais temps". Joli et poétique en diable – Arrivée "chez nous" (Pegasus) à 16h00.

→ météo → 21H U NE → f7 menace grand frais dimanche 15h → 21H cross Jobourg origine Météo France le Havre.
On est complètement saoulé par le vent. Après un petit tour à Bénouville, retour au chaud à la casa… mais on n'avait pas assez d'eau pour demain… 3 Km pour aller au supermarché le plus proche pour donc, 4 litres d'eau. C'est ça aussi la navigation à voile en croisière ! la tuile au retour : 2 camping-cars à ras du quai dans nos hublots et en plus ils préparent un barbecue à ras du plastique du bateau. Christa dit : "on va quand même prendre l'apéro dehors" restons optimistes.
34 000 à faire demain. Denis est à la table à carte, soit 9 heures à partir de l'écluse d'Ouistreham en faisant 4 nœuds de fond en moyenne.

Dimanche 13 - BMS 11h56 – 5h19 = 6 h37 que je divise par 6 = 1h06 / 11h56 moins 1h06 = 10h49. Alain et Christa avaient tout calculé. Denis vérifie, Cécile pèle des pommes pour le gâteau de demain. Calcule pour les écluses maintenant, la 1ère à 7h00, ce qui nous ferait arriver 9 heures plus tard. Il faut être à l'écluse à 6h45 – 20 minutes pour y aller 6h05, soit un lever 5h30. Tout ça promet une journée inoubliable – peut-être se faire 2 heures de moteur pour gagner du temps – possible au point de vue courant – calcul avec l'écluse à 5h15 – soit lever 3h45. Tout sera fonction de la météo de 8 heures. Faut-il qu'on aille s'amarrer plus
loin ? C'est fait et Denis a même fait visiter le bateau aux voisins – provocateur à ses heures mais tolérant ! Lors d'un jet de farine (au vent) j'ai repeint Nomade et le quai en blanc – j'ai tout à apprendre décidément ! Par exemple, les autres ont leurs vêtements, leur duvet bien rangés dans leur sac marin… bien moi, qui ai bénéficié (le privilège de l'âge ou du noviciat) de la cabine avant, j'ai tout sorti, tout dispersé sur la couchette, le bordel quoi et le soir… à ma grande stupéfaction mon duvet était mouillé, c'est l'aération et avec les paquets de mer qu'on s'est pris… rien d'étonnant… de ce fait j'ai compris pourquoi ils avaient leurs affaires bien rangées dans leur sac !
Le barbecue attend les magrets.
Alain à la frontale attend la nuit. Denis attend la fin de son rosé pour … faire remplir son verre. Christa attend que sa clope finisse pour en allumer une autre. Cécile attend que le magret soit cuit. Bref tout le monde attend et l'attente est propice aux rêves "et mes rêves légers ne se sentent plus d'aise"
Redescendons sur le quai, barbecue merguez en camping-car, magret en voilier – ils picolent… nous aussi – l'alcool langage universel.
Lever 5h30 – difficile - pour Christa petit déj rapide, pipi et c'était parti – un petit coup de karcher pour le boat – passage de l'écluse tous garés par le péchou devant nous. En mer à 7h23. J'oublie une prise de mer avec un énorme pare batte un peu usagé – GV et moteur sur 1 H – le soleil se lève, c'est beau, un goéland nous accompagne – il ne se gratte pas le gland c'est bon … confirmé par la météo à peu près favorable – 4-5 mer agitée à peu agitée – Envoyons le génois – mis toute la voile à 8h30 – Cécile à la barre, Denis aux manœuvres, Alain au winch, Christa dodo – 1h30 à la barre de 5 nœuds 21 à 1-54 (tout le monde dormait, faut croire que ma manière de barrer était particulièrement soporifique, puis 4-20 je me suis régalée.
13h10, avons remis le moteur – il nous reste au moins 15 miles – soupe chaude, cake, gâteau aux pommes, charades, sieste me, soleil et puis… En 5 minutes le vent s'est levé et est passé de force 2 à 6 et ce, jusqu'à l'arrivée à 17h00 au Havre. Le manège s'est emballé y'avait pas de queue de Mickey et il ne s'arrêtait jamais et il montait et il descendait (8 nœuds au près faut le faire…) Denis exultait et nous aussi. Le Havre a fini par se rapprocher nous n'étions pas le seul voilier en mer (comme les autres jours). C'était dimanche et il y avait une régate. À 17h00 pétantes comme dit un animateur de France Inter et comme prévu nous étions amarrés au ponton de départ (après un passage à la pompe pour faire le plein. Denis nous avait annoncé 2 heures de nettoyage du bateau – 19h00 fin du nettoyage. 2 heures effectives pour refaire une beauté au Nomade, traquer le spaghetti jusque sous les planchers, faire la course aux cheveux et autres marques de pilosité jusque sous les cousins, laver et frotter le pont à grande eau. Cécile en a perdu le balai brosse qu'un charmant jeune homme lui a ramené – aller récupérer la drisse de GV qui en avait profité pour aller discuter avec les barres de flèches – vider et jeter toute la nourriture restante (peu en fait, Denis ayant assuré là aussi) – donner le dernier litre de côtes de Blaye à Alain responsable de TML… puis se boire un petit pot vite fait, chacun devant repartir eux pour Paris, moi pour Fougères (250 km). Quelques marées plus tard 750 km plus au sud les courants m'ont ramenée dans ma terre d'Aquitaine, loin de la Baie de Seine. Fini de tanguer, j'ai cessé de chalouper. Mes nuits sont encore pleines du choc et du bruit des vagues. Comme dans une écluse le flot du quotidien s'engouffre dans mes journées.
Il est temps de conclure. Dire à tous ceux qui m'ont permis de vivre cette aventure qu'elle fut extraordinaire (non le Nomade n'était pas un navire au tirant d'eau plein de routine. Dire merci à Peyo qui fut à l'origine de tout ça. Dire à ceux qui m'ont accompagnée à bord que je suis heureuse de les avoir rencontrés. Cécile la douce barreuse au grand vent, Krista la taciturne reine de la table à cartes, Alain le cool "wincheur" émérite et Denis navigateur hors pair, cuisinier hors normes… bien sûr nos bords politiques nous opposaient mais la mer en a-t-elle réellement quelque chose à faire ?

Sans oublier les goélands compagnons du vent et redoutables météorologues…!

La Loubine
Septembre 2009

J'ai navigué sur des mers moins formées.
20 miles de Deauville à Ouistreham – 1 heure de calme relatif 5-6. Cécile avait du mal à faire du 5 nœuds et puis ça a monté, monté, la mer s'est creusée. Un bon 7 bien établi des creux de 2 mètres. Éprouvant ! Sportif – t'es content quand c'est fini, le bruit du vent, le manège infernal des vagues.
5 jours de BMS… – extrêmement inconfortable – extrêmement ensoleillé (Denis) – extrêmement venteux et décoiffant (Cécile) – extrêmement jouissif, grisant, fou (Alain) – extrêmement agréable pour Christa.
Travail collectif en réponse à la question : donner un adjectif traduisant votre ressenti pour la nav de cet après-midi. Parole de prof !
Merci à Bernard Moitessier qui nous à accompagné dans nos pencées tous les jours de notre très petite route.

Pour ceux qui n'ont pas lu "la longue route", vous pouvez le faire sur le lien :
http://incommensurablement.unblog.fr/files/2008/10/lalongueroutemoitessier.pdf

pour ceux qui ne connaissent pas B. Moitessier ( il y en a ?) un petit film sur le lien :
http://www.allboatsavenue.com/bernard-moitessier-le-globe-trotter-des-mers

mardi 30 juin 2009

Week-end D-day ,mouillage à Arromanches 29 et 30 Août 09



L 'unité des "litres" à Sword Beach.


Le commando "nomade" devant Pégasus Bridge.

L'équipe Franco-Australo-Belge après l' assaut


Petit café à la terrasse du 1er batiment libéré !

Nageurs de combat à l'entraînement.

Samedi 29 aôut, c'est le jour J, à 6h GMT l'unité des "litres" de TML est rassemblée sur le port du Havre. 18 commandos attendent d'embarquer à bord des 3 voiliers de la flotte pour un week-end D-Day. L'objectif est le port militaire d'Arromanches. Mais après le briefing, l'état- major modifie les plans. La veille, le vent a soufflé toute la nuit force 7 orienté Nord-ouest, levant une mer importante, interdisant tout mouillage dans le port d'Arromanches.

A bord de Nomade, je suis avec Nathan venu d'Australie, Didier le stratège, Georges le radio, Alain l'associé et Geoffroy notre armurier venu de Bruxelles avec des caisses de munitions de 33 centilitres "Foudroyantes" et chocolats modèle "Léonidas".
Sous la pluie et la grisaille, le vent de nord-ouest est encore frais , avec 1 ris dans chaque voiles, les 3 bateaux tirent des bords au pré dans la baie du Havre, avant d'abattre bon-plein sur le port de Ouistreham.
La cible est Sword Beach,http://fr.wikipedia.org/wiki/Sword_Beach, Vers 11h GMT, Le soleil s'est levé et le vent a molli et l'équipage largué les ris , Salsa et Nomade attendent Tailana et profitent de ce matin pluvieux que fée Normandie a transformé en un bel après midi d'été.
à 18h GMT, les 3 voiliers s'engagent dans le chenal de Ouistream, l'écluse est prise d'assaut en un éclair, les 18 commandos, débarquent des bateaux et se ruent sur Sword Beach. Les munitions apportées par notre allié Belge font merveille, tous les chargeurs sont vidés, au coucher du soleil, l'équipe se replie victorieusement pour souper à bord.
La nuit tombée, à la paillote du port, nous fêtons ensemble l'anniversaire de l'amiral Alain qui au demeurant déjoue les tentatives d'un autochtone ressemblant à Gérard Jugnot rachitique qui veut lui donner après chaque chanson de langoureux baisers.

Plus tard dans la nuit, la température augmente encore de plusieurs degrés , lorsque nous accueillons une bordée d'Anglais en leur chantant le "31 du mois d'août".
Dimanche, le passage de l'écluse est programmé à 11h , mais avant, l'équipage de Nomade exécute une dernière mission, il doit remonter le canal, et libérer le pont de Bénouville : Pégasus Bridge http://fr.wikipedia.org/wiki/Pegasus_Bridge

L'accostage se fait sans problème dans un endroit qui sera ici tenu secret, puis, sans hésitation, l'assaut est donné. Nous visitons dans ce haut lieu de l'héroïsme, la première maison libérée en France, et devinez quoi ? c'est un bistrot ! cela ne s'invente pas !

L'après midi, la mer est d'un bleu superbe, le soleil nous fait la fête, un petit vent léger de sud-ouest pousse Nomade vers Le Havre. L'équipage de Salsa et nous, profitons de la température estivale pour mettre le bateau à la cap , et plonger dans l'eau, pendant que Tailana taille la route sous spi.

Vers 18h, nous accostons les pontons du Havre, les navires sont nettoyés, et les dernières munitions de notre ami de Bruxelles partagées entres ami avant de se quitter.

samedi 23 mai 2009

Week-end 100 milles en mer les 20 et 21 juin 09


La Françoise.



Salsa et Tailana dans le port de St Valérie



Le long de la côte d'Opale


L' équipage.

Nous espérions une météo favorable pour faire cet aller-retour Le Havre - Saint Valérie en Caux ( environ 100 milles) dans le week-end. Fastoche diront les régatiers ou les propriétaires de grosses unités pour qui se traîner commence à 8 noeuds de moyenne, Mais pour nos 3 petits 34 pieds un modeste 4 noeuds nous porte aux anges, et puis nos moteurs ne sont pas faits pour remplacer les vents, alors la météo nous préoccupe la plupart du temps et plus particulièrement pour ce programme.
Au matin du samedi, 18 sont venus "bouffer des milles" avec l'envie d'une météo qui va bien, comme dit le marin.
A 8h Météo-France donne le verdict : 4 à 5 de NO samedi virant N 2 à 3 dimanche. C'est tout bon, chaque bord part plus ou moins rapidement faire son avitaillement et dégager au plus vite. sauf L'équipage de Tailana qui musarde sur les pontons.
Sur Nomade nous sommes six , Carole, Christa, Elena, Benoit, Ludovic et moi.
Le soleil n'est pas encore de la partie, des nuages gris occupent le ciel et refroidissent le fond de l'air . Au passage de la Héve, nous avons l'impression de partir pour la fête du hareng en novembre, quelques embruns mouillent nos vêtements, et les rafales nous contraignent à prendre 1 ris dans chaque voile, en tirant des bords au plus près de la côte pour limiter l'influence du courant contraire.
Comme d'habitude, après avoir passé Antifer tout change, le soleil chasse les nuages et reprend sa première place, la mer s'aplatie et le vent est portant !
Haut le spi ! malheureusement, une mauvaise manoeuvre de ma part à l'envoi, et la noble voile se déchire sur 40 cm ! on se contentera de la vue du spi bien gonflé des deux autres bateaux...
La température est montée avec le soleil, shorts et manches courtes pour certains, mini-polaires pour d'autres, Chacun profite de la côte d'Opale qui se déroule lentement sous nos yeux, Etretat, Yport, Fécamp, Veulette et enfin Saint Valérie !
Il est 20h nous avons le temps d'affaler les voiles et de nous préparer à entrer dans le port qui ouvre ses portes à 21h 15 .
La journée prend fin au ponton visiteur, les bords se retrouvent sur Tailana pour le rituel sacré de l'apéro.
Dimanche matin le départ est programmé à 8h30 à la première ouverture des portes. bon pied bon oeil , les équipiers s'activent aux douches, ou à préparer le petit déjeuner. A bord pas de problème, on est en avance , celui chargé de nous réveiller, induit en erreur par sa "mie" (c'est comme ça avec nous, toujours la faute des filles), a sonné le réveil avec une heure d'avance!
A 8h30 sur un courant digne des tapis roulants du Chatelet, nos trois bateaux font route vers Le Havre sous un soleil splendide alors que le vent fait la grasse matinée.
Volvo nous aide à remonter le courant contraire jusqu'à 11h. La renverse aidée par la risée qui s'est enfin levée, nous transportent à 5 nds sur le fond . Il est midi au passage de Fécamp , entre Yport et Etretat , l'équipage ouvre alors notre pochette privilège, à l'intérieur un déjeuner sur l'eau sous le soleil!
Le vent certainement fatigué de ses nombreux coups depuis le début de l'année est parti faire une sieste, avec le peu qui nous reste , comme des sénateurs, nous terminerons cette journée très ensoleillée, au ponton du Havre à 18h.

Prochaine sortie à thème le 29 et 30 août week-end Dday USA à Arromanches.













mercredi 22 avril 2009

Voile et disco le 18 et 19 avril, Ouistreham

Comme Carla, c'est quelqu'un qui m'a dit qu' un week-end sans l’organisateur…c’est possible !


Récit de Georges :


Vendredi soir, Pont de Neuilly, c’est le point de rendez-vous des « co-voitureurs »…affûtés, en cirés et motivés, ils vont se retrouver après quelques gags (ils sont à 1 mètre les uns des autres et ils s’appellent sur leurs portables) Il y a là ; Krista, sa sœur Alex, Houcine, et, un nouveau, Georges ! Tout ce groupe se lance vers le Havre au son d’un CD de Jazz (standards ! ) à oublier le temps gris… une « tuerie », comme diraient les jeunes collègues de Georges ! La conduite souple d’Alex, la Musique et les arrêts « clopes , rendent le trajet rapide. Au Havre : Kékonfait ??? On va manger, avant de s’installer dans les bateaux ; Georges est prévu sur « Nomade », ses nouveaux amis sur « Salsa »…c’est dur la discrimination entre anciens et nouveaux ! L’équipe « covoiturage » tente « les galets », le resto sympa de bord de plage, mais, trop tard, il faut aller chez le voisin… « ouah, ouah ! »…la bolognaise c’est du Canigou…hélas tout le monde, à table, ne peut remuer de la queue…dur, dur d’être (pris pour) un touriste ! Bref, ce beau monde s’installe, après avoir constaté qu’ « après Minuit plus de pipi »…du moins au toilettes du port…heureusement il reste « l’arrache » en bout de ponton …ouais, c’est mal, mais ouais, bon !!


Samedi matin ; crachin !Non, ce n’est pas un proverbe normand, c’est la réalité…dur, dur d’être en Hiver ! (humour normand du Nord !) Changement de bateau, les « Nomade » embarquent sur « Tailana » Les équipages deux bateaux « Salsa » et « Tailana » sont motivés…on y va ! Au port on entend une rumeur, un brouhaha : « y a de l’air ?? »… « de l’air y a ?? »( Ils sont tous asthmatiques dans le coin ou quoi ? ) Départ des deux bateaux, skippés par Benjamin et Alain, à l’heure de l’apéro après les courses d’avitaillement au supermarché. Il pleut, il pleut, il pleut !Au portant, dès le chenal paré, les volontaires pour « Voile et Disco » sont sur le rail…avec une pensée fraternelle pour Denis, l’organisateur, qu’un deuil inopiné oblige à assurer dans d’autres lieux ... « spéciale dédicace Denis ! »


On peut donc imaginer l’équipe : des gros machos en chemise bariolée… « pat’d’èph » et prêts à tout pour conclure. Et bien non ! Les équipes sont féminisées en diable, avec la présence d’Emma sur « Tailana ».Malgré une chute de cheval qui lui donne un aspect « femme battue », elle assure en gentillesse et compétence. Sur « Salsa », il y a une « paire de jumelles », …outil indispensable à la bonne marche d’un bateau…Krista et Alex, quatre yeux bleus intelligents qui éclairent le gris du ciel … il y a aussi XXX, venue avec son ami, qui est, à lui tout seul, la (très) bonne humeur du bateau ; blagues et plaisanteries fusent à tour de bras, non-stop !IDonc route au portant « coolissime » , jusqu’à ce qu’Alain ne mette le Spi…donc sur « Tailana » … pareil ! …régate quand tu nous tiens ! « Salsa » a mis la pile à tout le monde…imparable ! A Ouistreham, arrivée à 17 heures ; écluse, écluse, écluse…l’écluse et les apéros…Y a rien à foutre à Ouistreham…alors on écluse ! Là est le nœud gordien du récit ; on fait quoi ?? : Disco ? (sans Denis, l’instigateur du W E )Pas Disco et, dans ce cas, est-ce qu’on trahit l’idée de départ ?? L’ensemble du groupe ayant du sommeil en retard a choisi la version « Apéro, Tarot et Dodo »… après, à bord de « Tailana», une super blanquette mitonnée par Philippe (ce fut difficile pour ceux qui voulaient l’option : « dodo et dodo »)


Dimanche, au programme, écluse à 10 heures…on y est tous ! Meteo : 4 à 5 Nord-Est, avec rafales à 6 prévues Très beau départ dans l’abstraction (pas trop de visibilité), puis bord de près sur bord de près, avec une belle vue fugitive sur Houlgate, chère au cœur de Georges, depuis « Tailana » . Tout le monde est sur le pont à bord des deux bateaux…belle leçon de voile dans toute sa noblesse…humide, gité, mais tonique !Sur « Salsa » ; un ris dans la G.V. et tours d’enrouleur, sur « XXXX » ; Yankee, foc et un ris dans la G.V. (et oui c’est un cotre !) On marche « un os entre les dents »… Sur « Tailana» la chute de cheval se rappelle au bon souvenir d’Emma qui souffre en silence mille douleurs…à bord de « Salsa » Houcine, l’ami discret, a un mal de crâne lancinant et Alex est barbouillée…pour le reste de la troupe, ça baigne ; au près, embruns , Mer « peu agitée », virements de bord, embruns, largage puis reprise de ris, embruns, virements de bord, avec un léger avantage pour « Tailana » qui a pris moins de Nord au départ (c’est la revanche de la veille).

Arrivée au Havre sous un soleil éclatant, vers 18h, après les derniers virements pour éviter la drague qui bosse aussi le dimanche, elle. Rangement, toilette des bateaux, sacs sur le ponton, une dernière mousse pour la route, puis on se quitte en se promettant bien de revenir au plus vite. Qui prend sa moto, sa voiture ...le groupe s’étiole peu à peu. Les « co-voitureux » reprennent le chemin au son du jazz…bluesy road…bluesy…blues. Ca passe super-vite un Week-end réussi !

jeudi 26 février 2009

Voile et casino à Deauville le 14 et 15 mars



Au pré.


Le musoir de Deauville.

Les gabiers.





Petit déj'



Sous le soleil.


La chance était avec nous , le vendredi soir, une fois n'est pas coutume, il n 'y avait pas de bouchons aux sorties de Paris. A 21h nous étions tous dans un restaurant du Havre à déguster de la cuisine italienne, avant d'aller prendre un "dernier verre" dans un pub discothèque, Le privé.
L 'accueil chaleureux de la patronne ( toujours sympa avec les bords), le tarif très raisonnable des consommations, et les guinches endiablées sur la piste nous ont fait oublier l'heure. Ce n'est que Samedi à 03h que nous avons fait connaissance de nos bannettes...
Pour ceux qui souhaiteraient aller y passer un moment agréable voici sont URL:http://www.discotheque-leprive.com/accueil.html


Samedi 7h30 le réveil rappelle que la marée n'attend pas. Sortir de nos duvets n'est pas chose facile, mais la perspective d'un week-end voile et casino suffit à l'équipage pour trouver la motivation nécessaire.
Nous sommes 10 flibustiers, prêt à faire sauter la banque du casino, mais il nous faut hisser les voiles et partir avant 9h.
Alexandra, krista, Romain et Mikel sont sur Salsa avec Alain, Nucket, Cécile, Houcine et Philippe sont sur Nomade avec moi.
Les prévisions météo ne sont pas florissantes, le samedi 5 rafales 6 bf de Sud-Ouest avec nuages et bruine, puis le dimanche 4 bf Nord-Ouest avec des nuages.Le temps constaté est moyen, une bruine légère mais froide accompagnée d'un vent frais nous réveillent et font oublier l'heure du coucher.
Avec un ris dans la GV , l'équipage tire des bords de pré jusqu' à l'entrée du chenal de Deauville.
De nouveau la chance nous sourit ! un superbe soleil de printemps a pris la place de la bruine, le vent est passé à droite ( il a bien raison),mollissant légèrement 4 bf Ouest. Nos deux bateaux en profitent pour aller jusqu' à Oulgate et revenir grand largue au milieu des entraînements régates dont les spis colorent la mer de leurs couleurs étincelantes.
La côte est magnifique, beaucoup de plages blondes sont bordées de casinos et entourées de villas somptueuses construites autour d'une végétation luxuriante, où curieusement les HLM ne poussent pas.
Le jusant étant bien avancé, nous rentrons à la queue leu-leu dans le port de Dauville avec les régatiers qui terminent leur entraînement. Nos deux bateaux sont amarrés à couple dans le port en face du casino qui n'a qu'a bien se tenir.
L'après midi pour certains, sera une longue sieste, pendant que d'autre font l'avitaillement ou achètent un pantalon de ville en prévision de la soirée.
Après avoir farci et englouti nos deux poules au pot, l'épisode de l'équipement pour le casino va être un grand moment de fou rire à bord.Les responsables du casino m'ont bien précisé qu'une tenue correcte est impérative. Alors chacun fait un effort : ourlet de pantalon neuf tenu avec du "taps" malheureusement jamais à la bonne hauteur, chaussures de sécurité en cuir transformées en chaussures de ville avec l'aide du contenu d'une bombe de dépoussiérant, chemise blanche recouvrant un pull polaire etc......
C'est une bande de "pingouins" qui se présentent à l'entrée du casino sous les regards interrogatifs d'autochtones vêtus de blues jeans et chaussés de converses qui se demandent en nous voyant où est la mariée ! Heureusement une fois à l'intérieur la chance va de nouveau nous sourire : personne n'a perdu d'argent ce soir, en raison de l'affluence (crise oblige ?) il n'a pas été possible d'approcher les tables et les machines.
C'est donc aussi riches que nous nous sommes couchés, certains qu'on ne nous y reprendrait plus.

Le dimanche matin, Jack-pot ! Le soleil brille dans le ciel bleu, et la température est suffisamment douce pour prendre notre petit déjeuner dehors dans le cokpit, avec la mer et Deauville comme décor ! quelle chance ! qui aurait oser parier sur ce temps ?.
Nous profitons que l'écluse n'ouvre pas avant 12h pour visiter la ville, ses halles et son marché , où nous avons acheté des crevettes grises vivantes qui nous accompagneront à l'apéro.
A 12h sous un soleil radieux nous débouquons le musoir de Dauville, direction le Havre.
Le vent est une légère brise de Nord, qui nous contraint de tirer des bords, alors que nous dégustons dans le cokpit nos crevettes avec un bon vin blanc, accompagné d'une garbure maison, et d'une compote faite sur place par Philippe qui s'est senti soudain la fibre cuisinière.
Avec des conditions pareilles à cette époque, Il y a beaucoup de bateaux sur l'eau , à chaque croisement, nous échangeons un salut accompagné d'un sourire et la pensée que nous sommes à ce moment précis sacrément privilégiés.
Toutes les bonnes choses ont une fin, nous rentrons au Havre après avoir profité jusqu'au bout de ce temps splendide.
Enfin, le nettoyage des bateaux est fait sous un ciel rougi par le coucher du soleil.

Prochaine sortie si météo le veut : Week-end voile et disco à Ouistreham les 18 et 19 avril

A bientôt.




mardi 27 janvier 2009

Stage voilistique du 12 au 16 janvier


Ciel d'hiver




La Hève




Les stagiaires.


Ma saison 2009 a débuté par un stage voilistique du 12 au 16 janvier. L'objectif du stage est d'acquérir les bases de la voile de plaisance dans les quatres fondamentaux : Sécurité, Manoeuvres, navigation et vie à bord. Le détail du programme est sur le site de TML :http://www.tmlvoile.com/le-stage-voilistique.html.
Lundi matin, Les stagiaires : Elisabeth, Pierre, Patrick, Stéphane et Vincent n'ont pas été effrayés par le froid sibérien qui règne en ce début d'année, ils sont tous présents sur Nomade. Le stage commence par la présentation des stagiaires, leurs objectifs , et l'explication du dérouler de la semaine, puis l'affectation des cabines.

La vie à bord est un élément important dans la navigation de plaisance et l'avitaillement une opération qui ne s'improvise pas. Les menus de la semaines sont décidés en commun , et tiennent compte du climat , des goûts de chacun et des possibilités de cuisson à bord. Nous optons après réflexion pour un pot au feu, une ''grosse louloutte'', une choucroute, une potée au choux, des soupes de légumes moulinés par nos soins, des pâtes à la sicilienne, cake aux olives, cake au thon, gâteaux au chocolat, aux pommes, et aux yoghourts. Tous ces plats seront cuisinés avec les moyens du bord et des produits frais tout au long de la semaine. Les recettes font partie de la formation. Pendant qu'une partie de l'équipage efffectue l'avitaillement et le rangement des vivres, l'autre contrôle les éléments de sécurité, en préparation du ''topo'' .( un exposé fait par le moniteur dans le langage TML)
En première partie du ''topo'' Sécurité , les stagiaires restituent au groupe l'ensemble des points qu'ils ont contrôlés et précisent leurs emplacements, éventuellement le fonctionnement si cela est nécessaire. Pendant la seconde partie les règles de sécurité comportementale sont abordées, l'appropriation du harnais, son utilisation et les dépalcements à bord. L'incendie et l'homme à la mer complètent le ''topo''.

Un rapide déjeûner clôt la matinée. Traditionnellement, s'ensuit une sortie en mer qui permet d'évaluer le niveau des stagiaires afin d'adapter les exercices à venir. Mais la météo ne le permet pas, en raison d'un avis de grand frais en cours, valable j'usqu'en fin de nuit. L'après-midi sera scolaire, au tableau blanc de la salle de cours de TML avec comme programme, la mécanique des fluides, les écoulements laminaires, la navigation sur la portance, en poussée, et la dictature des penons et autre faveurs , .... ouf, il est temps d'aller cuisiner les gâteaux et de se coucher!

Mardi , le vent est de sud-ouest 20 nd raffales 25. Aprés avoir étudié les possiblités de navigation, nous avons décidé d' aller à Ouistreham. A 9h15 La GV est hissée avec 1 ris dans l'avant port. Mais une fois dans le chenal, impossible de dérouler le génois, retour à la case départ. De nouveau à quai , rien à faire la voile refuse de se dérouler, il faut aller voir en téte de mât, l'équipage me hisse , bien assis sur ma chaise de calfat pendant qu'ils moulinent . Le problème est identifié, je redescends et laisse Benjamin prendre la réparation en main. Une heure après, nous sommes de nouveau prêts à partir, seulement , le temps est passé, il est 11h les conditions ne sont plus aussi favorables, nous allons devoir naviguer une partie de nuit , avec un thermomètre en-dessous de zéro, cela n'est pas trés ''fun''. Les avantages et les inconvénients de la navigation sont exposés, je laisse le choix aux satgiaires, l'objectif est de travailler les virements de bord et les réglages, cela peut très bien se faire dans la baie. Unanimement, ils décident de partir, ''y a pas à dire'' l'esprit des Vikings est avec nous !

18milles nautiques en route directe nous séparent de l'arrivée, face au vent , avec 25nd établis , à contre-courant et par grande marée de vives-eaux , cela multiplie la distance par deux et la peine par trois dit le dicton! nous l'avons vérifié, en passant tout notre temps à virer de bord et à faire marcher le bateau, nous n'avions pas froid pendant ce temps là.

Arrrivée à Ouistreham, on constate que le ponton d'attente a les pieds au sec, "grand-coeff "oblige, nous devons attendre 22h pour passer l'écluse. L'ancre et plongée dans le chenal et nous attendons d'êre élusés bien au chaud dans le bateau en préparant le repas.

Le Mercredi , aprés une bonne nuit dans la marina et une douche chaude pour certains, retour au Havre en raison d'une prévision météo pessimiste pour jeudi. Le vent a molli légèrement , mais la direction reste la même SO 10 à 15 nds, toute la matinée, vent arrière, nous enchaînons les bords de grand-largue, par des successions d'empannages. vers midi, nouvel exercice, chacun met à la cape le voilier. L'exercice terminé, nous restons à la cape le temps de se réchauffer à l'intèrieur en préparant le déjeûner. L'après-midi initiation, au Spie, envoi et conduite au grand largue . Mais le vent monte , et l'exercice se termine par un beau départ au loff, maîtrisé heureusement par l'équipage qui a bien retenu la consigne de larguer le halebas quand ça commence à chauffer.

La soirée se termine en salle de cours par un ''topo'' sur l'équilibre du bateau, l'importance du positionnement et du pourcentage du creux des voiles ect.....)

Jeudi, le vent est établi à 25 nd avec des rafffales de SO, c'est moins que prévu, nous envisageons un aller et retour à Deauville. Deux ris dans la GV et autant de tours dans le génois. l'aller est une succession de virements de bord, avec une attention particulière portée sur l'équilibre du bateau. Les conditions sont idéales pour cet exercice. En début d'après-midi nous sommes devant l'entrée du chenal de Deauville, mais les rafales se sont encore renforcées, et nous ont retardés. Nous n'accosterons pas à Deauville, le bateau est mis à la cape, en profitant de la dérive positive. L'équipage va goûter au confort du carré, à l'abri du vent, à la chaleur apportée par la cuissson d'une bonne soupe de légumes, accompagnée d'une terrine du sud-ouest, cadeau de Marie-Noëlle de Geloux, pour le plus grand plaisir de l'équipage.

L'après-midi , le vent est à 180°, chacun tourne sur tous les postes d'empannage, tel des pros, cette manoeuvre redoutée, est devenue une formalité à bord. Je n'ai plus à intervenir, et savoure cet instant particulier où Pierre emporté par la réussite dégaine les empannages plus vite que son ombre.

Vendredi Matin, pétôle ! j'en profite pour décomposer au port l'enchaînement des actions nécessaires pour prendre un ris et le larguer. Chacun tourne sur tous les postes et manoeuvre les ris au catway. Le midi, nous sortons au moteur pour moullier devant la plage du Havre , et prendre notre dernier repas ensemble, dans le cokpit, comme on le fait les belles journée d'été.

Enfin, le reste de l'après-midi est consacré au nettoyage du bateau. Chacun vient échanger ses impressions et évaluer ses résultats en tète à tète avec moi sur un autre bateau. Cette évaluation fait l'objet d'un suivi sur une fiche propre à TML qui après avoir été complétée, est remise au stagiaire. Nous nous quittons le soir vers 18h, et je ressens la satisfaction qu'on éprouve lorque chacun sait au fond de lui-même que le stage est réussi. J'espére dans l'année retrouver à l'occasion des sorties de plaisance ces stagiaires, qui j'en suis sûr auront bien progressé.

Prochaine sortie si Météo le veut : Casino à Deauville le week-end du 21 et 22 mars

dimanche 11 janvier 2009

Balade en mer au Louvre

Je ne le sais pas pour vous, mais pour moi, entre deux sorties en mer, lorsque à terre je vaque à mes occupations, il me reste toujours quelques souvenirs des moments passés à naviguer. ils voguent dans mon esprit comme un bateau à la cape, dérivant librement sur mer belle.
Parfois, un petit quelque chose de la vie de tous les jours les accroche, s'est alors qu' ils font surface , et occupent de nouveau mon esprit, pour mon plus grand plaisir.
J 'ai souvent rencontré cette situation au hasard de mes "balades" dans le musée du Louvre, où des petits quelques choses ont accroché mes souvenirs.
De tous temps, les artistes de toutes les civilisations ont utilisé les différentes formes d'expressions artistiques pour exprimer leurs émotions devant les choses de la mer.
Le musée du Louvre déborde d'objets (tableaux, sculptures, objets d'arts) qui évoquent la mer. A elles seules toutes ces oeuvres rassemblées , composeraient un musée de la mer . Mais séparées des toutes les autres , nous perdrions certainement la magie de les chercher, de les trouver au hasard d'une visite.
Il serait fastidieux et rébarbatif de les énumérer tous dans ce blog, mais de temps en temps , entre deux embarquements, je vous proposerai quelques-un de ces objets.
A tous seigneur tout honneur , je commence par le Havre.

Le Havre vue du haut des falaises ( la héve)



Jean-Baptiste Camille COROT
Paris, 1796- Paris, 1830
H, 0.23m ; L 0.40m
Sully 2eme , salle 69
Dès le début du XIXe siècle, les côtes normandes attirèrent de nombreux peintres français et anglais, travaillant sur le motif. Corot participa à ce mouvement. Il tente ici de capter les variations atmosphériques sur de vastes horizons, ouvrant la voie à Boudin ou à Monet.
Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906
R.F. 1635






Agrandissement.


Maison de pêcheurs à Sainte-Adresse vers 183-1840





Jean-Baptiste Camille COROT
Paris, 1796- Paris, 1830
H : 0.28m ; L : 0.42m
Sully 2eme salle 69
Donation Etienne Moreau-Nélaton, 1906

R.F.1612



Plage à marée basse.




Egène ISABEY
Paris, 1803 Montévrain 1886
Acquis au Salon de 1833 inv. 5433

mercredi 24 décembre 2008

Pré-programme 2009

Bonne année 2009 , et BON VENT !

Si Météo le veut :

voici quelques sorties programmées en 2009 , réservez dès maintenant vos bannettes.

-Week-end  voile et Casino à Deauville les 21 et 22 mars (dîner et soirée au casino de Deauville)
-Week-end voile et disco à Ouistreham les 18 et 19 avril ( soirée au club du casino de Ouistreham)
-Week-end 100 milles  à Saint Valérie en Caux les 20 et 21 juin ( longue sortie de voile) 
-Semaine Moitessier du 7 au 13 septembre ( Angleterre, mouillage, nav de nuit, gastronomie,ect...)

A bientôt 


samedi 6 décembre 2008

Fête du hareng , Fécamp 29 et 30 novembre 2008




Jérôme prêt pour la fête.



Le Spi notre accompagnateur, à voir sur le lien :






Arrivée dans le musoir de Fécamp.





du feu pour les fumeurs.





Arrivée 16h30 au Havre.


T.M.L. a clôturé son année de voile 2008 ce week-end des 29 et 30 novembre. Pour l'occasion, nous étions 9 répartis sur deux bateaux. Benjamin sur Nomade avec Françoise, Emma, et Philippe. Quant à moi, j 'étais sur Salsa avec Christa, Olivier, Guillaume et Jérôme. La météo, comme pour nous montrer qu'elle sait être clémente même en Normandie, nous donne un vent de Nordé 4 beaufort, virant Nord/ Nord-est dans l'après- midi avec une mer belle et plate. Le soleil est parti prendre ses quartiers d'été dans l’hémisphère sud. Le froid, bien présent pique toutes les parties du corps qui ne sont pas emmitouflées, l’hiver n’est pas loin. Le samedi matin à 8h30, nous appareillons destination Fécamp. La présence de deux régatiers à bord se fait sentir dès le départ, alors que Christa n'a même pas fini d'allumer sa cloppe et de déguster son café, que le spi claque au vent et le bateau fend la bise. Les options sont étudiées avec autant de sérieux que sur le Vendée globe, et le speedo se régale en affichant 7 nœuds, parfois 8 record à 9. Le plaisir va durer jusqu'au passage d' Antifer. Puis, Le vent tourne légèrement à gauche, nous devons lofer, dommage, nous ne pouvons plus tenir le spi. S’ensuit le passage d'un gros nuage qui nous dévente lamentablement , nous voilà plantés comme des c..., skippers au passage de l'anticyclone de Sainte Hélène dirons-nous.



Le nuage fini par passer, pour Salsa rejoindre tranquillement Fécamp n'est plus qu'une formalité, à 15h Salsa et Nomade s'engagent dans le musoir.


Les deux bords, après avoir pris un thé dans le carré de Salsa, vont profiter d'un quartier libre jusqu'en fin d'après-midi. Certains pour faire une bonne sieste dans les bannettes, bercés par le léger tangage du bateau, la chaleur du radiateur électrique, accompagnés par le cri des mouettes. D'autres vont flâner dans les rue pittoresques de Fécamp où l'air pur de la mer relève les odeurs subtiles des feux de cheminées. Accompagné de Guillaume, Jérôme, et Olivier, nous avons entrepris la visite de la Bénédictine. Son fondateur Alexandre Le Grand (Un Normand de Fécamp, pas l'antique Macédonien) a voulu faire de cet endroit un espace hybride mariant l'art et l'industrie. C'est pourquoi le Palais est à la fois le lieu de production de la liqueur Bénédictine et un musée qui regroupe une collection d'art des XIVème, XVème et XVIème siècles et propose une exposition d'art contemporain. Après toute cette culture, la visite des chais nous a rappelé au bon souvenir de notre compère de transat Pierre, producteur de vin de lune dans un grand vignoble renommé. En final, dans les caves de la bénédictine, nous avons trinqué à sa santé, et à l'amitié.


Marie, Philippe et Alain nous ont rejoint sur Salsa pour l'apéritif avant d'aller dans la criée participer à la soirée de gala organisée pour la clôture de la saison de T.M.L. et aussi pour la fête au Hareng.(J'exagère un peu, pour le fun). Avec de la patience, nous sommes arrivés à trouver une table pour 12 personnes . Pas de chauffage à l'intérieur, mais les musiciens réchauffent l'atmosphère en jouant de vielles rengaines, la température monte tranquillement. Au changement d'orchestre, coup de tabac dans la salle, nous interprétons '' Jean-François de Nantes'', et '' le 31 du mois d'août''. Les tables alentour reprennent les refrains en chœurs, la salle commence à bien s’échauffer. C'est alors que Jérôme lance dans une envolée lyrique que" c'est à Triiibooord Konnnn Gueullle le plus fort !" aussi sec, piqué comme une baleine ça répond en face que "c'est à baboord ke sa gueulllle le plus fort !" Nous sommes chaud bouillant, pas question de perdre la partie et après plusieurs échanges, toute la criée est debout sur les chaises, à s'égosiller !. Avec l'aide de Jérôme, le speaker nous proclame vainqueurs. Un groupe celtique prend la relève, et nous fait "danser" jusqu'à la fin de la soirée. "Sul' quai", nous nous réchauffons autour des braseros chargés de bûches, un équipage rencontré nous a invité à visiter un vieux gréément dont la restauration, effectuée par une association pour la réinsertion, a duré 7 années. Belle visite, où certains d'entre nous à genoux, tel Bernadette de Soubirou, la tête dans un coffre, admirent cette oeuvre splendide, merveilleuse, qu'est le moteur d’un bateau refait à neuf.


Dimanche matin, grasse matinée pour tout le monde, une bonne douche fait partir l'odeur de hareng fumé qui nous parfume depuis notre arrivée, nous décollons après le petit déjeuner à 11h30. La mer est belle, le vent portant force 4. Dés la sortie, nous envoyons le spi. La dernière sortie 2008 sera superbe, sous spi d'un seul bord, bâbord amure, nous arrivons à la Héve 5,5 nd de moyenne , en longeant la côte, Yport, et Etretat. Je souhaite à tous les bords de T.M.L des belles navigations comme celle- ci en 2009. Arrivée à 17h30, le nettoyage du bateau effectué, nous nous quittons à 18h30 et donnons rendez-vous l'année prochaine.




video

lundi 6 octobre 2008

Fête de la crevette à Honfleur

Nous étions 24 !
 24 marins et marinettes  prêts à en découdre  avec les crevettes de Honfleur,  contre vents et marées ! 
Pour l'occasion toute la flotte TML est mobilisée. TAILANA,  NOMADE et SALSA sont alignés côte à côte,  leurs fanions claquant dans le vent.

Samedi matin, les équipiers se sont mobilisés pour répondre à la marée,  bouts entre les dents,  bottes et cirés luisant comme des sabres d'abordages, solidement harnachés à leurs longes capelées,   tous sont déterminés à faire la fête aux crevettes. 
Il est  9h,  les trois voiliers  font déjà route vers Honfleur.

Météo France prévoit pour ce week-end  du grand frais à partir de 14h jusqu'à 20h , vent de SudOuest 6 rafales 7 virant Sud le dimanche matin 6 à 7 se renforçant 8 de secteur Ouest en fin d'après midi. Un ciel couvert , de la bruine et des pluies en soirées devenant abondantes dans la nuit du samedi au dimanche. 

Les voiles  arisées à deux ris ,  nous permettent de naviguer confortablement sous un vent de secteur Ouest Sud-Ouest 5 rafales 6. 
Après avoir marché au moteur jusqu' a la LH 10 , nous  coupons le chenal, et tirons  des bords de bon plein dans une houle de secteur Ouest d'un mètre environ. Le soleil est décidé à ne pas laisser  sa place à la pluie sans résister, il colore la mer d'un bleu clair, qu'il tache ça et là d'un vert émeraude, et l'écume de mer blanchit la crête des vagues. 
La pPremière bouée de chenal est déjà là ,  nous quittons progressivement les allures de prés , pour nous retrouver  vent arrière jusqu'à l'écluse de Honfleur.
A 14h les sas sont ouverts, nous n'avons même pas à écluser les 3 bateaux !. Une petite heure d'attente plus tard, nous entrons dans la lieutenance sous les  objectifs envieux de plusieurs dizaines d'appareils photos numériques qui immortalisent cet instant!

Les équipages profitent de l'après-midi ensoleillée pour visiter les ruelles, les magasins et les galeries d'artistes de Honfleur. La fête de la crevette bat son plein, et les courses de godilles se succèdent. Dans tout le port les chants de marins retentissent des hauts parleurs qui proviennent  de l'estrade  où se produisent des coeurs de matafs genre vieux gabiers en fin d'campagnes.

La nuit tombée, nous sommes tous sur le pont des bateaux qui ont été amarrés ensemble au coeur de la fête, à déguster en apéritif un énorme saladier de crevettes , pendant que cuit sur le ponton une choucroute de la mer que nous dégusterons  tranquillement plus tard , en rigolant  de tout et de rien.  
Toujours pas de pluie , la température est douce, et le feu d'artifice tiré devant la lieutenance accompagné par Edith Piaf sera unanimement qualifié de magnifique.
Avant de terminer cette journée, nous irons écouter quelques morceaux de jazz dans un bar bondé pour l'occasion.

Au matin, changement de décor : la pluie qui s'était retenue samedi, se lâche maintenant sans retenue,  comme si elle voulait se venger de ne pas nous avoir gâché notre samedi , elle se dispute la première place avec le vent qui est monté dans la nuit et qui dépasse les prévisions.
La météo diffuse un avis de coup de vent force 8 avec une mer forte.  Le sémaphore de la Haive, joint par radio, nous décrit une situation pas brillante : 30nd de vent établi, rafales dépassant les 40 nd, vent Sud Ouest virant bientôt Ouest.
Benjamin, Alain et moi sommes attablé à l'intérieur d' un petit café, dont les serveuses n'arrivent pas à faire tenir sur leurs pieds  les tables  couchées par le vent en terrasse, nous décidons de partir en équipage restreint sur deux bateaux . Il n'est pas question pour TML de transiger avec la sécurité. Nous mettons en place un plan de navigation qui prend en compte les nouveaux paramètres.

A 14h30, sous la pluie , nous appareillons au moteur dans le chenal. Auparavant nous nous sommes signalé au sémaphore qui gardera un oeil sur nous jusqu'à l'arrivée à bon port.
le vent est Ouest  force 8 ,  malgré l'absence de toile, le fardage  suffit pour nous faire gîter! la visibilité est inférieure à 1 milesen raison de la pluie,  le bruit du  vent assourdissant. Tailana tire des bords dans le chenal ! quel courage !
Nous pensons  aux deux plaisanciers disparus à Ouistreham, mais par pudeur,  nous n'en parlons pas. La VHF diffuse un avis spécial aux navigateurs dans l'embouchure de la Seine , une cardinale Ouest a été arrachée , elle est à la dérive .... Nous la croiserons à quelques centaines de mètres, sa tète de triangles arrachée ! ça en dit long sur l'état de la mer...
Plus tard, je n'en crois pas mes yeux, un cargo par travers dans le chenal de Honfleur !!! , il s'est échoué sur un haut fond, et  manoeuvre sur son ancre qu'il a piquée dans le chenal pour se déhaler! 
Prudents nous le contournons par son arrière. Enfin, nous sortons du chenal, et abattons progressivement sous génois seul.
A 17h30 c'est fini ! c'est avec un plaisir inhabituel de satisfaction mêlé de soulagement que les bateaux sont nettoyés sous la pluie incessante.
Il ne reste plus  qu'à retourner à Honfleur où Benjamin, Alain et Jimy prolongeront la fête jusqu'au Lundi à bord de Salsa.

Prochaine sortie d'hiver si la météo le veut : fin novembre fête du hareng à Fécamp.

P.S toutes vos photos sont les bienvenues sur notre groupe de facebook , voici le lien :

mardi 2 septembre 2008

Récit de ma premiére Transat


Route de la transat
Textes de Guillaume, Jérôme, Pierre et moi ( 2).
TCHUDA POPKA2
Transat retour… en Pogo 40
A Paris
3 janvier 2007 15:23
Tchuda-Popka
Voila, la preparation de cette petite traversee avance bien !
Le systeme de post par email a l’air presque au point !
A tres bientot
Jerome, et tout l’equipage de Tchuda-Popka 2
[Sent from: 48.84145,2.31352]
J-xx avant le depart !!
13 janvier 2007 02:12
Voila quelques nouvelles du bord, durant les derniers jours avant le grand depart ! Comme vous le savez, nous partons (tres probablement) lundi de Pointe a Pitre en Guadeloupe pour rejoindre les cotes europeennes !
Tchuda Popka, le bateau de Gwenc’hlan, et qui a brille pendant la derniere route du rhum, est bien sagement amarre, et se remplit de jour en jour d’equipiers et de vivre. Nous sommes pour l’instant deux a bord (Pierre et Jerome), a ranger, nettoyer, bricoler et avitailler (il nous faudra bien ca pour maintenir le cap sur la grisaille en quittant les cocotiers, les 28 degres et l’eau turquoise). Nous recuperons demain deux parisiens - Guillaume et Denis - qui n’auront presque plus qu’a se mettre les pieds sous la table et a deviser sur la meteo…
Au programme demain : chargement des vivres fraiches, de quelques centaines de litres d’eau (une baignoire et demi a peu pres… mais on n’a pas de baignoire) et dernieres retouches techniques sur le bateau. Dimanche, petite sortie aux alentours pour tester et l’equipage, et le bateau. L’alize sera certainement de la partie (15 a 20 noeuds bien a l’abri dans la marina cet apres midi…)
Les dernieres cartes meteo recues a bord nous promettent quelques jours au pres dans la brise - chaude - des alizes, avant de toucher du vent portant de W-SW qui nous emmenera plus ou moins directement sur les Acores et l’Europe…
Tout au long de notre traversee, nous essaierons de vous la faire vivre aussi a distance, par des petits mails quotidiens, et egalement sur notre site www.e-samson.info Il ne vous manquera plus que les embruns. N’hesitez pas nous faire part de vos encouragements et de vos recettes pour cuisiner la dorade coryphene, ecrivez nous (les details pour nous joindre directement suivront bientot, mais vous pouvez d’ores et deja laisser des commentaires sur notre site) !!!
A tres bientot L’equipage de Tchuda-Popka
[Sent from: 16.21983,-61.52988]
12 comments
J-xx (suite) l’equipage est au complet !
14 janvier 2007 03:35
Ca y est, nous avons recupere Denis et Guillaume, arrives comme prevu pour se mettre les pieds sous la table… mais ils ont tout de meme ete largement mis a contribution ! Le decalage horaire + le rangement et les derniers bricolages faits, ils sont maintenant bien vannes tous les deux.
Nous avons maintenant quasiment termine l’avitaillement, il ne reste plus qu’a embarquer les fruits et legumes frais, que nous irons chercher au marche de PaP demain matin, premiere heure : bananes vertes, ananas, fruits de la passion, oranges…
Ensuite, nous tenterons une premiere sortie dans la baie de PaP, pour essayer le jeu de voile, et verifier que nous avons bien Tchuda Popka en mains ! Les derniers ajustements techniques seront termines ensuite dans la soiree…
Nous avons fait attention dans notre chargement a principalement charger tribord, etant donne que pendant les quelques premiers jours, nous serons au pres cap au NNE dans l’alize bien etabli.
A tres bientot, L’equipage de Tchuda Popka, au mouillage a la marina de PaP.
[Sent from: 16.21983,-61.52988]
15 comments
J-1 - chronique de notre dernier jour de preparation
15 janvier 2007 04:13
Premier reveil a bord de Tchuda Popka 2… et permiere frayeur quand j entends Jerome demander : “C est l heure du petit dej, passe moi la bouteille d alcool !” Suis-je encore en train de rever ? Me suis je trompe sur mes compagnons de bord ? Est ce l ambiance guadeloupeenne qui prend le dessus ? Non non, pas d inquietude : c est le rechaud qui marche a l alcool, a cette heure la nous sommes tous au the.
Pour moi c est l heure du reveil, mais pour Denis {aide par les cinq heures de decalage horaire de la veille), la journee a deja bien commencee par une reconnaissance sur les quais de la marina. Il n y a pas que sur les greves que l on trouve des tresors. Pour nous, c est aujourd hui une montagne de cageots en plastique abandonnes que nous recuperons, et qui vont nous servir a tout caler a bord. Encore du travail de rangement avant de pouvoir prendre la mer.
Avant de partir, Denis et Jerome filent au marche local qu on nous a indique la veille. Marche tellement local que personne ne le connait… meme si chaque personne interrogee donne son avis. Finalement, quelqu un finit par monter dans la voiture pour les accompagner jusqu au marche. Nous faisons le plein de jus de coco, de citrons verts, de pamplemousses, et de bananes bien sur. Des plantain et des desserts, que nous suspendons dans le bateau au dessus du carre, c est du plus bel effet decoratif
Vient enfin l heure de l appareillage, en compagnie de JC et Seb qui sont venus passer la journee avec nous. Voyant un bon grain approcher, nous hesitons a temporiser nottre depart. Mais notre voisin de ponton nous assure qu une fois dans le chenal de sortie, nous serons loin de la pluie. Faux espoir, c est sous un pluie battante que nous sortons de Pointe a Pitre. Enfin, sous une pluie battante que je sors de Pointe a Pitre, le reste de le l equuipage s est refugie a l interieur. Quelle cohesion ! Tant pis pour eux, ils ne se rendent pas compte que la douche est bien chaude, comme les vagues qui rincent parfois le cockpit.
Renoncant a attendre l accalmie, nous enchainons les manoeuvres : envoi de la grand voile, de la trinquette, du tourmentin, virements, empannages, prises de ris, remplissage les ballasts, etc. Rien de tel pour prendre le bateau en main et trouver la juste place de chaque chose. Au pres par 25 noeuds, le bateau reste bien cale sur sa route, nous voila rassures pour les jours a venir.
Retour au port en laissant les bouees rouges a tribord et les vertes a babord. Oui oui, pas d erreur, n en deplaise au daltonien de service ! Souvenez vous de votre permis mer ou l on apprend que dans certaines regions du monde, le systeme de balisage est inverse par rapport a ce que nous connaissons. Puis plongee sous la coque pour gratter les algues qui poussent vite sous ces latitudes faibles. Il y a meme une grande colonie de berniques qui s est installee sous la coque, il faut le couteau pour les decrocher.
La nuit est deja tombee quand je monte au mat remettre un sandau sur les bastaques a la lueur de la frontale. Puis nous filons manger du poisson dans un dernier restaurant, en grande tenue (hawaienne) pour feter ca.
Il nous reste encore un peu de travail de preparation avant de prendre la mer demain, filons aprecier cette derniere nuit a terre berces par le chant des grenouilles
A bientot Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka 2, toujours au mouillage a PaP
PS : nous avons mis en ligne quelques photos, en profitant de connexions haut debit a PaP… en mer, on essaiera de continuer a en envoyer, mais des plus petites et moins souvent !
[Sent from: 16.21983,-61.52988]
5 comments
J1 - Le grand depart !
16 janvier 2007 02:16
C’est a 14h pile que nous avons quitte le quai numero 7 de la marina du bas du fort de Pointe a Pitre, sous les vivas de nos voisins de ponton, notamment tout l’equipage du 55 pieds Jeunes Dirigeants, dont la valse des Grands Bancs, interpretee a l’accordeon diatonique nous presage beaucoup de bon temps ;-)
Presentement, nous tirons des bords dans un bon alize de 20/25 noeuds, sous trinquette arisee avec 2 ris dans la GV. Le bateau se comporte extremement bien, et nous filons un bon 7 noeuds fond, entre les iles a l est de la Guadeloupe (Desirade…). Denis est a la barre, pas peu fier et impressionne par les qualites marine de Tchuda Popka. Le ressac de la grande houle est fort par ici, et l ecriture de ce mail peu aisee, ce qui va probablement compromettre sa longueur ! En tout cas, ca n’a pas l air de gener Guillaume et Pierre, bien installes sur les couchettes, qui se reposent avant de prendre leurs quart (j attends que nous soyons sortis de ce canal pour aller me coucher, je dormirai mieux ;-)
Nous sommes sortis sous un temps nettement plus representatif des Antilles, vent chaud, mer chaude, alize fort et les petits nuages qui vont avec. Il fait un bon 28 degres a l interieur, mais dehors les embruns et le vent nous poussent a porter rapidement les vestes de quart… La nuit est superbe, les etoiles scintillent, etc… j’arrrete la sinon vous allez arreter de suivre notre periple !!
Au passage, merci a tous pour les encouragements que nous avons recu sur notre blog, continuez, on va mettre en place un moyen pour que nous les recevions par iridium…
Un tres grand merci aussi a tous ceux qui ont fait que nous puissions etre la, Gwen tout d abord evidemment, mais aussi celles qui ont bien voulu nous laisser partir… Et merci aussi a la Guadeloupe et aux Guadeloupeens hyper accueillant, et merci aussi au Cora de PaP, qui a defaut de nous sponsoriser, va nous nourrir en grande partie pendant les prochaines semaines… Tiens tiens, en parlant de manger, j ai encore un petit creux moi, le bon bout de camembert (affinage special, a fond de cale), m’a deja bien cale, mais un petit rab serait bienvenu !! Je vais partir a la recherche de quelque chose a grignoter, et si vous avez vu les photos et si vous avez un peu d imagination vous devinerez que je n ai qu a tendre le bras pour attraper une delicieuse banane des antilles, suspendue juste a cote de moi !! Je vais pas tarder a vous laisser…
Avant ca, un bonjour tout special a Marie Anne, la fille de Pierre, et a ses eleves qui nous suivrons aussi, tout comme ils avaient suivi Gwen a l aller…
A tres bientot
Jerome, et tout l equipage de Tchuda Popka, en mer entre la Guadeloupe et la Desirade
[Sent from: 16.15238,-61.21541]
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J2 - Compte rendu de la premiere nuit en mer
16 janvier 2007 15:12
Premier constat : ce bateau a vraiment la balle !!! On a pas mal avance toute la nuit (un bon 7.5 noeuds) dans 20-25 noeuds d alize d Est, et avec une mer pas facile - du coup notre nuit non plus n a pas ete tres facile, et je n ai pas eu beaucoup d amateurs pour le super riz que j ai cuit en milieu de nuit (merci a la cocotte minute de Tipiak, le bateau de mes parents, elle est bien restee en place sur le rechaud !)
La nuit a vraiment ete magnifique, avec des petits nuages tout gentils, on n a presque pas recu d eau de pluie. Par contre, ca se confirme, le cire est de rigueur dehors, malgre les 25 degres : ca mouille pas mal un Pogo 40 au pres. Il y a meme une petite rigole insidieuse qui amene la fin de la vague juste entre le bas du cire et le haut des chaussures du barreur : on a tous les pieds trempes !
Les quarts se sont tres bien passes, et Denis le premier, on a tous ete emerveilles par le ciel etoile - la croix du sud nous a guides (par derriere bien sur) toute la nuit.
Ce matin, des la premiere heure on a mis une ligne de traine a l’eau “pour voir”… On verra ! Mais les nombreux poissons volants semblent indiquer qu il y a pas mal de monde en dessous de nous…
Guillaume et Pierre sont dehors, et moi je vais imiter Denis : a la banette.
Les impressions du jour : Pierre : j ai prefere le riz, et renonce au camembert Guillaume : le camembert etait delicieux Denis : la croix du sud, c est tellement beau qu on comprend que les conquistadors aient pense que c etait un signe divin Jerome : C’EST DE LA BALLE CE BATEAU, YOUPI !!
Cote meteo, on est preneurs de reponses a la question a 1000 euros : est ce qu il vaut mieux gagner 1 a 2 noeuds en abattant de 20 degres pour se placer par rapport a l anticyclone, ou continuer comme ca au NNE, au pres, a 7 noeuds fond. Envoyez vos reponses par carte postale a Tchuda Popka 2 !
A tres bientot
Jerome
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J3 - Rencontres avec la vie marine
17 janvier 2007 13:24
Ambiance a bord il y a une demi heure : POISSON ! crie par Denis, de quart au lever du jour… Branle bas de combat, Guillaume s equipe, choque la GV, et regarde notre marin pecheur (avec son suroit, on s’y croit) commencer a remonter la ligne. Ils voient tous 2 une belle coryphene se debattre, mais visiblement elle n etait pas suffisamment ferree, puisqu’elle a reussi a se liberer a quelques metres du bateau. Je demande a Denis : “tu es sur que ton leurre est encore la” - “Oui, pas de probleme, je viens de le remonter, et de toute facon, la je suis gree pour remonter des elephants !” J espere quand meme qu on ne va pas en croiser, la poele est trop petite…
Dans le grain qui a suivi la perte de la coryphene, un joli petit poisson volant a atterri pile au milieu du cockpit, assome immediatement par le bateau… Ca compense un peu mais quand meme, la coryphene faisait un bon metre et la il fait seulement 20 cm d envergure. On va quand meme s en faire un petit filet marine au citron pour midi (qui veut les ailes, j aime pas trop ca !). Normalement la photo suit !
La fin de journee d hier a ete superbe, mis a part un tres gros grain avec forte pluie, mais le bateau file toujours grand train ! Un peu moins de 7 noeuds de moyenne sur les dernieres 24 h… au pres dans la brise !! C est douche permanente sur le pont !
Tout le monde commence a bien prendre ses marques a bord, les quarts se passent sans probleme. Hier on a commence la grande cuisine : a midi salade de riz + legumes frais et hier soir carottes oignons lardons a la cocotte, avec un bon bouillon, bravo Denis !
Merci a Vivien et a Emilie pour leurs SMS recus a bord : promis vivien on n oublie pas le code pirate, et on mange des fruits pour eviter le scrbt (ca commence par des pertes de dents, et des problemes de prononciation, vous croyez que je suis atteint ?) Emilie, tiens toi prete, on arrive bientot a Lorient !!
A tres bientot
Jerome et l equipage de Tchuda Popka
PS : non, je ne monopolise pas le mail, mais bon il y a peu de candidats pour prendre ma place… ca bouge quand meme pas mal !
[Sent from: 19.9282,-61.0996]
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J4 - Chroniques d’un quart
18 janvier 2007 05:49
Tout d’abord, un grand merci pour tout vos encouragements, par commentaires sur notre blog (relayes par Adeline), par SMS et par email, ca fait super plaisir de savoir qu’on est suivis presque aussi assidument que les concurrents de la fausse route du rhum (la vraie, c est dans notre sens, avec les cales pleines de rhum !).
Je voulais aussi essayer de vous faire vivre et partager l’immense plaisir que l’on peut ressentir pendant un quart de nuit [quand les conditions vont bien]. J’ai pris mon quart il y a pres de 3h. Je suis sorti de la banette arriere tribord, un peu dans le pate, j’ai enfile ma salopette et veste de quart un peu humide, suis parti a la recherche de quelques bananes, biscuits et autres plaquettes de chocolat (on a des bonnes reserves, croyez moi !) et ai relaye Denis. Bien arnache dans le cockpit, on commence par prendre ses marques : on recherche les etoiles habituelles, et celles qui manquent, cachees par un grain. Bref, on laisse Polo, le pilote auto, nous sortir lentement de la torpeur post reveil.
Et la c’est le debut d’une super complicite, communion, avec le bateau, la mer, le ciel etoile, bref le grand bonheur. La barre en main, bien cale dans un coin du cockpit, on cherche a faire avancer le bateau au mieux, essayant de deviner les surventes, risees adonnantes ou refusantes, a decrocher la vague de sillage du tableau arriere, a barrer en faisant le moins d efforts sur la barre pour ne pas freiner le bateau. Au debut, on galere un peu, le bateau se scotche, on fait moins bien que Polo, on est vexe, bref on se bat ! Et ensuite, parfois seulement on atteint le graal : la glisse parfaite, les vagues qui s’enchainent bien, et hop, c’est du plaisir en barre… Mais plus souvent, paf, une vague traitresse vous surprend, et la c est double effet, comme les kiss cool, le bateau ralentit et on se prend une bonne giclee d’embruns !
Au passage, un ingredient qui peut aussi ameliorer encore le plaisir d’etre la, c’est un bon disque dans les oreilles : ce soir pour moi le mieux c’etait les bons vieux standards du swing repris par Michael Buble. Pour ceux qui ne connaissent pas et qui ne sont pas au milieu de l’Atlantique, vous pouvez vous le procurer chez n’importe quel bon disquaire… Et ensuite mettez vous tout habilles sous la douche (a 25 degres), eteignez la lumiere et relisez ce mail, vous aurez un apercu de ce que j ai ressenti ce soir de quart !
Bon c’est pas tout, mais je vais y retourner ! Ca commence a me manquer, et Polo a l’air de presque aussi bien barrer que moi, ca me vexe ! Au fait, on est toujours a plus de 7 noeuds de moyenne, au pres bon plein dans l’alize fort (ca devrait plus tarder a changer), en route au 345.
A part ca, tout va bien a bord, vous aurez plus de nouvelles de l’equipage un peu plus tard !
Pour Lucien, Denis est en tres grande forme, parfaite sante. Sa recette, il nous l’a avouee, avant de partir il a mange du lion (et il va bientot nous en cuisiner aussi ici)
A tres bientot
Jerome, et l’equipage de Tchuda Popka 2, en Atlantique
[Sent from: 21.912,-61.695]
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J4 - Le bord le plus long
18 janvier 2007 20:55
En route a 7 noeuds au 345
Je me decide a ecrire en voyant qu’un post precedent nous a positionne dans le sultanat d Oman. Ca vaut les Dupondt arrives en bateau dans St Pierre de Rome…
Jamais vu un bord aussi long de ma vie : voila trois jours que nous avons rempli les 750 L du ballast tribord, pris deux ris dans la grand voile, envoye la trinquette arisee, et entame ce long bord de pres tribord amure. Tchuda Popka galope a cette allure, c est un pur plaisir a la barre, a negocier chaque vague de jour quand on les voit, a anticiper les reffusantes quand on arrive sous les nuages, a faire glisser le bateau aussi vite qu il le demande. Bon, honnetement, on attend tout de meme un peu le moment ou l on pourra choquer les ecoutes pour debrider quelque peu l allure. Il faudra pour cela quitter ces gentils alizes, qui sont bien chauds, bien etablis a 25 noeuds, mais qui ont l indelicatesse de souffler en plein du nord est.
Petit detail du quotidien pour faire un clin d oeil (subtile annonce du theme de ce paragraphe) a un ami blogueur de la rive gauche. Aujourd hui, comment mettre ses lentilles a pres par force 6. Faites comme a terre, sauf qu il faut penser a : - bien se caler contre une paroi pour avoir les deux mains libres, - retirer la croute de sel qui recouvre les doigts, les cils et les paupieres, - bien positionner la lentille, Apres ca, si vous etes en parfaite harmonie avec le bateau, ce sera juste le moment ou vous mettrez votre lentille que le bateau choisira pour retomber d une petite vague abrupte qui vous collera bien la lentille au fond des orbites ! Avec un peu d habitude, on arrive a faire ca de nuit, a la lueur de la frontale.
Ce pays est assez merveilleux, tout y tombe du ciel. A l exterieur, ce sont les poissons volants qui viennent s assomer dans le cockpit avant de finir dans notre assiette. A l interieur, nous subissons actuellement une forte pluie de bananes ! Ce sont les regimes que nous avions suspendu et qui commencent a etre bien mur. Resultats, c est banane le matin, banane a midi, banane le soir, et plus si affinite. On frise l overdose…
Au vu de l affluence sur ce blog, nous reflechissons a un changement d organisation de la vie a bord : peut-etre bientot une personne de quart sur le pont, et une autre a l ordinateur…
Guillaume, et tout l equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 23.5002,-62.4234]
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J5 - Securite avant tout a bord de Tchuda Popka
19 janvier 2007 15:10
En route a 8 noeuds plein nord
Aujourd’hui, et avant d’attaquer les zones plus froides et plus ventees, nous vous proposons une petite revision de tout ce qui concourt a nous permettre de naviguer en securite. En ecrivant ca, je pense aussi a la classe de Marie-Anne, peut etre que ca donnera de quoi vous occuper !
Mais tout d’abord, une petite reponse pour Mallory, l’un des eleves de Marie-Anne : merci beaucoup pour ton message, et de penser a nous comme ca ! et pour te repondre : tout va bien ici, et on essaie de bien naviguer : pour l’instant ca avance bien, mais on espere bientot mettre le turbo !
Merci aussi a tous les autres, pour vos proses qui nous font bien rire, pour la poesie et les extraits d’Homere (j’espere que nous errerons moins longtemps qu’Ulysse). Pour repondre a Sophie, qui me semble un peu trop ironiser sur mes talents de chanteur : je suis tres en voix ces jours-ci ! On fera des reponses un peu plus personnalisees au fur et a mesure, ne mollissez pas ! En plus c’est bientot le week-end, et comme il doit pleuvoir / neiger un peu partout ailleurs qu’ici, quoi de mieux que de rester connecte sur notre blog, je vous le demande ??
Cote conseils culinaires, pour l’instant les seules “prises” sont des petits poissons volants… on essaiera les recettes pour grosses pieces plus tard si Neptune y met du sien. Et promis, on va essayer de bien penser a chaque fois a mettre un “-” sur la longitude pour pas repartir au pakistan !
Pour rester dans l’esprit worldwide connexion, nous on est dans les eaux internationales, mais hier on etait a la latitude de Cuba, et aujourd’hui du sud de la Floride… Pour rester dans l’ambiance on mange des bananes !
Petit message personnel : bonne chance a Alexandre pour ses partiels, on est avec toi !
Mais revenons a nos moutons … et a la securite en mer La meteo Prevoir c’est deja beaucoup ! Meme si pour nous il n’est pas possible de rentrer au port bien tranquillement pour se boire un cafe pendant que le mauvais temps, par contre on peut se decaler pour eviter le plus dur (eventuel) et aussi bien se preparer aux changements de condition meteo. Ici, Marie-Pierre Planchon n’est pas ecoutee : de toute facon un jour sur deux c’est InterFootball a la place, mais meme si l’envie nous en prenais, 1/ nous ne captons pas encore France Inter Grandes Ondes (162kHz) 2/ nous ne sommes pas encore dans les zones de Marie-Pierre. La principale source de meteo a bord consiste donc a telecharger des cartes de vents et de pression par notre telephone satellitaire Iridium, et a les lire sur le PC du bord. On a aussi un recepteur radio a ondes courtes, qui devrait nous permettre d’avoir d’autres bulletins. Pour ceux que ca amuse (je pense en particulier a Nicolas), vous pouvez telecharger Expedition (www.iexpedition.org) et prendre les cartes par SailDocs (gratuit) et vous amuser a regarder la meteo avec nous (mais pour que l’exercice soit plus realiste, limitez vous a 15ko par jour).
La qualite du bateau Guillaume et moi avons navigue sur pas mal de bateaux, sur pas mal de mers differentes, mais Tchuda Popka 2 est de loin le bateau le plus securisant que nous ayons essaye… Tout y concourt : les 2 safrans qui permettent de garder le controle en toute circonstance, la quille de 3m (avant de coucher ca, il faut y aller) et la qualite de construction et d’accastillage. En plus le bateau est entierement insubmersible, c’est a dire que meme plein d’eau il flotterait encore, grace a des enormes volumes de mousse caches un peu partout. On est donc parfaitement en securite.
Les moyens individuels de securite Chacun de nous est equipe comme il faut : gilet gonflable automatique et harnais, pour s’attacher au bateau en permanence des qu’on est dehors. En plus de ca, on a dans nos poches des lampes a eclat, tres visibles de nuit si on tombe a l’eau. Si le temps forcit vraiment, on a en plus des combinaisons de survie TPS, flottantes et etanches… Bref on ne risque rien ! On a egalement une perche flottante IOR automatiaue et tout le bazar pour remonter l’un de nous qui serait tombe a l’eau. Encore une fois, on a tout, ceinture et bretelles !
Moyens collectifs En cas de vraiment gros probleme avec le bateau, on a aussi un radeau de survie, avec tout ce qu’il faut a bord pour tenir jusqu’a l’arrivee des secours. Secours qui auront ete prevenus par notre balise de detresse. En cas d’urgence, l’un de nous a juste a attraper cette balise et a l activer, pour que dans la demi heure le monde entier soit au courant que nous avons un probleme.
Je ne vous ai pas encore parle de notre telephone Iridium. Evidemment c’est un element de securite important, mais on ne peut pas forcement compter dessus, en tous cas, il est nettement moins fiable et resistant que la balise de detresse. Au passage, un point important est de bien savoir que de multiples raisons pourraient vous priver de la lecture de nos aventures, sans aucune incidence sur notre securite : plantage severe de Windows, panne du telephone Iridium, etc… Dans ce cas, pas de panique, tant que la balise n’a pas ete activee, aucun souci a se faire. De notre cote, on essaiera d’autres moyens pour vous rassurer et continuer a vous envoyer des nouvelles : pigeons (ou fous de bassan) voyageurs, messages dans des bouteilles, ou encore se rapprocher des routes des cargos pour leur parler a la VHF (radio de bateau a bateau) ou leur envoyer des messages avec un lance pierre (a la Moitessier).
Voila, je crois que j ai a peu pres fait le tour, cote securite, j’espere que vous etes tous rassures, car nous on l’est !!
Cote navigation, nous sommes toujours au pres a remonter des Antilles vers le nord, pour aller attraper le vent portant. Si tout va bien, la bascule devrait se faire dans la journee ou la nuit, et alors la, go !! On va decoller et survoler les Acores avec la vague.
Promis on envoie vite d’autres photos, des pecheurs (les lignes de Pierre sont a l’eau) et de leurs prises a venir !
A tres bientot
Jerome et l’equipage de Tchuda Popka 2, tous tres en forme (de banane)
[Sent from: 25.3748,-62.76347]
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J5 - Chronique d un quart ordinaire
19 janvier 2007 21:49
En route a 4 noeuds au 350
Retour sur mon double quart de cette nuit. Il est 18h30 hier soir (23h30 chez vous), nous finissons de diner dans les lueurs rougeoyantes du soleil couchant. Je prends le premier quart cette nuit. Pour l instant, de jour, nous prenons la veille a la bonne franquette, de nuit nous tournons en quarts de 3h, Denis, Jerome et moi, et Pierre nous accompagne sur un des quarts. Debut de mon quart donc, chaqu un descend trouver sa banette. J apercois encore un peu de mouvement dans le bateau, puis les dernieres lumieres s eteignent et je me retrouve seul a la barre a faire filer Tchuda Popka.
Cette nit encore, le ciel est d une luminosite etonante. Quelques avions et satellites se glissent entre les etoiles. Comme a mon habitude, je garde la barre a la main car le vent oscille frequement au rythme des nuages qui font de grosses taches sombres dans le ciel. Au bout d une heure, un poisson volant suicidaire se jette dans l inter et se met a fretiller sur la plage avant. Bien harnache, je file le recuperer en evitant de me faire doucher par une bonne vague. Quelques instants plus tard, c est une grosse barre noire qui obscurcit l horizon, et qui m apporte une bonne demi heure de douche. Au fur et a mesure de notre remontee, nous perdons petit a petit quelques degres de temperature de l air et de l eau, et nous ajoutons des epaisseurs avant de prendre le quart. Bon, nous sommes encore plus proche du quart de la premiere nuit en maillot de bain que du pantalon polaire prevu pour l arrivee ! Deja trois heures de passees, j en ajoute une avant d aller reveiller Denis.
6 heures plus tard, rebellote. Et me voila a admirer le lever de soleil au milieu des nuages. Dans la matinee, un peu de moteur pour remonter la charge des batteries. On en profitte pour brancher la musique, quand surgit le plus improbable des fans de Johnny : une fregatte vient virevolter autour du bateau. C est un superbe oiseau blanc de haute mer. Elle s enhardi a essayer de se poser en haut du mat, mais renonce finalement : la tete de mat fait des aller retours de 3m a chaque vague, ca doit bien secouer la haut
Voila, c etait un quart ordinaire, parce qu il y en a qui sont hors du commun. Il y a le quart a mail quand on a le temps (les meilleurs sont au beurre sale). Il y a le quart naval (il le sont tous en mer, meme si cette fois nous ne passons ni par Venise ni par Rio). Le quart a hoquet parfois, qui peut annoncer un debut de mal de mer, mais ca passe generalement en chantant un peu. Bon, je m arrete la, vous allez penser que j abuse des quarts en barre…
Guillaume, pour l equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 26.0030,-62.7410]
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J6 - Passer la bulle
21 janvier 2007 00:15
En route au 35, a 10,5 noeuds
[Note du skipper : Desoles de ne pas avoir ecrit plus tot aujourd hui, mais nous etions partis faire de la voile, et on vient juste de rentrer… Il y avait de ces bouchons sur les routes ce soir !! Et en plus on s est arretes prendre un ris-quart.]
Passer la bulle, c etait l objectif de cette nuit. La bulle, c est cette zone ou le vent hesite, au dessus des alizes, ou le fameux anticyclone des Acores descend parfois etendre ses hautes pressions. Dans la soiree, nous avions senti le vent commencer a faiblir, et apres un conseil de guerre autour de la table a carte et de nos fichiers meteo, decide de continer plein nord pour aller attraper des vents portants. Il nous a fallut quelques heures de moteur pour venir a bout du calme plat, et vers 3h la delivrance est arrive : le vent, jusqu ici nordet, a bascule a l ouest. Timidement tout d abord, puis plus franchement pour s etablir entre 15 et 20 noeuds dans la journee.
Finis pour l instant les deux ris dans la grand voile, le moment est venu de changer de garde robe. Nous affalons la trinquette, et deroulons pour la premiere fois le solent. Puis c est le tour du gennaker, cette grande voile d avant que l on porte aux allures debridees. Nous prenons notre temps pour l envoyer, car c est la premiere fois pour chacun de nous que nous manipulons une telle voile ! Et c est assez cocasse de preparer la manoeuvre en relisant le mode d emploi du bateau que Gwen nous a griffone la semaine derniere autour d une table parisienne… Apres avoir trouve nos marques, le gennaker est deroule, et le bateau accelere : la moyenne grimpe a 9-10 noeuds.
Redaction a double plume ce soir : Guillaume, qui passe le clavier a Pierre
Si vous rencontrez le savant qui avancait qu avec un point d appui il souleverait la terre dites lui de passer nous voir a bord et d agir avec tous les points d appui qu il voudra. Un appui foutaise rigolade Le pauvre. cependant ici il y a Denis l homme tronc capable de se deplacer sans mal et bien vite d appeler : eh les gars la soupe est prete et le pain aussi .(il fait aussi le pain a bord )
Il y a aussi Jerome l homme libelule il pose un regard attentionne sur tous et sur tout: ca va? cool super Il y a Guillaume passe partout sans heurt et avec la banane . Pour ma part le systheme equilibratoire s est reconnecte car enpassant il y a peu pres de la mer des Sargasses nous avons evoque les anguilles puis les anguilles sur les sarments de vigne puis nous avons derive sur la cote de boeuf sur sarments preparee au gros sel de Guerande et sans echalotte Naturellement a la suite de ce delire nous avons ouvert une boite de pate des Landes en entree. Et pendant ce temps Polo le pilote automatique travaille ,mais tres peu car chacun d entre nous veut barrer le plus possible. Un regal. Allez une petite derniere ; qui peut se vanter de diner tous les soirs avec Venus a tribord Mars a babord et la croix du sud a l arriere du bateau ?
Au fait MERCALM c est du pipo ……surtout si l on ne s en sert pas !
Merci pour toutes vos aimables pensees
Pierre n°4 a bord du TCHUDA POPKA
Ah il ne manque pas de quart-actere ce petit Pierrot ! Jerome
[Sent from: 28.1830,-61.8150]
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J7 - Premier coup de vent
21 janvier 2007 17:52
En route au 90, 8 noeuds.
Comme vous l avez lu hier, nous sommes maintenant bien entres dans la zone du portant, mais c’est aussi celles des depressions ! Et pour porter, ca porte. Dans le mail d’hier nous vous faisisons part de conditions idylliques, la tout va bien encore, mais c’est un peu plus muscle !
Ca a commence tres fort hier soir peu apres le coucher du soleil, le vent est monte progressivement vers 25 noeuds comme prevu sur nos cartes. On etait encore avec le solent (un “foc” de taille moyenne, le grand c’est le gennaker qu on a essaye hier, et le petit-qui-resiste-a-presque-tout c’est la trinquette, ensuite il reste le tourmentin pour les situations vraiment tres rudes), quand le vent est monte tres tres vite en force (bien au dela des previsions), et l’enroulement a ete un peu delicat. La sanction est immediate, on a fait un ou deux accros dedans, et on ne peut plus s en servir. Il nous reste donc principalement la trinquette, qui va bien servir du coup, et le gennaker quand il y aura vraiment peu de vent. Nous sommes un peu decus d’avoir abime cette belle voile, mais la lecon est claire : anticiper encore plus.
Actuellement, les conditions sont toujours fortes, avec un vent autour de 40 noeuds et une superbe houle bien raide. Mais encore une fois, le bateau prouve chaque instant ses exceptionnelles qualites marines, et sous trinquette seule (la GV est affalee completement) on avance toujours bien et en toute securite.
La meteo nous promet une amelioration tres prochaine, et peut etre meme un peu de petole demain, avant la prochaine depression.
A l’interieur, l’ambiance est un peu “machine a laver” cycle long, rincage intense, taches difficiles. Mais tout tient, tout est solidement amarre, “on a meme pas perdu une pomme” (dixit le cambusier Denis). On danse la quart-magnole dans la quart-lingue !
Du coup on s’est rabattu sur les lyophilises ce midi, au menu, cury de volailles au pates, qui nous a paru meilleur que ches Fauchon ! Bref on est des bons petits quart-nivores, avec la barback que Denis nous cuisine habituellement et ces petits lyoph a la volaille.
Pierre est a la camera pour vous ramener des images de cette belle houle sous le soleil (a travers la descente).
Bref c’est notre premier vrai coup de tabac, et probablement pas le dernier, mais maintenant on sait bien comment faire !
A tres bientot
Jerome et l’equipage de Tchuda Popka
(et maintenant on va s’ecouter Quart-la Bruni pour couvrir les bruits des paquets de mer !)
[Sent from: 29.196,-58.923]
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J8 - Rencontres
22 janvier 2007 20:21
En route au 85, a 8 noeuds
Fini de rire, en fait de vents portants, nous voila avec des vents im-portants. La journee d hier s est passee sous trinquette seule, la grand voile affalee. Et apres l agitation de la nuit, c etait vraiment un grand plaisir de glisser sur la houle dans une mer bleu fonce, ponctuee de larges cretes blanches en haut des vagues. Quand les nuages revenaient, le bleu se changeait en gris profond, parfois zebre d embruns. Nous profitons de notre heure de moteur quotidienne (il faut recharger les batteries) pour mettre un peu de musique, et c est Banabar qui m accompagne dans les grands surfs sur la houl, en chantant : “je prends pas non plus le bateau, j ai le mal de mer” !
La nuit est nettement plus calme, nous renvoyons un peu de grand voile, et reprenons notre regime alimentaire habituel pour le diner : banane, riz, banane, fromage, banane… Plus qu un regime et nous en viendrons a bout ! Nous prenons le temps de recuperer sans forcer l allure, l ambiance est detendue a grand concours de blagues.
A la tombee de la nuit, premiere rencontre depuis que nous avons quitte les Antilles. Deux cargos qui font route a l est, et nous depassent a quelques milles. Nous essayons de les contacter par VHF, mais sans succes. Autre rencontre ce matin alors que Denis est sur le pont : un gros bidon qui flotte au gre des vagues. Un petit coup de barre nous permet de l eviter. Nous croisons toujours des poissons volants, un peu moins nombreux, et des sargasses. Quand a la ligne de traine, elle est rangee depuis trois jours, il faudra attendre des jours plus calmes pour aller taquiner le poisson.
A bientot,
Guillaume, et tout l equipage de Tchuda Popka
PS: ce matin, nous avons effacer un SMS par erreur avant d avoir pu le lire. Si son auteur pouvait nous le renvoyer…
[Sent from: 29.530,-55.180]
J9 - C’est reparti
23 janvier 2007 20:26
A 8 noeuds au 90 (plein est), sous GV 2 ris + trinquette (10 noeuds quand Polo le pilote auto s’applique un peu)
Ca y est, le vent est revenu ! Bravo la meteo, qui pour l instant ne se trompe pas beaucoup. Au passage, en mer la meteo parle rarement de temperature, de soleil et de pluie, mais surtont de vent, de pression atmospherique et de hauteur des vagues. Et elle nous avait promis une bonne nuit calme, avant un retour des elements, et c est arrive. On a fait cette nuit 6-7 heures de moteur, pour avancer un peu pendant un calme anticyclonique, entre deux depressions. Le vent est revenu ce matin vers 8h (midi pour vous), accompagne d une petite troupe de dauphins (ou marsouins, de petite taille). On a pu profiter du gennaker toute la matinee, avant de renvoyer la trinquette pour dejeuner, et de reprendre deux ris dans la foulee. Si Gwen etait en regate a bord, on serait surement sous spi, mais la on est en convoyage, alors on preserve les voiles (enfin on essaie… et on re-verse une petite larme pour notre solent, qui aura besoin d un peu de couture a Lorient).
Ces 24h de repit nous on permis de bien recharger toutes les batteries (du bord et de l’equipage), de faire deux ou trois petits bricolages, en prevision des journees a venir qui devraient nous permettre de bien avancer dans un flux de SW puis de NW en restant bien au sud d’une depression.
Denis et Pierre ont refait les pleins d’eau (re-remplir les bouteilles avec des jerricans), fait la vaisselle, range leurs affaires, etc. pendant que Guillaume et moi roupillons un peu… Merci a tous les deux, ca fait du bien de faire la sieste !
Nous sommes maintenant au point le plus eloigne de toutes les cotes de notre periple. Pres de 1000 milles (non pas le million, le million !) d’eau salee nous separent des cotes canadiennes, d’Antigua (au nord des Antilles), et des Acores (a 1200 milles, soit 6 bonnes journees environ). C est assez impressionnant, mais en meme temps, on n’a jamais ete aussi pres de l’arrivee, et on fait un bon sillage quasi sur la route directe ! Pour l’instant, on va rester encore un peu par 30 degres de latitude (les Acores sont a 38, Lorient a 47), cap a l’est pour laisser passer le plus fort du vent a venir…
Ce matin, on a eu droit a une superbe demonstration de point au sextant, par maitre Denis, c’etait genial. On a tous fait notre releve de la hauteur du soleil (photo a l’appui), et calcule ensuite que nos droites de hauteur etaient toutes a moins de 10 milles de notre position estimee par le GPS… Ces americains nous brouillent donc toujours un peu le signal ;-)
Ensuite, on a fete dignement notre repos de la nuit en terminant l’un des excellents saucissons basques de Pierre, c’etait divin ! On garde encore la bouteille de Saint Emilion dans la cave pour un peu plus tard, peut etre pour quand on approchera des Acores ?
L’ambiance a bord est toujours excellente, bien soutenus que nous sommes par vos messages pleins de blagues, de poesie, et d’amitie, et par les “Blagues de Haute Mer” (R) que chacun a amene dans sa besace (Denis a un repertoire en la matiere assez impressionnant) !
Excellente fin de journee a tous
A tres bientot
Jerome et tout l’equipage de Tchuda Popka 2
[Sent from: 30.1783,-52.6983]
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J10 - Aquaplanning
24 janvier 2007 17:47
Vous connaissez tous l’aquaplanning, c’est quand on passe sur une grosse flaque en voiture, et que l’on sent que les roues ne touchent plus vraiment le sol, et que si la route se mettait a tourner ou le feu a passer au rouge, on ne pourrait pas faire grand chose… Le principal probleme vient du fait que les voitures standards n’ont pas de safran ! Messieurs les ingenieurs, au boulot !
On dit de la plupart des bateaux : “Oh ! il a une carene bien large, il doit bien surfer”. Mais faire une carene surfante, c’est a la portee du premier architecte naval venu, tiens ca doit meme faire partie des figures imposees de leur projet de fin d’etudes. Tchuda Popka, lui n’a pas simplement une carene surfante, il a une carene aquaplanante et tout ce qu’il faut avec pour bien maitriser ca, en particulier deux safrans bien dimensionnes, plantes de chaque cote un peu de biais pour que meme gite, il en reste toujours un bien dans l’eau.
Ajoutez a cela un peu de vent, des petites vagues pour demarrer plus facilement et un pilote bien experimente (automatique ou non), et que le reste de l’equipage se cramponne bien ! Cette nuit en particulier, ca a tres bien marche, on etait (et on est toujours au moment ou je vous ecris) sous GV 3 ris + trinquette arisee egalement, par 30-35 nds de SW, au largue plein E, avec une gentille petite houle de 2 a 3 m. Et ca part tout le temps. Je crois que le record de la nuit est une jolie pointe a 18 noeuds, et en moyenne a plus de 9 noeuds et demi. En pratique, le bateau est d’abord un peu plante (dans une vague qu’il vient de rattraper), et la vague suivante vient lui chatouiller doucement son tchuda popka (son joli petit derriere, en russe). Hop il ne se laisse pas faire, il accelere, l’ecume commence a voler, et il se cabre legerement. Et c’est parti pour l’aquaplanning, sauf que la, la flaque est bien grande, la route est droite, pas de feu rouge a l’horizon, et on aime ca ! Les sensations a la barre changent completement, la gite diminue beaucoup et le bateau plane vraiment, tres stable, autour de 12-13 noeuds. Pour ceux qui on deja vecu ca, on retrouve la sensation du planning en fun board : tout devient stable. La difference, c’est qu’en fun board on est quand meme un peu moins mouille, et la quille vibre pas mal des 12 noeuds.
Et ca peut durer quelques bonnes minutes, jusqu’a ce que les vagues ne s’enchainent plus bien et que le bateau ralentisse un peu, reprenne son souffle. Et pendant ce temps le speedo (notre compteur de vitesse) est bien monte, de meme que les deux vagues d’etrave qui en profitent pour eclabousser et essayer de deconcentrer le barreur/pilote !
Ah tiens, on me passe une question rouge, envoyee par Pierre L., de Saint Emilion.
Dans le cadre du respect de l’hygiene a bord de Tchuda Popka, la vaisselle doit a bord etre lavee au moins quotidiennement. Je vous pose le probleme suivant. Comment faire une vaisselle (laver, rincer, essuyer, ranger) dans le cockpit du bateau, en ayant a votre disposition un seau vide d’eau mais contenant 4 bols/tasses/cuillers, et une cocotte minute. Elements facilitateurs : 2 longes de harnais. Contraintes : la vaisselle est a l’interieur (et il fait suffisamment beau pour la faire dehors) ; 20 noeuds de vent ; 15 degres de gite ; bateau lance a 10 noeuds. Pas d’assistance exterieure. Imperatifs : etre toujours harnache quand on est dehors, minimiser la depense d’energie. Rappel : le skipper precise : “toujours au moins une main pour soi”, et restons dans le cadre de la securite des personnes et des biens. Envoyez vos solutions a “Jeu concours Tchuda Popka - 30 16.7n / 50 00.2w” ou en commentaire de ce post sur le blog. La meilleure solution sera primee d’un regime de bananes (qu’on n’arrive plus a manger).
Merci encore a tous pour vos commentaires et encouragements, la lecture de Jerome K. Jerome nous fait bien rire (tout est vrai dans ce qu’il vivent), la meteo de Francfort et d’ailleurs nous rappelle qu’il faut que l’on profite de chaque rayon de soleil, et de la temperature de l’eau de mer (autour de 20 degres, c’est surtout ca qui determine le climat par chez nous). On est bien sur preneurs d’un mini journal des infos du monde par la classe de Marie-Anne si c’est possible (seulement les bonnes nouvelles ?) mais on ne veut pas revivre l’integrale de la campagne presidentielle ;-)
A tres bientot
Pierre et Jerome, pour l’equipage de Tchuda Popka
PS : on vient de mettre le cd de “Musique pour aller vite”, et l’envie de tenter le spi nous demange pas mal du coup !!
[Sent from: 30.477,-49.47]
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J11 - L’arc-en-ciel de lune
25 janvier 2007 14:57
Vous aurez compris au fil de ce blog que chaque jour, nous tombons un peu plus sous le charme de Tchuda Popka. Les anglais - a qui il faut bien reconnaitre la qualite d’etre un peuple marin - les anglais donc, ont pour habitude de parler des bateaux a la troisieme personne du feminin. Alors si j etais anglais (Dieu m en garde…), j’irais jusqu’a dire que nous sommes un peu amoureux de ce Pogo 40. Mais cela ne veut pas dire que nous ne voyons pas ses defauts. Et s’il est une chose qui est sacrifiee au profit de la performance en navigation, c’est tout de meme le confort a l’interieur.
Prenons juste l’exemple des bannettes. Apres une bonne journee de mer, vous aspirez a un repos legitime. La, premier probleme, c’est le bruit. Pour peu qu’il y ait un peu de mer et que nous soyons autour de 10 noeuds, vous entendez a l’interieur une savante harmonie composee de : - un bruit de cascade en continu, - un leger clapotis tout au long de la ligne de flotaison, - les coups de boutoir des vagues qui viennent malicieusement frapper la coque juste sous votre tete, - par moment, le bruit d’un saut d’eau que l’on vous verserait sur la tete quand une vague reussit a sauter sur le pont. Ca c’est pour l’accompagnement general, vous pouvez aussi ajouter quelques soli, a l’occasion des manoeuvres par exemple : le cliqueti d’un winch, le grincement d’une ecoute, et le nec plus ultra : un mousqueton qui frappe le pont au dessus de vous, en gros ca donne l’impression d’un bon coup de marteau sur le timpan…
Pourtant, on en reve parfois de cette bannette, quand le quart s’eternise, qu’il n’y a rien a faire pour la navigation et qu’on attend l’heure de la releve sous la pluie. Alors on s’imagine, enlever son gilet, son pantalon et son cire, passer des vetements secs, et se glisser au fond du duvet pour un sommeil reparateur.
Du sommeil, nous en avions bien besoin hier. Une deuxieme depression nous a un peu secoue. Dans l’apres-midi, alors que le gros du coup de vent est passe, Denis est dehors sous une pluie battante, pendant que nous discutons a l’abri. Le bateau file ses 12 noeuds, quand le vent monte d’un coup. Le bateau part au surf et le speedo s’alarme : 15, 16, 17, 18, 19, 20 noeuds ! Le temps de jaillir sur le pont, la trinquette bat furieusement. Et le temps que nous l’affalions, deux lattes sont parties et le nerf de chute s’est abime. Nous en sommes quitte pour une seance de couture, et renvoyons la toile a la tombee du jour.
Quelques emotions donc, ce qui vaudra un reve hors du commun a Denis dans la nuit. On arrive au port, on met le bateau a quai quand quelqu’un vient. Il ne veut pas nous laisser debarquer, et se presente : “Bonjour, je suis de la Generale des vents. Je viens vous presenter la facture du vent consomme” Bonne enguelade dans l equipage, les point de vue divergent. Pour Denis : “Pas de soucis, je lui colle un bourre pif et je le fous a l’eau !” Nous essayons de le retenir. “Denis, ce ne sont pas des manieres !”. Pendant ce temps le type s enerve sur le quai : “Vous aller la payer cette facture, avec tout ce que vous avez consomme !”
La nuit a ete calme, avec quelques nuages. Une belle demi-lune nous accompagne maintenant pendant la premiere partie de nuit, et m’a valu un petit moment d’emerveillement hier soir. La lune eclairait le pont par l’arriere, et je m’amusais a detailler les ombres qu’elle projetait sur le cockpit : le balcon arriere, ma silhouette a la barre. Un gros nuage noir ceinturait l’horizon devant moi, je m’attendait a une bonne averse. Et c’est finalement un arc en ciel tout blanc qui s’est detache sur ce nuage. Un beau demi cercle, vraiment comme de jour avec le soleil. Les couleurs en moins, mais la feerie en plus ! Avec des instants comme celui la, la fatigue s’envole et l’on resterait bien sur le pont un peu plus.
Cote temperature, on n’a pas a se plaindre. Le nutella est devenu un peu moins facile a etaler, mais l’eau est encore a 20 degres. A bientot,
Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 31.333,-47.950]
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J12 - Le schmilblick se mange-t-il ?
26 janvier 2007 20:08
Pour permettre a la classe de Marie-Anne de decouvrir un peu plus le vocabulaire marin, nous avons decide de relancer le fameux jeu du Schmilblick cher a Coluche. Et il s’agit, vous l’aurez donc tous compris, de vous faire deviner, mais surtout a ses chers eleves, un terme designant l’un des nombreux objets qui nous entourent a bord de Tchuda Popka. L’indice de depart est “Ne se rompt pas”. Je sais c’est vague, mais on debute nous aussi dans le Schmilblick !! Vous envoyez comme d’habitude vos reponses a l’adresse habituelle, au milieu de l’Atlantique Nord, par bouteille a la mer ou par fregate express.
D’ailleurs en parlant de fregate, il s’agit de l’un des seuls oiseaux que nous ayons croises aussi au large. C’est vraiment un oiseau magnifique, blanc immacule, avec deux longues plumes au milieu de la queue. Guillaume a apercu un autre type d’oiseau hier matin, avec de longues ailes fines et foncees, et le corps plus clair, sans pouvoir l’identifier, car il a seulement joue quelques minutes avec les cretes des vagues tres a l’arriere du bateau.
Nous avons croises ces derniers jours a plusieurs reprises des bancs de marsouins, sans doute ont ils leur taniere au niveau du rift que vous etes nombreux a nous avoir signale : on n’a rien vu, rien senti a bord, seulement maintenant on est au dessus de la partie Europeenne de l’Atlantique.
A bord, apres un delicieux plat prepare par Denis, qui a reussi a nous mitonner du singe (sans bananes) et a nous faire aimer ca ! Incroyable. Il faut dire qu’avec des oignons, de l’ail et des petites patates, le corned beef - puisqu’il ne s’agit evidemment pas de la chair d’un petit primate que nous ayons pu amener a bord pour nous aider a finir nos bananes - a bien meilleure allure que froid dans sa boite ! J’ai justement pioche une question blanche, toujours envoyee par Pierre L., de Saint-Emilion, qui vous permettra sans doute d’atteindre le banco des mille milles : il s’agit de philosophie culinaire. “Ajoutez de la tomate et de l’origan, ca devient italien ; du vin et de l’estragon, ca devient francais ; de la creme aigre, ca devient russe ; du citron et de la cannelle, ca devient grec ; de la sauce soja, ca devient chinois ; ajoutez de l’ail, ca devient …” a vous de trouver !!
A part ca, pour repondre aux insinuations de certaines, inquietes de l’etat de salubrite d’un bateau mene par 4 rudes gaillards : nous ne sommes pas tout a fait sur la Tamise comme dans le bouquin (plein de verite au demeurant) de JKJ, et ne sommes pas non plus tout a fait des debutants, et le maintien du bateau dans un etat de proprete adequat fait aussi partie de la securite. Ainsi tous les jours, nous passons l’eponge (pas celle de la vaisselle) dans les fonds avec un poil d’eau douce et de produit menager, pour dessaler et detartrer, et on insiste bien sur les gencives, pour eviter l’apparition de caries ! Notre salle de bain -WC y passe aussi quotidiennement !! Epatant non ? Voici donc une preuve tangible que le sens pratique et l’organisation prevalent a bord, et ce sans presence feminine !! Toutes les theories sont donc a revoir !!
A bord, on est maintenant repasse en configuration “depression”, ce qui n’a, je vous rassure, aucun rapport avec le moral de l’equipage, qui lui reste au beau fixe. On s’attend dans la nuit a voir le temps changer pas mal, le barometre descendre un peu, et a voir le vent forcir. Avant la nuit, nous reprendrons encore un ris dans la GV, ainsi que dans notre trinquette, pour etre pare a tout. Normalement nous sommes suffisamment sud pour ne pas nous exposer a des vents de plus 25-30 noeuds en moyenne, mais nous pourrons quand meme surement avoir quelques rafales un peu plus fortes, alors autant etre bien pres. Le front froid qui genere habituellement les grains les plus violents, tel celui que nous avons essuye avant hier, ne devrait pas arriver avant demain matin. C’est deja notre troisieme depression, et celle ci ne devrait probablement pas nous secouer plus que la precedente, et nous serons encore plus vigilants au passage du front froid.
Merci encore pour tous vos encouragements, un grand coucou a Benjamin (mon frere) qui prend la mer lui aussi, mais pour aller taquiner les 60e sud a bord de l’Albatros (tout confort) de la Marine, bon vent a toi, salue bien les iles Herd pour nous !
A tres bientot a tous
Jerome
[Sent from: 30.643,-45.192]
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J13 - L’autoroute des quart-gos
27 janvier 2007 20:54
Et voila une troisieme depression en train de passer. Au fur et a mesure de notre progression vers l’est, nous nous eloignons doucement du trajet des depressions qui traversent l’Atlantique nord, et nous avons ete d’avantage epargnes cette fois que les precedentes. Une nuit sous GV trois ris et trinquette arise, puis aujourd’hui nous avons pu renvoyer le gennaker une bonne partie de la journee avant de reduire a nouveau en fin d’apres-midi, avec l’arrivee de gros cumulus. Nous sommes a present sous la pluie - enfin, surtout Pierre a la barre, a la table a carte pas de probleme…
Depuis deux jours, nous apercevons de plus en plus de cargos. C’est souvent notre systeme “Active echo” qui les detecte le premier : quand il detecte l’echo d’un radar, il declenche une alarme pour nous en avertir. Nous croisons principalement des chimiquiers et des petroliers, qui sont sur la route Panama-Gibraltar. Nos tentatives pour les contacter a la VHF ne sont pas fructueuses a chaque fois. Mais quand nous y parvenons c’est toujours amusant de discuter un moment avec ces autres voyageurs de la mer.
Je ne crois pas avoir deja explique notre rythme de vie a bord, qui suis celui du soleil. Nous avons cale le dejeuner a midi, et le diner a la tombee de nuit, c’est a dire autour de six heures a l’heure du bord que nous decalons progressivement en traversant de nouveaux fuseaux horaires. Ensuite les quarts commencent, generalement un premier jusqu’a 23h, puis par trois heures, 23h-2h, puis 2h-5h, et le premier couche prend le relais pour la fin de la nuit.
Avec la meteo plus clemente, nous avons aussi d’avantage de temps libre. J ai termine mon premier bouquin aujourd’hui, tandis que Denis changeait le leurre au bout de la traine. On avait du faire une erreur, le precedent ne remontait que des algues. Qui aurait l’idee de s’equiper d’un leurre a sargasses ?! Depuis la dorade des premiers jours qui s’etait echappee a 10m du tableau arriere, pas une touche… Esperons que cette fois nous tirons un leurre a poisson. Apres cela, Pierre nous entame un cours d oenologie sur le theme “Comment faire son vin”. De ce que j’ai compris, la premiere etape consiste a aller habiter a St Emilion.
Je vous laisse, le diner appelle… A bientot,
Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka
PS: Denis, comme tous les parents d’etudiants, serait heureux d’avoir quelques nouvelles des partiels d’Alexandre.
[Sent from: 30.583,-41.622]
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J14 - Second dimanche en mer
28 janvier 2007 20:42
En route au 75 a 7.5 nds (le vent a molli un peu, et on fait la vaisselle avant de renvoyer un peu plus de toile)
Pour feter dignement ce second dimanche a la mer, quoi de mieux qu’un bon repas ? A notre tour de proposer une recette. Confit de canard et ses pommes en robe des champs, au Saint-Emilion, pour 4 personnes (doses de haute mer). Prenez 24 belles petites pommes de terre, ne les epluchez pas mais cuisez les plutot a la vapeur (10 min quand ca siffle). Ouvrez les boites de cuisses de canard confit, prelevez la graisse, que vous mettez dans la cocotte, pendant que les pommes de terre refroidissent un peu. Et hop ! 4 gousses d’ail a blondir dans la graisse de canard chaude, recouvertes peu apres par les pommes de terres cuites coupees en quatre (toujours dans leur peau). Laissez dorer le tout 10 minutes, lorsque l’ail vous le dit, c’est cuit. Ajoutez alors sur le dessus les cuisses de canard, et laissez-les se rechauffer tendrement sur leur lit de pommes de terre. Servez tres chaud, accompagne d’un Saint-Emilion Grand Cru Classe, c’est excellent, et ca calme meme les marins les plus rudes ! Au passage, nous vous recommandons le Chateau Gueyrosse Grand Cru (Libourne), vous pouvez ecrire de notre part a Yves Delol gueyrosse@free.fr, qui reservera le meilleur accueil a vos demandes ! Seul point un peu difficile, on n’a toujours pas trouve comment allumer le chauffe-eau pour l’evier double bac de nos reves, alors on fait toujours la vaisselle a l’eau de mer froide, et pour le gras de canard, c’est un peu rude ! Ceci dit, Gwen, on en a profite pour demonter les winchs et les regraisser a la graisse bio !! Tu verras ils tournent du tonnerre, et en plus ca sent le sud-ouest quand tu hisses la GV…
Au terme de ces 2 premieres semaines de mer, nous sommes maintenant arrives a mi parcours, a vol de fregate. Seulement il nous a fallu faire un grand detour par le nord, pour sortir de la zone des alizes d’est et rejoindre les vents portants d’ouest au niveau du 30e parallele. Nous sommes maintenant a 1570 milles de Pointe a Pitre, 600 milles des Acores, 1500 milles des cotes portugaises, 1900 milles de Lorient… Et 1800 milles de NYC, desole Erika, finalement on va pas pouvoir venir te faire coucou cette fois-ci !
J’ai essaye de faire un petit tableau de marche, pour voir un peu quelles ont ete nos vitesses moyennes. La colonne du milieu indique le nombre de milles parcourus, et celle de droite la vitesse moyenne. Les durees prises en compte ne sont pas toujours exactement de 24h, etant donne que nous ne notons pas notre position a heure tres fixe…
* J1 78.0 6.41
* J2 174.5 6.69
* J3 153.6 7.20
* J4 153.8 6.17
* J5 118.6 4.94
* J6 221.2 8.02
* J7 145.9 7.33
* J8 111.5 5.62
* J9 195.5 7.93
* J10 95.4 4.32
* J11 138.7 4.74
* J12 144.1 7.36
* J13 187.3 7.47
Comme vous pouvez le voir, on a fait quelques belles journees, et d’autre moins bonnes (petole parfois) mais dans l’ensemble on s’en tire pas mal. Au total pour l’instant on a du faire environ 1950 milles, et on a donc deja fait plus 400 milles de trop par rapport a la route directe !! Toute projection de ces vitesses sur le parcours restant est laissee sous la responsabilite des lecteurs, etant donne que la meteo peut encore nous reserver quelques caprices !A part ca, tout va bien a bord, le rythme des quarts nous colle maintenant a la peau ! Il se peut qu’il nous faille quelques jours a l’arrivee pour ne plus se reveiller en pleine nuit, s’habiller comme pour aller au pole nord sous la pluie, et rester sur le balcon pendant 3h, face au vent ! Ceci dit, il fait toujours tres bon a bord, la temperature de l’eau n’a pas du encore beaucoup bouger…
Le Schmilblick Voici le moment que vous attendez tous, les premieres reponses au grand jeu du Schmilblick. Yohan : non, le Schmilblick n’est pas rond, il est plat sur ce bateau !! Mallory : oui, il y a bien un Schmilblick dans le cockpit, mais ce n’est peut etre pas le seul ! A demain pour la suite !
A tres bientot
Jerome et l’equipage de Tchuda Popka 2
PS : Pour Sego, la specialiste des aromes, si on ajoute de l’ail ca ne devient pas forcement libanais ! La preuve dans la recette ci-dessus. Cherchez encore !
[Sent from: 31.76,-38.333]
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J15 - N’en jetez plus !
29 janvier 2007 19:39
En route au 10 a 5 noeuds
Un des avantages de cette traversee, c’est que nous avons le temps de suivre etape par etape l’evolution des phenomenes meteo. Dans les dernieres 48h par exemple, le vent a quasiment fait le tour du bateau. Nous etions au grand largue, tribord amures (avec un s, n’est-ce pas Emilie ;-) il y a deux jours, puis nous avons empane dans la nuit. Apres quelques bonnes heures de portant, le vent a refuse de plus en plus. Et depuis cette nuit nous voila de nouveau au pres, on envie le confort de Jangada. Avec un virement ce midi, nous revoila tribord amures, la boucle est presque bouclee.
Pourquoi tous ces changements alors que nous essayons d’avancer dans la meme direction ? Le responsable est le bel anticyclone sous lequel nous nous sommes glisse. Le barometre enregistreur nous a dessine une sorte d’Everest, et est monte jusqu’a 1030 hPa. La pression est forte sur nos epaules, l’afflux d’oxygene est euphorisant… Et cela devrait meme nous faire avancer plus vite : les bouquins de meteo expliquent que quand la pression est forte, l’effort du vent est plus important pour une meme vitesse. Mais nous n’en sommes pas encore a ce niveau de detail pour tracer notre route !
Il est toujours decevant de compter le nombre d’objets a la derive que nous trouvons sur notre route a 500 milles de la terre la plus proche : morceau de polystirene, amas de cordage, un gros bidon metallique, une bille de bois, un jerican en plastique, des vieux papiers… A bord, nous nous efforcons d’etre le plus propre possible, et de ne jeter a la mer que de objets non polluants qui puissent couler ou se degrader rapidement. Malheureusement, tout le monde n’en fait pas autant.
Heureusement qu’on ne croise pas que cela. Quelques oiseuux de temps a autres, un puffin, un autre petit oiseau noir ce matin, et trois dauphins qui m’ont tenu compagnie pendant un quart d’heure dans les reflets du soleil levant. Et puis la peche du jour : ce n’est pas un requin, ni un thon, ni meme un poisson volant, mais… une crevette ! Heureusement que nos reserves de vivres sont encore plus que consequentes.
Merci a Justin, 16 mois, Yannig (360 mois), au club de voile du college les Dagueys a Libourne, et a tous les autres pour vos encouragements. A bientot,
Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 31.816,-35.980]
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J16 - Le pain est cuit !
30 janvier 2007 18:56
En route au 45, a 5 noeuds dans la petole sous GV pleine et gennaker
Le mardi c’est raviolis, mais seulement a terre ! Pour nous aujourd’hui c’est petole, et qui dit petole dit grande bouffe… N’est-ce pas Gwen ? Tes bolinos parmentier sont toujours bien au chaud dans la touque “A n’ouvrir qu’en cas d’extreme urgence”. Ce midi, legumes frais en salade (apres 15 jours de mer, assez incroyable, non ?), et pendant ce temps la, Denis petrissait et cuisait son pain a la cocotte, patiemment ! On a bien fait de prendre de bonnes reserves d’alcool a bruler pour le rechaud ! Le pain d’aujourd’hui a l’air vraiment excellent, le premier avait un peu crame, mais c’etait un premier essai du mitron pour prendre en main son fournil !
Ce soir, on tente les bananes plantain, en omelette, ca devrait etre pas mal, elle commencent tout juste a murir ! On vous relatera ca ulterieurement et avec force details !
Cote lignes a l’eau, toujours pas de prise digne de ce nom. On s’est seulement amuses a recuperer un beau pare-battage tout neuf qui derivait gentiment, mais il n’a pas l’air tres comestible, et les anatifes qui poussaient dessous encore un peu jeunes !
Sinon, vous l’aurez compris, tout va bien a bord, le moral est excellent, et la meteo bien que capricieuse, nous permet de bien recharger nos batteries. Normalement on devrait toucher du vent portant en fin d’apres midi, et relancer un peu notre progression vers l’est.
Cote Schmilblick, on va garder un jour de decalage avec les questions de la classe de Marie-Anne, ca nous permettra d’affuter nos reponses en fonction de l’avancement ! Pour repondre aux questions d’hier soir : non le Schmilblick ne se trouve pas sur la table a carte (il y en a un dans le cockpit, pour ceux qui suivent) et ce n’est pas un radar. Mais en parlant de radar, on a eu l’occasion plusieurs fois de se servir du notre pour verifier que les cargos que nous apercevons assez regulierement etaient bien hors de notre route : sur l’ecran du radar on les voit tres bien, et on peut mesurer a quelle distance ils se trouvent. On fait ca deux fois a 10 minutes d’intervalle, et si la distance augmente, c’est bon ! Sinon, il faut faire quelque chose : les appeler a la radio, et aussi maneouvrer pour changer notre route.
On n’a pas encore rencontre de porte-containers en mer, en tout cas on n’en a pas vu clairement. On a surtout vu des petroliers ou chimiquiers. Et meme lorsque nous etions dans le gros temps il y a quelques jours, nous n’avons pas vu ou entendu a la radio de marins en difficultes. Merci a toute la classe de Marie-Anne pour ses questions et encouragements repetes, nous aussi on pense a vous : Travaillez bien avec votre super maitresse !
Pour la question de Jacques sur la houle, Guillaume est actuellement a la barre et reprendra ses calculs de mecanique des fluides apres. Quant a moi, ma reponse est empirique : 10 /12 noeuds ca passe bien, 16 on risque de se replanter dans la vague de devant ! Est-ce que j’ai gagne une tartine de Nutella ?
Bon allez, en parlant de Nutella, je crois que je vais aller voir ou en sont nos stocks !
Au passage, nous avons fait une petite serie de portraits, pour que vous puissez admirer nos mines rejouies et nos barbes fleuries !!
A tres bientot
Jerome et l’equipage de Tchuda Popka 2
[Sent from: 33.4567,-35.505]
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J17 - De l’hygiene a bord…
31 janvier 2007 20:11
En route au 70 a 6 noeuds
Vous aurez compris au vu de notre trajectoire qu’apres cinq jours a remonter les alizees, puis une semaine a eviter les depressions, nous sommes maintenant bien rentres sous l’anticyclone des Acores. La mer s’est calmee, et la route consiste a present a jouer a cache-cache avec le vent, et a eviter les zones de calme plat. Nous faisons de notre mieux pour profitter du moindre souffle pour avancer, et c’est parfois un peu stressant de pourchasser le vent. L’avantage, c’est tout de meme que la vie a bord est nettement plus aisee.
Quelques voix se sont elevees recement sur ce blog - majoritairement feminines - qui s’inquietaient de l’hygiene a bord. J’aimerais ici mettre un terme a ces suppositions gratuites et tordre le coup a ces idees recues sur la vie quotidienne de quatres hommes dans un bateau. Sachez donc que l’hygiene du bord est une preoccupation de tous les instants, et que (presque) tout est fait pour maintenir le bateau dans le meilleur etat de proprete. Tout d’abord, n’oubliez pas que notre environnement est extremement sain. Bien loin des pollutions urbaines, l’air iode nous maintient en forme. Ensuite, menage et rangement sont non seulement une habitude mais aussi une necessite pour ne pas perdre, mouiller ou casser des affaires au moindre coup de gite. L’eponge amoniquee (distincte de celle des toilettes et de celle de la vaisselle…) est ainsi passe tous les matins dans les fonds du bateau. Et quand le dernier leve emerge de sa bannette, une douce odeur de fraicheur flotte agreablement dans la cabine. Pierre et Denis sont les grands artisans de cet interieur de bonne tenue.
Quand a notre hygiene personnelle, je ne m’etendrai pas dans les details, mais je prefere vous donner deux exemples qui montrent bien a quel point nous en sommes soucieux, et que cela va bien plus loin que “le bout de notre nez”. Tout d’abord, nous pouvons aller jusqu’a prendre un bain PLUS une douche dans la meme journee. Ainsi hier soir, apres le diner, Jerome fait un tour d’inspection du bateau et constate que l’etrier avant qui maintient le bout dehors est legerement fissure. Par prudence, nous decidons donc d’affaler le gennaker pour la nuit, en attendant d’y voir plus clair et d’avoir l’avis de Gwench’lan. En enroulant le gennaker, la contre-ecoute part un peu a l’eau, et le vent tombant completement, le bateau cule de quelques metres, Il n’en faut pas plus pour que cette contre ecoute aille faire un tour autour du safran, et se coince entre la coque et le haut du safran. Me voila donc en maillot de bain, dans la nuit noire, alors que tout le monde est en bottes et en cire… Brrr… un petit frisson en rentrant dans l’eau, j’espere que les requins sont au lit a cette heure la. Le bout est vite demele, et apres ce bon bain du soir, j’ai droit a une douche + shampoing avec le reste de l’eau de pluie recoltee la veille sous la grand voile. Et me voila tout propre pour aller me coucher.
Nous faisons egalement tres attention a notre hygiene bucco-dentaire, en employant les grands moyens s’il le faut. Ce matin, Denis s’est donc nettoye les dents d’une grande lampee de gazole, apres une gorgee d’huile d’olive (pour le gout). Une petite gousse d’ail pour l’haleine, puis il a poursuivit par un lavage au cif, avant de parfaire le brossage par du dentifrice et un rincage a l’eau minerale. Il faut reconnaitre que le but premier de l’operation etait avant tout de siphonner un bidon de gazole pour refaire le plein de notre reservoir…
Nous sommes donc bien occupes a bord, mais il nous reste heureusement du temps pour profitter de notre environnement. Nous voyons frequement des dauphins ces derniers jours. La nuit derniere, dans la petole, c’est meme leur souffle que l’on entendait le premier, quand il font surface pour respirer et qu’ils semblent nous murmurer quelques mots. Pour les amateurs d’oiseaux, nous croisons assez souvent des puffins (Arnaud, si tu nous lis, je te laisse trouver le nom latin, nous n’avons pas a bord de guide des oiseaux…), mais ils ne s’interessent pas beaucoup a nous et preferent planner au creux de la houle, jouant des courants ascendants au dos des vagues. Nous avons vu une mouette (ou un goeleand ?) aujourd’hui, mais c’etait la premiere de la traversee. Parfois des oiseaux blanc avec une tete assez massive et carree (des petrels ? je ne suis pas sur…). Et de petits oiseaux noirs au creux des vagues. Etonnant de les voir si loin de toute terre, ils ont de la route a faire avant de pouvoir pondre un oeuf…
Pour repondre a d’autres questions, sachez qu’un plat avec de l’ail, c’est simplement… bon ! C’est le basque du bord qui vous le dit. Et que le Schmilblick : - ne s’enrole pas, ne se plie pas, ne coulisse pas (mais on peut coulisser dessus), - est souple et non pas dur, synthetique et pas naturel, - qu’il est solidement lie au pont du bateau, c’est tres important pour qu’il remplisse son role.
Enfin, la bonne nouvelle du jour, c’est le retour de la girouette et de l’anemo ! Ils nous avaient abandonne des le premier jour, a la premiere vague qui avait un peu secoue le bateau, et ils refusaient de nous donner la moindre information. Puis quelques jours plus tard, dans un coup de vent, ils avaient pris un petit air penche qui nous inquietait. Mais le temps ne permettait pas de monter en haut du mat. C’est chose faite depuis cet apres-midi, apres une petite excursion a 19m d’altitude. Ca paraitra bien modeste aux montagnards, mais je vous assure qu’on y ressent drolement bien le moindre mouvement du tangage du bateau… Nous voila avec la force et la direction du vent aux instruments, ce qui nous permettra par exemple de regler le pilote sur l’angle a tenir par rapport au vent et non pas simplement sur un cap compas.
A bientot,
Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 34.595,-33.912]
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J18 - Le thon, c’est bon !
1 février 2007 21:17
En route au 75 a 7 noeuds.
On le sentait depuis trois jours. Les dauphins etaient la de plus en plus frequement. Une douzaine m’avaient encore accompagne cette nuit, j’avais passe un quart d’heure a les regarder jouer avec l’etrave en me tenant aux haubans. Les oiseaux de plus en plus nombreux etaient un autre signe de bonne augure. Et par chance, nous croisions de moins en moins d’algues susceptibles de venir s’emmeler sur la ligne de traine. Bref, nos instincts de pecheurs aux aguets, nous guettions la tension du sandow qui nous annoncerait une prise. Et c’est ce matin que la ligne de Pierre associee a un leurre de Denis ont fait merveille : nous avons fait un quart-thon ! Un beau germon remonte prudement a l’arriere de peur qu’il ne nous fausse trop vite compagnie, voila qui vient encore ameliorer l’ordinaire de nos menus. Il fut accomode ce midi a la basquaise accompagne d’un petit muscadet, et sera la base de notre soupe de ce soir. J’ose a peine vous decrire l’ambiance a bord, j’apprehende deja vos commentaires, j’en ai les jambes en co-thon… Disons seulement pour donner le thon que pendant que le marmi-thon entame une sieste digestive, les autres chantonnent de leur voix de bari-thon…
Nous continuons a croiser assez souvent des cargos. L’un passe a quelques milles de nous ce matin, je l’appelle a la VHF en tachant de reveiller quelques souvenirs de mon passage dans la marine (excepte l’accent “marine nationale” !). Coup de chance, il nous repond, pas comme lors de la derniere tentative de Denis: Denis sur les ondes: “Ohe du bateau, ici Tchuda Popka, me recevez-vous ?” Pas de reponse. Denis: “Ohe du bateau, ohe du bateau, ici Tchuda Popka. Est-ce que vous me recevez ?” Pas de reponse. Denis: “Bon, tant pis pour vous si vous ne voulez pas repondre. Bonne route quand meme !” Cette fois nous echangeons nos noms, nos destinations : c’est un chimiquier a lege, a destination de la Colombie. Comme notre active-echo n’a pas sonne, Jerome lui demande si son radar est en marche. En fait il ne l’a pas branche. L’homme de quart l’allume pour nous localiser, tandis qu’un autre cargo intervient dans la conversation. Tous deux nous detectent bien, mais assez faiblement (ils sont maintenant a une douzaine de milles). Tout cela confirme qu’en pleine mer, de nombreux cargos ne gardent pas leur radar allume. Je ne parle pas ici de ceux qui ne laissent parfois personne a la passerelle… Nous gardons donc une veille attentive, c’est bien a nous de les voir a defaut du contraire.
En ce qui concerne nos communications, nous parvenons aussi a capter la radio en grandes ondes. Si nous ne sommes pas restes tres longtemps a ecouter RFI nous parler de la reforme de l’etat, nous nous sommes laisse berces quelques heures par des airs marocains. Les temperatures baissent peu a peu, on avait presque oublie que c’est l’hiver. Il faut dire que nous sommes encore a la latitude du nord du Maroc.
Merci a Mallory et a Yohan de leurs encouragements, et a toute l’�cole d’Hodeng au Bosc. Mallory, nous sommes bien occupe sur le bateau. Il faut deja le faire avancer le jour, et la nuit. Ensuite, comme a terre, il faut faire la cuisine, le menage, sa toilette, etc. Et il nous reste du temps pour pecher, discuter ou lire des livres. Yohan, tout va bien. Nous n’avons rien de casse mais il faut souvent faire des petites reparations a bord. Pour le Schmilblick, courage, vous approchez de la solution. Souvenez-vous qu’il est souple, que l’on peut coulisser dessus, qu’il y en a un dans le cockpit, et qu’il est solidement fixe au pont du bateau pour que l’on puisse s’y attacher tres fort. Un grand salut aussi a nos amis du sud-ouest, entre autres a nos supporters des remparts de la cite de Carcassonne, et aux fideles libournais et saint-emilionnais.
A bientot,
Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 35.847,-31.020]
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J19 - Le thon est devenu l’ingredient unique du bord !
2 février 2007 16:49
En route a 7 nds, au 70/80
Je ne vais pas vous raconter cette histoire en vers de mirli-thon, ni en chansons parodiant le “Tcha-tcha-tcha des thons” (tube des annees 60), mon organe vocal se situerait a plus d’un quart de thon de la thon-alite du diapason. Je ne vous ennuierai pas davantage que la duree d’un semi-mara-thon (a ce sujet les parents Samson et Le Masson devraient calmer leurs fils-thons qui desirent s’engager a parcourir une telle distance en mars). Je ne le ferai pas non plus a la maniere de Delfeil de Thon dont l’humour laisse souvent a desirer ! Ce seront donc quelques nouvelles a ba-thons rompus.
D’abord, ne me parlez pas de cette nuit : “Tu as bien dormi ?”, “Tu vas bien ?”, “On est vraiment bien, la !”… - “NON !!” Je n’ai pas dormi, car si ce ne fut pas du bas-thon, ce fut quand meme co-thon ! On aurait dit que Tchuda Popka jouait a saute-mou-thon sur les vagues par 20-25 nds de vent, sur une mer raide et cassante !
Bref, nous avons peche hier notre Thon, un brave thon, un suicidaire encore celui-la, un SDF, un isole, un qui n’avait pas pu payer ses impots, un amoureux econduit ; mais je m’egare. Pour une fois, c’etait bien un poisson au bout de l’hamecon, et non une touffe de sargasses ! Nos deux X regardaient depuis deux semaines nos beaux rapalas et autres leurres, d’un air de dire “Des promesses, des promesses !”. Mais cette fois ce fut la bonne, et non des promesses de Sous-thon (nouvelle expression pour la rime, car Sous-thon dans les landes, et les landes en Gascogne…). Il fallait voir Denis vanter les merites de son Popper ! Les deux comperes (Denis et moi), fiers de leurs numeros 3 et 4, participerent a la matanza modele reduit, le men-thon volontaire. Pour ma part, je prenais des photos sans avoir besoin d’un photoma-thon de proximite pour les developper… Nos deux amis etaient fiers de leur nemrod des mers, mais c’etait surtout leurs estomacs qui s’exprimaient, sachant que le marmi-thon allait leur mi-thonner un bon thon a la basquaise facon Maite (qui habite elle meme non loin de Sous-thon). Denis, lui, ramenait le thon, un germon, en faisant attention de ne pas thon-ber sur le bord du lis-thon (vous le voyez, rafistole au shatter-thon ?). Rassurez vous, il avait bien pris soin de fixer son mousque-thon ! Le repas fut un delice, et je ne vous parlerai pas de l’aperitif, des entrees : sashimi de thon, thon au citron vert, soupe de thon, etc… J’ai une pensee pour mon cha-thon qui se serait regale ! Dans ces conditions, pas de risque d’intoxication alimentaire : nous n’aurons pas de bou-thons ! Et la, pas de ma-thon pour brider nos libertes !
Bien, il est de bon thon de terminer une missive par quelques politesses, vous m’avez subi depuis deja trop long-thon (avec l’accent parisien) ! Merci beaucoup a vous les supporters, on vous embrasse ! Felicitathons pour votre assiduite. Voyez, je m’egare encore, crois-thon !
Pierre
PS : quelques temps apres avoir ecrit ces mots, un nouveau germon s’est fait pieger, pas pique des hanne-thons non plus celui la !
[Sent from: 36.493,-28.107]
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J20 - Chronique d’un quart
3 février 2007 13:39
En route a 8 nds, au 90
Chronique d’un quart, une nuit il y a quelques jours
Venus s’est couchee, elle a rejoint mes equipiers, nous la reverrons a l’aube, juste quelques instants, le temps d’admirer son eclat avant que le jour n’apparaisse. Sa vision est ephemere, pareille a toute les grandes beautes humaines. L’eclat de la lune a pris le relais et illumine d’une lumiere blanche le ciel. Betelgeuse, legerement orangee, brille avec Rigel de part et d’autre d’Orion. Regulus n’est pas en reste et donne l’echo au pied de la constellation du Lion. Toutes les etoiles brillent et le ciel cette nuit est identique a celui que les Egyptiens peignaient dans les tombeaux de leurs rois.
Mes sens sont en eveil, j’observe les voiles, deployees comme les ailes d’un oiseau, entre ciel et mer qui chacun scintillent comme les cierges magiques d’un immense gateau d’anniversaire. J’ecoute les bruits, celui du vent qui siffle dans les voiles, la mer qui lui repond, et le bateau soufflant, craquant, gemissant, tel un chef d’orchestre qui s’activerait a harmoniser tous ces bruits, pour en faire une symphonie universelle, la symphonie de la mer.
Un grondement plus fort que les autres trouble la partition, c’est une vague plus grosse, et laide. Mais d’une laideur pareille a celle de Quasimodo, de celles qui cachent une grande beaute, que seul un oeil bienveillant peut deceler. Je la regarde et lui sourit. Elle, indecente, pose ses mains sur le beau petit cul de Tchuda Popka, et nous propulse. L’oiseau se cabre, leve son etrave, et plein d’orgueil, plane sur un long surf, tel un allegro de Vivaldi.
A ce moment precis, je suis dans le ciel, la mer, le bateau, bref, je suis heureux. Heureux de ce bonheur simple, qu’il faut aller chercher avec patience dans ce que la nature nous a donne. Heureux comme les Moitessier, Chichester, Gerbault, qui nous l’ont si bien decrit dans leurs ouvrages.
Enfin, seul avec moi-meme, au milieu de nulle part, je prends alors conscience que ce bonheur je le doit aussi en grande partie aux miens, restes a Flore. Mon quart fini, j’irai me coucher avec eux, mon bonheur dans les bras de Venus.
Denis, equipier a bord de Tchuda Popka 2
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J20 - Santa Maria des Acores - Gibraltar = 900 M
3 février 2007 19:12
En route a 9 nds au 85
Terre, terre !! Ca y est nous avons vu pour la premiere fois une preuve qu’il peut y avoir autre chose sur l’ocean que de l’eau (et des cargos). Nous avons en effet apercu ce midi la derniere ile des Acores, enfin pour nous, puisque c’est celle la plus au sud-est et la plus proche du continent europeen. Que Santa Maria (c’est son nom) nous porte chance pour aller vite et bien jusqu’au continent ! Cette vision au bout de vingt jours de mer, nous n’y comptions pas vraiment, etant donne que nous en sommes passes au vent (au sud) a plus de 30 milles et que le temps est un peu bouche. Mais on a vu ses hauts reliefs (600 m) se detacher nettement, et c’est Pierre qui l’a apercue le premier. Il a l’oeil celui la : a chaque fois, c’est lui qui apercoit le premier le poisson pris sur la ligne, la premiere terre inesperee au bout de 20 jours…
Je vous le disais en titre, nous n’allons plus en Bretagne, mais en Mediterrannee. N’y voyez la ni caprice, ni malice, encore moins mutinerie ou rebellion a bord (quoique l’idee d’aller se cailler dans le Golfe de Gascogne ne nous rejouissait guere). Il s’agit bien d’une consigne venant de haut, de tres haut meme, puisque l’armateur, Gwench’lan lui meme, prefere voir son Tchuda Popka rallier Marseille ou il le mettra a la disposition d’un locataire chanceux !
Nous profitons d’une meteo “parfaite” pour cette route. Il nous reste moins de 900 milles a parcourir jusqu’au detroit de Gibraltar, entre Europe et Afrique, que nous devrions pouvoir franchir tres rapidement (moins de 6 jours si tout va bien, merci d’avance Santa Maria). Actuellement nous faisons route directe a 8,5 / 9 nds au 85 (c’est a dire avec un peu de N dans notre E) pour rallier un point situe a une latitude inferieure : ce n’est pas une erreur de navigation mais, sur une sphere, la ligne la plus courte entre deux points (l’orthodromie) a une allure bizarre ! Faites l’experience avec une mappemonde !
Sentant l’ecurie (et ses douches) approcher, nous essayons tous les 4 de faire marcher le bateau au mieux, pour egalement profiter de cette meteo “parfaite”. L’ambiance a bord est sportive, a plus de 8.5 nds en continu au travers, gites a 20 degres en moyenne. Nous sommes actuellement et ce depuis hier matin dans l’avant d’une depression faiblement active, centree non loin du nord des Acores. Cette zone, au SE d’une depression, est appelee secteur chaud (18 C le jour, 16 la nuit), mais c’est surtout reconnaissable a la nebulosite caracteristique : stratus epais et bien gris, averses frequentes et vent de S. Mais nous serons probablement bientot rattrapes par le front froid (qui separe secteur chaud et secteur froid de la depression), et alors, a nous ciel bleu et petits cumulus de traine ! Et aussi vent d’W, qui devrait diminuer secousses et gite a bord, et nous permettre de repasser a la cuisine gastronomique qui nous est chere. Et qui pourrait peut etre nous permettre de remettre une ligne de traine a l’eau : aujourd’hui pas de poisson !
Cap sur Gibraltar donc, que nous devrions atteindre le 7 ou le 8 (voire avant si la moyenne ne redescend pas), et nous ferons alors tres probablement escale soit a Gibraltar (enclave britannique en Espagne) soit a Ceuta (enclave espagnole au Maroc) pour quelques heures, pour refaire le plein de gazole, prendre une douche et passer quelques coups de fils a nos proches ! On repartira ensuite pour quelques jours vers Massilia, distante de 750 milles du detroit. Enfin, pas trop de plans sur la comete non plus !!
Voila donc le programme de ces quelques derniers jours au grand large !
Christa, Alex (de la part de Denis) : Ici c’est bien la fete du thon, rendez vous pour la fete du hareng de Fecamp a l’automne 2007. Bruno (toujours de la part de Denis) : Pas d’inquietudes, tu pourras bientot partir en vacances, et profite bien de toutes ces multiples reunions que seul le Louvre est capable d’engendrer dans ses magnifiques salons dores.
Merci encore a tous pour vos messages de soutien. Pour nous ecrire, evitez de repondre a l’adresse de la mailing list, utilisez plutot les commentaires sur le blog sur internet, merci !
Merci aussi a toute la classe de Marie-Anne a Hodeng-au-Bosc : Mathilde, Manon, Mallory, Sylvain : tout va bien a bord, merci de vos encouragements et de vos messages si sympathiques. On n’arrete pas de voir des thons (dans nos ventres maintenant) et des dauphins. Par contre, pas beaucoup d’oiseaux de mer (environ un par jour), mais on est surement encore un peu trop loin des cotes.
Bon week-end a tous,
Jerome, et tout l’equipage de Tchuda Popka 2
PS : aujourd’hui, vous avez droit a double ration de mail !
[Sent from: 36.563,-24.067]
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J21 - Grande operation lavage du bateau
4 février 2007 18:15
En route a 7 nds au 85 [Derniere minute : 9 nds au 95, sur la route]
Gwen l’armateur nous avait prevenu, Tchuda Popka est un bateau spartiate. Mais comme il nous le faisait remarquer pas plus tard que ce matin, il est quand meme bien equipe pour la navigation au long cours, puisqu’il y a une grande machine a laver a l’exterieur ! Et la, depuis 48h, on l’a bloquee en mode rincage, et si quelqu’un pouvait nous aider a trouver le bouton sechage doux, special equipiers delicats, parce que la, c’est bon c’est rince…
A retenir : ne jamais ecrire avant qu’elle soit passee “depression peu active” comme je l’ai fait dans le mail d’hier. En fait d’activite, rien de dangereux, mais un peu fatiguant, puisque nous ne sommes toujours pas passe dans la zone avec ciel bleu et vent d’W, mais sommes toujours dans la zone pluvieuse avec vent de S a SE, plutot fort pour l’occasion. Nous avons passe la plupart de la nuit sous des trombes d’eau (de pluie et d’embruns) par 30-35 nds (et plus si affinites) de vent de S a SE, et du coup on est bien remontes au nord de notre route directe. Ca ne nous a pas empeche de bien avancer, mais le “confort” a bord s’en est ressenti. Les plats lyophilises sont de nouveau de sortie, c’est bien pratique : prets en 3 min, pas de vaisselle, et ca cale bien !
On a depuis 2h derriere nous du ciel bleu qui n’arrive pas a nous rattraper, pourtant on aimerait bien, d’autant plus que le vent doit y etre un peu adonnant, un peu plus SW que celui qu’on a sous ce front froid qui semble avancer avec nous…
Ce matin, comme pour tester nos nerfs, apres avoir pris un ris dans la trinquette, petite blague pas tres drole de la drisse de ladite trinquette. Apres l’avoir envoyee, au moment de reloffer et de la border, la gaine de la drisse lache au niveau du taquet… Et hop, encore une petite demi heure de boulot, a faire les malins sur le pont alors qu’il pleut tout ce qu’il peut… Ni une ni deux, on remplace la drisse par la drisse de secours, et c’est reparti mieux qu’avant. Des que le temps se calmera, on essaiera de recoudre la gaine, et on pourra encore utiliser cette drisse, qui est maintenant devenue “de secours”.
Au passage, un petit coucou au coop carcassonnais, merci pour vos encouragements. Bonne chance a Laurene pour ses examens de la semaine, on pense bien a toi !
Derniere minute : ca y est le vent adonne, on va pouvoir choquer un peu les ecoutes et relancer la bete sur le cap !!
A tres bientot, il faut que j’aille voir les ecoutes !
Jerome, et tout l’equipage [bien mouille] de Tchuda Popka 2
[Sent from: 37.617,-20.535]
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J22 - La depression des Acores
5 février 2007 19:02
En route au 85 a 6 noeuds
Les Acores, en general, on les associe a l’anticyclone bien connu dont on nous parle a chaque bulletin meteo. Sauf que quand on a l’idee saugrenue d’aller s’y promener en Janvier, on peut avoir droit a une surprise. Pour nous, c’est la depression des Acores. Oh, elle n’est pas bien grosse, ce n’est pas la specialite du coin : juste un petit trou a 1010 hPa dans une zone a 1020, rien a voir avec les premieres qui nous poussaient il y a deux semaines. Mais celle-ci est stationnaire et nous passons en plein dessous, donc on en profitte a fond. Et comme nous avons decale notre route un peu trop au nord, nous renouons avec les longues heures de pres / bon plein.
Ce week-end, les quarts etaient donc plus sportifs que d’habitude. A l’arriere, des vagues malicieuses viennent grignotter le cockpit. L’une leche la protection de la descente, l’autre vient donner un coup de dent dans la bouee fer a cheval. Je m’attache au plus court sur ma ligne de vie, pour que la prochaine ne m’emmene pas faire un tour dans les filieres. “Petite pluie abat grand vent”, aime a dire ma grand-mere. Pour l’instant, c’est au contraire de la grosse pluie qui accompagne les grains. Le vent monte encore d’un cran, le speedo flirte avec les 40 noeuds. La rafale fait siffler les filieres, tandis que la pluie s’abat, lissant les vagues en les couvrant d’un duvet d’eclaboussures. Le spectacle ne manque pas d’allure, mais on sera content de retrouver le calme. Meme au milieu de tout cela, on trouve encore de bonnes surprises. Ce soir, les dauphins sautent completement hors de la mer formee. Est-ce pour avaler moins d’embruns ? En tous cas ca permet de les observer a loisir. On en voit presque a chaque quart en ce moment, de jour comme de nuit.
Trois semaines de mer, ca fatigue aussi le bateau, et nous reserve quelques surprises lors de nos rondes d’inspection quotidiennes. Samedi, c’est la vis d’un chariot de latte qui manque a l’appel (NDLR: notre grand voile a des lattes forcees, qui font toute la largeur de la voile. Elles s’appuient sur le mat a l’aide d’un chariot qui coulisse dans un rail le long du mat, pour pouvoir hisser et affaler la voile). Nous trouvons donc une vis de remplacement, un ecrou et la clef plate adequate, et nous voici Jerome et moi au pied de mat pour reparer. Mais il est difficile de travailler dans ces conditions : Moi (sous la grand-voile, le vent plein les oreilles, voulant saisir la voile a deux mains pour bien presenter la latte): - Jerome, tu tiens la clef ? Jerome (au vent de la voile, sous les embruns): - Oui, oui, tiens-la moi ! La pauvre clef de 10, desesperee de se sentir aussi delaissee, fait un choix definitif. Apres trois rebonds sur le pont et un dernier tintement dans les filieres, elle disparait, engloutie par les flots.
Aujourd’hui, les conditions s’ameliorent doucement. Pas encore beaucoup de soleil mais le vent est retombe a 20 noeuds, on prend d’avantage de plaisir dehors. Les puffins sont eux aussi de plus en plus nombreux, et une mouette les accompagnait ce matin. C’est amusant de les voir ensemble, ils ne volent pas du tout de la meme maniere. Le premier glisse au creux des vagues, a l’aide de ses longues ailes fines de planneur, si pres de l’eau qu’il disparait souvent a notre vue, meme a quelques metres du bateau. La seconde garde plus de hauteur, ce qui l’oblige a donner quelques coup d’ailes de temps en temps, de ses belles ailles barrees d’un trait noir et blanc (de mouette tridactyle ?). Et elle n’hesite pas a se poser quelques instants au creux des vagues pour reprendre son souffle.
Gibraltar approche, on l’apercoit maintenant sur la meme carte que celle ou nous voyons notre position. A bientot,
Guillaume, pour l’equipage de Tchuda Popka
PS: derniere minute, on vient de croiser une belle tortue de mer !
[Sent from: 38.033,-16.895]
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J23 - Apres la pluie le sechage !
6 février 2007 20:32
En route a 5 nds au 120, sous gennaker et grand voile pleine, au PORTANT !
Eh oui, comme quoi les cierges a Santa Maria que nous avions allume il y a trois jours ont porte leurs fruits : on a enfin trouve le bouton “sechage” du Pogo 40 de Gwen !
Le vent est doucement retombe hier soir avec la nuit, et vers 0h30 locale, c’est a dire heure de Greenwich (on approche !!), on a lance le moteur, que nous avons garde allume jusqu’en debut d’apres midi, comme nous l’avions prevu a peu pres. Le vent est depuis etabli quasiment d’W, toujours assez faible (moins de 10 nds), mais il nous permet d’avancer tres confortablement au portant sous Gennaker et grand voile pleine a pres de 6 nds, sur une mer plate. Adieu (ou peut etre seulement au revoir…) embruns et gite inconfortable, on a meme pu transformer le temps de la matinee les filieres en immense fils a linge. Chaussettes et calecons de 3 semaines ont ainsi pu prendre un peu l’air, on a meme utilise la lessive ! Toute l’eau de pluie recoltee “a la Moitessier” il y a quelques jours a l’occasion de quelques bons grains y est passee ! Bref, ce soir, nous sommes comme le saucisson, sec, enfin !
Le programme des rejouissances pour les deux jours a venir devrait nous permettre de toucher Gibraltar vendredi matin, avec un bon flux d’W qui nous poussera allegrement pendant tout ce temps. L’approche des cotes nous rend tous un peu febriles !! Nous sommes maintenant a moins de 450 M du fameux detroit !
Cote cambuse, tout va bien, maitre Denis apres avoir fait un inventaire circonstancie des vivres avec Pierre - “Trois boites de lentilles, Une d’ananas, Deux boites de vache qui rit” “Ou est le corned beef ?” “C’est quoi cette boite sans etiquette” “Je sais pas, Ouvre, on verra bien !” voici le genre de conversations entendues pendant l’apres midi - a enfin retrouve ses fourneaux. Hier soir, ragout d’epinards au pommes de terre, ce midi, haricots verts et pommes de terre, ce soir soupe a l’oignon MAISON… Pour notre plus grand plaisir !
Le moral est donc bien remonte, par rapport a la nuit d’avant, qui je vous le rappelle, nous avait laisse un gout un peu sale en bouche ! Denis a meme retrouve de nouvelles BTHM (Blagues de Tres Haute Mer) qu’il n’avait pas ete en mesure de nous sortir pendant les 3 jours de forte brise. Je me souviens meme d’un diner, tous autour d’une lueur palichonne de lampe frontale a LED (ou sont donc passees les lampes a petrole et leur charme fou !) ou Denis, bolino hachis parmentier en mains, n’a pas dit un mot !
Bref, tout va bien a bord, mais nous serons quand meme contents de voir les cotes proches dans 2/3 jours !
A tres bientot
Jerome, et l’equipage de Tchuda Popka 2
[Sent from: 37.7428,-14.605]
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J24 - Moins de 100 milles de la terre ferme
7 février 2007 19:04
En route a 9 nds au 110, a 90 milles du Cap St Vincent (Pointe SW du Portugal)
Voila maintenant plus de 24h que nous sommes au portant dans une bonne brise, qui s’est meme bien renforcee en debut de matinee. Actuellement plus de 30nds de vent a l’anemo, la facture du vent consomme va etre salee ! Mais le portant, meme dans la brise et sous la pluie, ca reste toujours mille fois plus confortable que le pres !! Et en plus on avance bien sur le cap ! Cette bonne brise nous est gentiment envoyee par la 5e depression de notre periple… Comme d’hab, on attend le front tranquillement sous la pluie !
On approche maintenant a grands pas du continent europeen, on devrait passer dans la nuit a une trentaine de milles du cap St Vincent et continuer au large de la baie de Cadix pendant la journee de demain, toujours cap sur le detroit de Gibraltar.
Pour passer ce fameux detroit, il va falloir faire attention aux cargos qui devraient etre assez nombreux mais bien ranges dans leur rails : ceux qui rentrent en Mediterrannee au sud du detroit, ceux qui en sortent au nord. Il va aussi falloir compter avec le courant de maree, de faible importance normalement (jusqu’a 1.5 ou 2 nds) mais avec le fort vent d’W que nous aurons, nous essaierons de franchir le detroit avec le courant, c’est a dire soit avant 22/23h si vraiment on est bien en avance sur notre tableau de marche, soit apres 5h du matin vendredi, ce qui est le plus probable, auquel cas nous serons peut etre amenes a ralentir notre progression dans la journee de demain pour ne pas etre trop tot.
Suivant notre heure de passage, nous nous arreterons soit tout de suite apres le detroit a Ceuta, si on est de jour a ce moment la, soit un peu plus tard sur la cote andalouse. L’objectif de cet arret au stand qui sera probablement tres court est principalement de refaire le plein de notre reservoir de carburant pour le moteur, de nos jerricans d’eau douce (pas pour la boisson, il nous en reste encore tant et plus) et de prendre une petite douche bien meritee. Ensuite, et toujours suivant la meteo, nous reprendrons la mer pour rejoindre Marseille, que nous pourrions toucher en debut de semaine prochaine, au terme d’un long et magnifique voyage !
Bonne soiree a tous et a tres bientot
Jerome
Le souffle des dauphins, par Denis
Il m’arrive parfois, lorsque la mer est calme, que le vent caresse les voiles, d’entendre tout pres le souffle des dauphins. Ils nous entourent, passent et repassent, et dans leur souffle, il me semble les entendre dire : “Sois le bienvenu dans notre monde, etranger, drole de bete vivante, assis sur ton poisson volant, fait de plastique et de tissus, une aile dans l’eau, l’autre dans l’air. Ne t’inquiete pas, nous veillerons sur toi, le temps de faire un bout de chemin ensemble.” Dans ce souffle que j’entends, et dans ce message que je devine, je ressens plus d’humanite que dans le souffle des discours de beaucoup d’hommes.
Entendre le souffle des dauphins, jamais je ne m’en lasserai, et j’espere m’en impregner longtemps, pour qu’arrive a terre, le souffle des hommes presses, stresses, surbookes, ne m’entraine pas dans leurs chemins. Je prefere continuer a suivre celui que m’indique le souffle des dauphins.
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J25 - Trois continents
8 février 2007 17:32
En route a 12 noeuds au 105.
(oui, oui, 12 noeuds !
A midi on dejeunait a l’interieur sur le mode :
- Tu peux me passer le sel s’il te plait ?
- Oui, oui. Tiens, on surfe a 16 noeuds.
- C’est bien. Tres bonnes, ces pates…)
L’Amerique, reconnaissons-le, on n’en a pas vu grand chose. A peine quelques jours sur un petit confetti verdoyant perdu au bord de la mer des caraibes, dont on a surtout decouvert l’aeroport, le Cora, le shipchandler et les restos de la marina. Mais cette nuit, c’est entre deux nouveaux continents que nous devrions nous glisser en entrant dans le detroit de Gibraltar.
Depuis 24h, la valse des cargos a commence. Certes, ce n’est pas la Manche, mais le traffic est tout de meme intense et les bateaux se succedent : tankers, porte-conteners, ferries, et meme un bateau d’installation ce matin - mais qui n’etait pas de la flotte Saipem ! Pour l’instant, tous suivent la meme direction que nous, ce qui facilite la navigation. Les cargos passant dans le sens Ouest-Est longent la cote europeenne, tandis que ceux qui sortent suivent la cote africaine. Plus tard viendront les douaniers ou les ferries qui traversent dans le sens nord-sud. En cas de doute ou de mauvaise visibilite, notre radar est la pour nous donner un coup de main.
Un detroit, c’est une porte dans deux directions a la fois (et 4 sens, pour les matheux !). Pour nous, c’est le point de passage de l’ocean des grandes decouvertes a la mer d’Ulysse, si bien baptisee “berceau des civilisations”. Pour d’autres, c’est le point ou deux continents se regardent. Lieux d’echanges et de traffics, de voyages organises ou de departs clandestins vers les mirages de l’Europe. Ironiquement, les aleas de l’histoire ont donne un nom arabe (Le djebel Tahar, devenu Gibraltar) au rocher de la rive nord, qui est maintenant britannique, tandis nos instructions nautiques designent les montagnes de la rive sud sous le nom de sierra Bullones au Maroc. Pour brouiller un peu plus les pistes, l’extremite est de la rive sud (vous suivez ?) s’acheve par l’enclave espagnole de Ceuta. Ceuta qui pourrait bien etre le port d’une etape express, histoire de refaire le plein de gazole et d’eau par securite, vider les poubelles, faire une inspection de la grand voile et - qui sait - peut-etre prendre une petite douche ?
Pour etre sur qu’on ne s’ennuie pas Gwen nous fait parfois des petites blagues, je laisse Jerome vous compter la derniere.
Guillaume
Hier mercredi apres midi, Gwen notre armateur prefere, nous envoie un petit email bien sympathique, nous annoncant un front a 40 nds etabli pour la nuit de jeudi a vendredi (ce soir donc) pile poil la ou nous esperions etre, c’est a dire a Gibraltar. Lorsque nous avons releve notre boite aux lettres, un peu plus tard dans l’apres midi d’hier, nous etions alors sous un bon 35 / 40 qui ressemblait bien a un front froid [Note du traducteur : comprendre pluie diluvienne et vent a decorner les boeufs]… Son seul conseil : “Ralentissez un peu pour laisser passer le front et n’etre a Gibraltar que vendredi dans l’apres midi” - en gros, faites le dos rond et attendez en mer tranquillement, alors que notre programme pour vendredi c’etait plutot d’etre bien tranquillement attables a un bistrot a Ceuta ou ailleurs !
Et surtout, ce mail remettait un peu en cause toutes nos previsions meteo, base de notre securite ! Bref, un peu de stress… Et verifications faites, en fait il s’agissait d’une prevision meteo dans un autre creneau - non un creneau horaire, mais un creneau journalier - a J+1, et le dit front etait bien celui passe hier mercredi soir, et qui nous avait bien rinces, une nouvelle fois !!
A nouveau un tres grand merci a tous ceux qui nous envoient des encouragements sous la forme de commentaires sur notre site ! Nous les lisons avec delectation ! Merci aussi a nos amis marseillais, tous prets a nous accueillir, j’espere qu’on arrivera bientot pour profiter de votre accueil (et de vos baignoires !). Philippe, ce sera pour la prochaine fois, mais ton enthousiasme etait a la hauteur de mes esperances ! Laurent, pas sur qu’on puisse saluer le rocher aussi dignement que tu le demandes, on y sera de nuit… Merci au passage a ZeDoc qui me permet d’etre bien au sec et de garder seche ma toute nouvelle veste, que je garde pour les grandes occasions a venir !
A tres bientot
Jerome, et tout l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 36.123,-7.413]
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Escale a Ceuta
10 février 2007 00:42
Bonjour a tous,
Voici des nouvelles (un peu tardives) de nos marins : ils sont bien arrives a Ceuta vendredi matin a l’aube. La douche a ete tres appreciee, ainsi que les restaurants du coin. Ils repartent demain direction l’Espagne. Je leur laisse le soin de vous raconter le passage du detroit de Gibraltar ! :-)
Tous vos encouragements sur le blog sont de veritables moteurs pour eux, ils vous remercient encore, et comptent sur vous pour les derniers jours de ce convoyage !
A bientot
Adeline
PS : merci de ne pas repondre a ce mail (auquel ils n’ont pas acces) mais de mettre vos commentaires sur le blog !
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J27 - Les pieds sur terre
10 février 2007 19:03
En route au 50 a 8 noeuds
Bon, notre dernier post - relaye par Adeline - etait un peu laconique. Mais nous avons une excuse, de taille : nous etions a terre ! Et apres 25 jours de mer, je l’avoue : nous etions plus presses de voir si nos jambes fonctionnaient encore normalement que de nous precipiter sur un clavier d’ordinateur…
L’arrivee fut assez agitee : le detroit nous a fait un coup de Trafalgar en nous dispensant 35 noeuds de vent dans l’avant port de Ceuta, soulevant des giclees d’embruns pendant que nous affalions les voiles. Cette manoeuvre demande un peu de temps car sachant que nous partions pour plusieurs semaines de navigation, nous avions tout assure avec des petites garcettes qu’il fallait defaire. Apres une nuit de traversee du detroit au milieu des cargos, aides par la station de regulation du traffic basee a Tarifa, nous voila donc a faire des ronds dans l’eau en nous abritant sous le vent d’un ferry a quai. Puis nous rentrons dans la marina, attrapons une pendille, et nous mettons pied a terre ! Pour nous remettre de cette longue manoeuvre, nous partons - a 6h30 du matin - en quete d’un bar ouvert. Nous avons surement un petit air d’extraterrestres a deambuler sur les belles avenues de Ceuta, bordees de boutiques de luxe et de produits detaxes, avec nos bottes, nos cires et nos tetes mal rasees. Et c’est encore mieux quand nous penetrons dans un bar et commandons une tournee, alors qu’a la table d’a cote les gens prennent leur petit dejeuner.
Drole d’impression de se retrouver a terre. On retrouve quelques plaisirs insoupconnes : se doucher bien sur, s’habiller avec ses deux mains a la fois, sans en garder une pour se tenir en equilibre, remettre des chaussures et un pantalon, faire fonctionner ses jambes (ouf, nous savons encore courir !), puis plus tard flanner dans les rues, se perdre dans la foule bigaree de cette petite presqu’ile, discuter un peu en espagnol, gouter queso manchego, jamon serrano et chipirones. Et apres une grande journee passee a arpenter la ville, passer une nuit au calme et s’endormir sur une couchette a l’horizontale…
Aujourd’hui, c’est la deuxieme traversee de notre periple : apres la transat, nous voila partis pour une transmed ! Plus modeste pour l’instant, puisque nous faisons un arret technique a Torremolinos cette nuit, sur la cote andalouse. Dans les grains d’hier, un superbe arc en ciel nous a montre la voie en emjambant le detroit, comme un symbole des liens entre une rive et l’autre. Vous avez compris que la gastronomie tient une place importante a bord, donc pour marquer cette transition Afrique-Europe, le menu du jour etait couscous a midi, paella ce soir. Le tout accompagne de succulantes oranges marocaines
Nous avons aujourd’hui deux pensees particulieres. L’une pour l’ecole d’Hodeng au Bosc qui recevait aujourd’hui la visite de Gwench’lan. Merci Gwen, merci Marie-Anne et merci a toute la classe pour vos encouragements. Et a notre tour de vous poser quelques questions : - est-ce que le schmilblick est un instrument ? - est-ce qu’on peut le regler ? - est-ce qu’il sert a faire avancer le bateau ? - est-ce qu’il y en a plusieurs a bord ? Et puis nous accompagnons Denis pour souhaiter a Marie-Christine un excellent anniversaire, on arrive bientot pour le dire de vive voix.
Guillaume, et l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 36.470,-4.653]
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J28 - Arret technique a Torremolinos
11 février 2007 19:47
A quai, a Torremolinos
Encore un petit mail bien court, pour vous donner quelques petites nouvelles. Tout va bien a bord, nous avons passe la journee a reparer les quelques petites sequelles du passage de Gibraltar. Ceci nous a permis de bien faire connaissance avec les subtilites techniques du greement de notre cher Tchuda Popka… Meme a quai, ce bateau est tres physique !!
Nous allons repartir sitot une petite soupe avalee, pour entamer la derniere partie de notre periple. Souhaitez-nous bon vent ! Un mail plus long viendra vous relater cette premiere nuit sur la Mediterrannee demain.
Bonne nuit a tous !
Jerome et tout l’equipage de Tchuda Popka 2
[Sent from: 36.595,-4.512]
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J29 - Sur la mer d’Alboran
12 février 2007 18:56
En route au 45 a 8 noeuds
Ouf, apres une nouvelle journee d’immobilisation technique, nous voila repartis en direction de Marseille. Notre derniere escale ne fut pas de tout repos. Apres quelques negociations pour pouvoir rentrer dans le port, nous decouvrons les barres d’immeubles, la marina kitch et la fievre du samedi soir de Torremolinos. Puis hier, la grande activite fut le demontage puis le remontage integral de notre grand voile pour pouvoir l’emmener chez un maitre voilier lui coudre une petite piece sur la chute. Cela n’est pas une mince affaire, la voile est lourde et encombrante meme a quatre, et il y a bon nombre de manoeuvres a degreer pour pouvoir l’enlever du mat. Enfin, avec l’envoi de la voile de cape, cela fait une nouvelle manoeuvre que nous aurons apprise. Et hier soir apres un repas rapide, nos etions prets a reprendre la mer et retrouver le rythme des quarts.
Depuis le passage du detroit, c’est sur un nouveau terrain de jeu que nous evoluons. Pour l’instant, il s’appelle mer d’Alboran (Pourquoi Alboran ? Je ne veux pas concurencer le Schmilblick mais si quelqu’un a l’explication de ce nom, il gagne un mini-carembar a venir chercher a bord !). La transat est faite, nous avons perdu ce pincement d’inconnu qui nous a accompagne pendant 25 jours, ce sentiment permanent de decouvrir une nouvelle facette de la navigation, une nouvelle forme de voyage, un nouvel univers d’aventure collective. Nous retrouvons maintenant un type de croisiere que nous connaissons d’avantage. Mais la navigation n’en n’est pas moins belle, et mon quart de ce matin restera un beau souvenir de cette traversee.
La mediterranee n’est jamais a court de surprises, et pour feter la reprise de notre navigation, elle nous a prepare un petit vent dont elle a le secret. Il leve rapidemant une mer tres courte, mais aujourd’hui nous sommes au grand largue. Je prends la barre pour profiter des vagues, et le bateau se met a nouveau a glisser en douceur. 16.9 noeuds, ce matin pour une fois je parviens a mieux barrer que le pilote automatique. La mer s’est bien rafraichie depuis l’Atlantique, et ce matin le plancton est tres lumineux. Bientot, ce sont trois dauphins qui viennent y tracer une trajectoire phosphorescente. On peut les suivre jouer sous les vagues, zigzaguer devant l’etrave et plonger sous la coque. Par moment, le trait de sillage s’interrompt et on les apercoit sauter dans la nuit.
Tout en contemplant ce spectacle, je garde un oeil sur la guirlande de lumieres qui nous entoure, car nous sommes a nouveau sur le chemin des cargos. Ils restent groupes jusqu’au Cabo de Gata que nous doublerons tout a l’heure, puis leurs routes divergent soit pour remonter vers l’Europe, soit pour poursuivre vers la mediterranee orientale et le canal de Suez. Le vent nous fait couper leur trajectoire, j’en distingue sept sur l’horizon et j’en compte onze sur l’ecran du radar ! L’un passe a quelques centaines de metres, j’entends le ronflement de son moteur… et je me rejouis d’autant plus d’etre a la voile.
Quand les quarts sont animes le temps passe plus vite. Deja le jour se leve, les lumieres des cargos s’estompent sur le ciel qui s’eclaire. Sous le vent, des nuages lenticulaires forment comme une pile d’assiette qui annonce le relief. Bientot on distingue les contreforts sombres de la Sierra Nevada, puis derriere eux la ligne de crete couverte de neige qui rosit dans le soleil levant. Ce n’est pas sans me rappeler les cimes enneigees du Djurdjura qu’on apercoit souvent l’hiver quand le soleil se leve sur Alger. D’ailleurs, les cotes algeriennes sont a moins de 80 milles, et en ecrivant ce mail c’est la marine algerienne que j’entends appeller a la VHF pour annoncer un BMS sur les cotes de Ghazaouet, Oran et Mostaghanem.
En entamant cette cinquieme et derniere semaine, je ne peux que remercier Jean-Francois, Karine et Jacques qui m’ont permis de faire un aussi beau voyage a la voile ! Et merci aussi a Adeline qui nous fait parvenir chaque jour les commentaires du blog, pour notre plus grand plaisir. A bientot,
Guillaume, et l’equipage de Tchuda Popka
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J30 - Voila l’ete, voila l’ete-e-e !! (sur l’air des Negresses Vertes)
13 février 2007 18:03
A huit noeuds et demi, au 355
La Mediterrannee, apres nous avoir bien rappelee qu’elle peut sans probleme infliger de bons coups de bambous meme a ceux qui viennent de se traverser tout un ocean, et qu’il faut la traiter avec respect et humilite, nous offre aujourd’hui ce qu’elle a de meilleur : l’ete en fevrier. Depuis plusieurs semaines, vous nous annoncez des meteos sur l’Europe qui auraient pu en decider plus d’un a renoncer, et a changer de cap pour rester a l’ecoute du souffle des dauphins cher a Denis. Nous aurions ainsi pu nous arreter en chemin et visiter les iles des Caraibes que nous avons seulement entr’apercu sur la carte, ou encore les Acores… Maintenant certains vont meme jusqu’a nous souffler l’idee de pretexter je ne sais quel probleme technique ou d’avitaillement pour passer quelques jours a Ibiza toute proche. C’est sur qu’avec le temps d’aujourd’hui, a-t-on vraiment envie de monter jusqu’a Marseille et ses eaux sans cesse refroidies par le Mistral ? Je detaille un peu, juste pour vous faire baver, de Libourne a Minneapolis : au lever du soleil, un peu avant 8h, il faisait deja bien doux… et le vent faible renforcait cette impression de douceur. Nous avons ensuite allume le moteur quelques heures dans la petole, et pendant ce temps le soleil montait dans le ciel bleu azur et limpide… A midi, les T-shirts etaient de sortie, ainsi que chapeaux et lunettes de soleil, pour un apero au pastis, en l’honneur de la cite fosseenne. A plusieurs reprises, on a chacun entonne des “Voila l’ete, voila l’ete-e-e” ou des “ah la la la, ca tape dur ce soleil aujourd’hui !”.
Mais ne doutez un instant de notre determination a rejoindre les notres a Marseille au plus vite. Chacun y va de son commentaire sur les options meteo a prendre. Ainsi, hier soir, apres avoir double au large le cap de Gata a l’est d’Almeria, nous avons continue quelques heures plein E, pour essayer d’eviter une zone de calmes annonces par Nicolas (dont nous saluons au passage la rigueur du suivi de notre meteo, assurant depuis le debut notre routage avec Gwench’lan). Et il en faut de la persuasion, pour convaincre tout le monde que “Oui c’est sur, cette fois ci on fait 10-15 milles en trop, mais c’est pour aller plus vite demain !!” Et aussi pour subir les quolibets quand au petit matin on embraye le moteur !! Mais le vent est vite revenu dans la matinee, et nous sommes maintenant bien relances sous gennaker dans 15 nds de vent de SW, sous un soleil de plomb !
Nous sommes donc a une trentaine de milles de la cote espagnole, et nous preparons a passer cette nuit entre le Cap Nao et Ibiza, l’ile des Baleares la plus a l’ouest. Nous devrions garder du vent portant toute la nuit et toute la journee de demain, pendant qu’un bon petit coup de Mistral s’essoufflera doucement (esperons le, prions tous Eole et les autres dieux !) dans le Golfe du Lion, pour nous laisser le champ libre vendredi pour notre derniere traversee, celle de ce fameux Golfe, dans un vent qui devrait etre revenu portant et plus calme.
Pour terminer sur la note estivale, je vais maintenant vous detailler un peu notre menu de ce midi, dejeuner pris pour une fois plage arriere sans nos cires complets je vous le rappelle, et sous un beau soleil. En apero, en canapes sur un divin pain aux olives fraichement prepare par Denis dans la matinee, saucisson et pate landais, suivis, toujours accompagne dudit pain, d’une piperade a la nicoise, et en dessert, oranges marocaines (vive l’escale a Ceuta, pourtant decriee par certains ;-) . Qui dit mieux ??
Parmi les autres points vraiment marquants de cette nuit, outre le passage de nombreux dauphins entoures de plancton phosphorescent toujours magnifiques, il y a eu le passage a deux reprises du fameux meridien de Greenwich : j’ai ainsi pu prendre en photo le GPS affichant 0 00,000 en longitude… Il faudra maintenant que nous pensions a ne plus mettre de “-” sur la longitude de nos positions (sauf quand, comme maintenant, nous repasserons a l’ouest…) !! Nous avons donc parcouru plus de 60 degres de longitude depuis notre depart de la Guadeloupe !
Voila pour aujourd’hui, merci encore a tous pour vos encouragements. Ca nous a fait tres plaisir de lire le compte-rendu de la visite de Gwen et de notre coup de fil a l’ecole de Hodeng au bosc. Sur Tchuda Popka 2, tout va bien, notre grand voile est (presque) comme neuve, et les autres petites avaries en mer seront reparees a l’arrivee a Marseille.
Pour le Schmilblick, voici nos questions du jour : - est-ce que le schmilblick se mange ? (bien cuites, beaucoup de choses peuvent etre mangees…) - est-ce que le schmilblick fait du bruit ? - est-ce que le schmilblick est facile d’entretien ? faut-il le laver ?
Bonne fin de journee a tous et a demain pour la suite de nos aventures !
Derniere minute : apres la discussion autour de l’option meteo de la nuit (Option Est - ne t’inquiete pas Gwen, on ne passe pas par la Corse, et on reste bien a portee des cotes et en particulier de Barcelone pour s’y refugier en cas de Mistral vers la fin), on a eu une nouvelle discussion tres interessante sous un nuage du 3e type, qui nous donnait une bonne bascule : “Vous etes surs qu’on n’a pas tricote a l’envers toute l’apres midi ?” –> je crois bien que si… mais bon, c’est pas tres grave, on n’a probablement perdu que quelques milles sur les 390 qu’il nous reste a parcourir !
Jerome et tout l’equipage de Tchuda Popka 2
PS : au menu ce soir : crepes !!
[Sent from: 37.767,-0.12]
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J31 - Voila l’hiver, voila l’hiver !
14 février 2007 18:17
A 7 nds au 50
J’en viens presque a soupconner certains d’entre vous d’avoir, trop degouttes a la lecture de notre compte-rendu de la journee d’hier, eu quelques mauvaises pensees a notre egard et attire sur nous une petit soupcon d’hiver ! Pour la premiere fois depuis Pointe-a-Pitre, nous avons eue une bonne nuit bien humide, a la bretonne, avec cargos et brouillard ! Heureusement le vent etait clement et nous avons pu bien avancer, guides par notre radar tres efficace pour detecter et suivre cargos et pecheurs dans la nuit sans visibilite. Mais ce fut tout de meme bien fatiguant, a sans arret faire l’aller-retour pendant nos quarts entre la descente pour surveiller les afficheurs de notre chere NKE et la table a cartes pour y allumer par intermittence le radar.
Apres cette nuit assez differente des precedentes, il a fallu prendre une nouvelle fois des options meteo, apres le passage entre l’Espagne et Ibiza. Nous sommes donc rentres assez profondement plein nord dans le golfe de Valence, au grand largue, en prevision d’une rotation du vent vers le NW qui nous est annoncee pour cette nuit.
En fin de matinee, Denis venait de sortir son sextant, je consulte l’anemometre, qui commence a monter serieusement, et lui suggere de ranger son engin delicat. Nous roulons tous les deux le gennaker, empannons pile au bon moment pour profiter d’un debut de bascule, envoyons la trinquette. Pendant ce temps, l’anemo monte encore. A 25 noeuds, quelques 20 minutes plus tard, nous prenons le 2e ris. A 30, encore 20 minutes plus tard, on reduit la trinquette, a 35 on prend le 3e ris… Bref en une heure de temps on est passe de gennaker + GV 1 ris a trinquette arisee + GV 3 ris !! Il parait que c’est ca la Mediterrannee !
On s’envoie ensuite une bonne petite salade de riz, et hop l’anemo s’y remet, soutenu par le barometre. L’un monte, l’autre baisse… et on flirte les 45 noeuds dans une ou deux rafales, toujours au portant. Profitant d’une molle a 35 nds, on affale completement la GV, pour souffler un peu, et faire redescendre le speedo qui a lui aussi a bien monte, a plus de 12 nds en regulier, et quelques surfs a 15/16 nds… Sous trinquette arisee seule, c’est plus cool, et le vent nous lache… et retombe a 12 / 15 nds. A ce moment la, un nuage ultra bizarre nous passe par dessus, on aurait dit un rouleau qui s’enroulait sur lui meme, horizontalement… Mais plus trop d’inquietude, car le baro, apres avoir fait un beau plongeon (-1.9 hPa en 1 h au plus fort) etait sur la pente remontante !
Bref, beaucoup de manoeuvres, et c’est surement pas encore fini… Vivement Marseille, si tout va bien en fin de journee de vendredi !
A part ca tout va bien a bord, on entame nos dernieres reserves, on ne va pas arriver affames, mais ca fait un bon nombre de jours qu’on n’a plus de chocolat !!
Guillaume a une pensee pour Alban en passant devant Valence, et une autre pour le Capitaine Haddock quand nous croiserons au large de Sitges cette nuit.
Bonne nuit a tous et a demain ! (mangez du chocolat en pensant a nous !)
Jerome et tout l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 40.027,1.042]
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J32 - Le Pogo c’est quand meme bien crevant !
15 février 2007 18:33
Au moteur a 5 nds au 47
Voila plus d’un mois que nous sommes en mer sur Tchuda Popka 2, certes en comptant deux escales de courte duree, et nous sommes tous bien fatigues. Nous n’en avons pas beaucoup parle dans ces mails quotidiens, mais nous ressentons tous apres ces quelques 4000 milles parcourus sur l’Atlantique et la Mediterrannee, une grande fatigue physique. Nous vous avons surtout relates nos grands moments, mais donne peu de details sur la vie a bord telle qu’elle est reellement. Et Tchuda Popka n’est qu’un cousin tres eloigne des palaces flottants que nous visitons tous au salon nautique chaque annee.
Je vous propose de reprendre rapidement les quelques semaines ecoulees. Pendant les 5 premiers jours, nous etions au pres en permanence dans l’Alize, un bon force 6 de haute mer, certes au chaud, mais aussi au mouilles en permanence : douches d’embruns a l’exterieur, sauna a l’interieur, le tout avec 15 / 20 degres de gite… On s’est vite amarines, mais on a aussi decouvert que physiquement, c’etait un beau challenge pour 4 equipiers certes sportifs, mais pas entraines a lutter jour et nuit contre la gite et a faire les efforts particuliers pour regler des voiles tres puissantes. On a ensuite passe 15 jours dans le train de depression des 30 degres de latitude nord, toujours sur le qui-vive, pour regler et ajuster la voilure, avec les differentes peripeties dont nous nous souvenons tous : grains memorables et eprouvants, physiquement et moralement. Au passage des Acores, nouvelle depression qui nous a contraint a naviguer pres de 72h au pres-bon-plein dans 30 noeuds de vent, tres dur physiquement a nouveau, avec les contraintes importantes sur la vie a bord qui vont avec la gite importante et le bateau qui tape dans les vagues… Gibraltar et son coup de Trafalgar ont aussi laisse de lourdes sequelles sur l’equipage, et nous sommes arrives a Ceuta, grand voile blessee et moral dans les chaussettes ! Heureusement, 30 heures plus tard, le moral etait de retour, et nous voila a nouveau en mer, avec une solution bien ficelee pour reparer la GV. A Torremolinos, grace au climat de la station balneaire la plus chaude d’Europe, nous avons bien pu y recuperer, tout en continuant a nous depenser physiquement pour remettre le bateau en etat de traverser la Mediterrannee. Et vous vous souvenez surement des recits des deux journees et nuits musclees que nous avons passees hier et il y a 3 jours, a nouveau extremement eprouvantes physiquement, avec moult manoeuvres, prises de ris et empannages dans du vent fort…
Detaillons aussi le deroulement d’une des 30 nuits que nous avons passees en mer. Habituellement, Guillaume prend le premier quart, vers 20h, juste apres le diner. Denis reste a moitie habille / endormi, pour etre pret a bondir si besoin, il prend son quart a 23h. Je lui succederai vers 2h du matin, et Guillaume reviendra sur le pont vers 6/7h. Quant a moi, j’ai souvent du mal a trouver le sommeil a ce moment, me demandant a quelle sauce nous allons bien nous faire manger cette nuit : je re-regarde la meteo, la nav, les milles parcourus et restant, le barometre qui se prend souvent un petit plongeon a ce moment la… Et tres souvent, vers 21h/22h, tout ce petit monde se retrouve sur le pont pour prendre un ris ou manoeuvrer… Retour a la banette, il faut arriver a retrouver son sac de couchage, se deshabiller (retirer harnais, veste et salopette de quart, bottes et chaussettes) d’une main (l’autre sert a se tenir pour ne pas tomber) et se glisser dans un espace qu’on a du mal a qualifier de couchette, tant il est bizarrement penche. Le tout en essayant de ne pas reveiller ceux qui dorment deja… Quelques heures plus tard, quelqu’un de tres mal intentionne vous reveille en disant : “Le vent monte encore, habille toi vite et vient m’aider a prendre le 3e ris…”. En fin de nuit, Guillaume me reprend le quart, vers 6 ou 7h du matin, mais la journee commence deja, et si on veut a la fois recuperer un peu de sommeil, envoyer un mail a Gwen avec notre nouvelle position pour pouvoir faire le point sur la suite dans la matinee, et avaler un petit dejeuner, il faut bien viser… Le tout avec de nouvelles manoeuvres que le petit pere Guillaume, bien repose, nous propose gentiment : “On est toujours avec 3 ris, et il n’y a plus que 15 nds de vent, on renvoie la toile et on prepare le gennaker ?”. Et hop, la petite sieste d’apres le quart y passe ! Pierre s’est joint a l’un de nous pendant la nuit, a tour de role, et c’est alors un quart different pour celui qui est en binome avec lui : plus reposant car il peut veiller et surveiller sans relache, et aussi plus facile pour manoeuvrer au besoin, car on n’a alors pas a reveiller l’un des dormeurs pour aller lacher un ris ou en prendre un supplementaire. Et hop, la matinee est deja bien avancee, et il faut penser au repas : d’abord faire la vaisselle de la veille “Passe moi un seau d’eau de mer” (derriere ca, il y a un serieux parcours du combattant pour aller le prendre ce seau d’eau de mer !), et epluchage (toujours a une main…) de quelques patates, cuisine gastronomique ou il faut sans cesse se cramponner et se retenir d’une main, tandis que l’autre tente difficilement de retenir la cocotte qui a decide de ne pas rester la gentiment… Bref, la moitie de l’energie du repas y passe deja dans sa preparation ! Mais les bolinos et autres lyophs, c’est pour la regate ou le tres gros temps !
A la lecture de ces quelques lignes, vous vous demanderez sans doute comment Gwen a reussi a faire tout ca tout seul : nous aussi on se le demande, et rien que d’y penser on est encore plus fatigues… en plus il a ete carrement plus vite que nous, en solo ! Gwen, tu as vraiment notre respect infini, et on aimerait bien faire un petit tour avec toi sur ton joli bateau, pour prendre une bonne lecon !
Ah, ce Tchuda Popka, il nous en a pris de l’energie ! Mais aussi, qu’est-ce qu’il nous a donne comme moments inoubliables, que je ne vais pas essayer de resumer ici : ils sont pour beaucoup racontes dans les nombreux mails que nous avons envoyes au jour le jour, et d’autres qui ne se racontent pas mais se vivent uniquement, mais tous graves au plus profond de chacun d’entre nous. Parmi ces moments forts, la lecture de vos encouragements (relayes par Adeline) a compte pour beaucoup, et a ete un reconfort quotidien.
Et ce n’est pas encore fini ! Il nous reste encore quelques 120 milles a parcourir avant de fouler le quai du Vieux Port de Marseille, si tout va bien demain en fin de journee, plus tot si le vent revient comme annonce par notre meteo. Et ces derniers milles, on en profite a fond, certains de ne pas revivre de si tot une telle aventure. Ce matin, apres une nuit encore tres eprouvante (rafales a plus de 40 nds), nous avons eu le plaisir de voir au loin les sommets enneiges des Pyrenees (”Quand on voit Pyrenees, on a de la neige plein les pieds, Quand on voit le Canigou, on a de la neige jusqu’au cou”), et de passer une nouvelle superbe journee tres ensoleillee et avec jusque ce qu’il nous fallait comme vent pour bien se reposer. Quoi de mieux pour feter l’anniversaire de Pierre ?
Bonne nuit a tous, et a demain pour notre dernier message envoye en mer (inch’allah) !
Jerome et tout l’equipage de Tchuda Popka 2
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J33 - Terre !
16 février 2007 12:39
Ce n’est pas la premiere terre que nous voyons, mais celle-la c’est la notre ! La traversee du golfe du Lion commencee au moteur toute la nuit et ce matin se poursuit depuis une demi-heure a la voile, et cette fois la cote est en vue. Arrivee prevue vers 18h, on vous tient au courant.
A tout de suite !
Guillaume, et l’equipage de Tchuda Popka
[Sent from: 42.823,4.747]
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J33 - Top arrivee !
16 février 2007 20:45
A quai, a 0 noeuds…
Ce sont les montagnes de Provence qui sont apparues les premieres. Puis les falaises des calanques, d’abord ligne uniformement brumeuse, avant de voir se detacher l’ile Riou, l’ile Maire, bientot le grand phare du Planier… Et bien sur la bonne mere sur sa coline dominant le vieux port. Peu a peu le relief apparait plus nettement, les details de la cote se revelent : les rochers des collines, les immeubles de Marseille, le Frioul et le chateau d’If, les cargos qui croisent dans la rade. 12 noeuds de vent d’Est nous poussnt gentiment au travers sur une mer toute plate, sous un soleil radieux. Que rever de mieux pour l’arrivee d’un si beau voyage ?
Inutile de dire qu’a bord l’ambiance est euphorique : cette fois nous touchons au but ! On s’active a preparer l’arrivee, mettre un peu d’ordre a bord, passer les premiers coups de fil. On reve deja des retrouvailles, du pastis sur les quais du vieux port, de glisser le cire et les bottes au fond du sac. Et malgre ca, les habitudes restent : pour feter l’evenement, Denis nous prepare un pain aux olives dont il a le secret.
Encore une heure et nous entrons dans le vieux port dans le soleil couchant. Sur le quai, Gwen et Adeline nous attendent pour nous souhaiter la bienvenue. Le champagne est de rigueur sur les pontons pour feter dignement cette arrivee. Maintenant nous filons a la douche avant un bon resto sur le vieux port.
A tres bientot pour vous conter de vive voix cette aventure.
Guillaume, et le reste de l’equipage de Tchuda Popka 2
[Sent from: 43.295,5.377]
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Une première vidéo est en ligne !!
22 février 2007 10:37
Voilà quelques jours que nous sommes rentrés, et j’ai enfin réussi à transformer les premières séquences vidéo en un petit film en ligne ! Suivez le lien “Videos” ci-dessus !
A très bientôt pour la suite des photos et des vidéos !
Jérôme
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Le Pogo 40 c’est…
18 février 2007 21:17
Beau
Le probleme principal d’etre seul en mer, c’est que personne ne peut profiter du spectacle offert. Le retour a terre, c’est l’occasion de se montrer. Parader sous les fortifications du vieux port. Peaufiner la manoeuvre d’amarrage et le lancer d’aussières. Et enfin afficher les lignes tendues et racées de Tchuda Popka 2 sous les fenêtres de monsieur le Maire de Marseille (quelle belle ville d’ailleurs). On ne le dira jamais assez, Tchuda Popka 2 est merveilleusement beau !
Un travail d’equipe
Dimanche matin, appartement de Anne et David, Adeline, Jerome et Gwen, en pleine action. La mission: trier, inventorier et ranger la genereuse trousse a pharmacie du bord. Chacun son expertise, Jerome aux principes actifs, Adeline optimisant le rangement et Gwen a la musique. A terre comme en mer, Tchuda Popka 2, c’est avant tout une histoire d’equipe. Equipe de marins ou de supporters, la force est dans la bonne humeur et la joie de vivre. Nos valeureux marins nous l’ont bien demontre pendant ces 33 jours et ensuite sur les pontons marseillais…
Tout une logistique
Allo la terre, ici Tango-Charlie-Hotel-Uniform-Delta-Alpha Papa-Oscar-Papa-Kilo-Alpha. Nous souhaiterions un billet pour Paris au plus tot et un vol pour St Emilion pour demain. A vous. Une transatlantique cela s’organise. Y compris a l’arrivee. D’ailleurs Adeline et moi meme avons passe notre vendredi apres-midi a tout preparer pour que l’accueil des marins soit une reussite. Place de port, restaurant, sans oublier le champagne.
Propre
Pour parler de proprete, je ne peux que ceder ma place a Adeline. Apres son experience (inoubliable ?) d’hier, elle est vraiment la mieux a meme de traiter cet important sujet.
Vendredi, 18h, les pieds a peine poses sur le ponton : « Adeline, contrairement a tes sous-entendus, va admirer comme le bateau est propre ! » s’exclamerent en cœur Pierre et Denis. L’odeur qui s’en dégageait laissait craindre le pire… L’interieur ne m’a pas decue. Au premier abord, pas un poil qui traine, fierte quotidienne de Denis et Pierre. Cependant, une fois les bannettes soulevees, les caisses de rangement sorties, la vraie crasse de 4 grands gaillards pendant 33 jours de mer apparait dans toute sa « splendeur ». Les détails vous seront epargnes, une bouteille d’Ajax entiere et de nombreuses heures d’huile de coude (feminines) en sont venues a bout. Tchuda Popka 2 a retrouve sa couleur blanche, une bonne odeur, des bannettes propres : quel plaisir de re-decouvrir ce bateau sous son vrai jour ! Et au risque de contredire certains, je l’affirme haut et fort : le Pogo 40 (propre), c’est confortable !
Beaucoup de bonheur
Une question qui m’a ete posee a plusieurs reprises le mois dernier: “et cela ne te fait rien de savoir Tchuda Popka loin de toi entre des mains etrangeres ?”. Ma reponse habituelle etait simple : “non pas vraiment, je vis bien la separation”. Mais maintenant qu’il/elle (chacun choisira selon ses preferences) est amarre(e) dans les eaux calmes du port de Marseille, je peux partager avec vous ce sentiment singulier : quel plaisir de se retrouver a bord, de pouvoir prendre le the dans le carre et de pouvoir, allonge sur les coussins, admirer le volume genereux du carre. Un plaisir a partager : il n’est pas impossible que des “petits week-ends entre amis” soient au programme du bateau dans un futur proche.
Adeline et Gwen : l’equipe a terre, satisfaite d’avoir retrouvé ses marins heureux et en bonne sante.
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samedi 24 mai 2008

9 et 10 août mouillage à Etretat


Sous le soleil en compagnie des crevettes...





Si Météo l'avait voulu :
Nous aurions pu par une belle journée de voile , mouiller notre ancre devant Etretat, puis débarquer en annexe et visiter le site. Après une baignade suivie d'un bon dîner, passer la nuit au mouillage dans les bras de Morphée...

Hélas, Poséidon ne l'a pas entendu de cette oreille. Son ami Eole fortement courroucé par notre outrecuidance, a soufflé pendant les deux jours du SO 5 à 6 BF près des côtes , Grand frais au large toute la nuit du samedi au dimanche , nous envoyant en prime une houle moyenne de 70 cm , interdisant tout mouillage en Normandie.
Dans ces conditions , après concertation avec Alain et Benjamin, nous jugeons inutile de faire preuve d'insistance, pas question pour TML de suivre l'exemple d'Ulysse, de jouer les fièrs , et risquer d'être condamnés à errer sur les mers de la baie de Seine entre Etretat et Courseulles ( limites du monde civilisé )
Nous décidons prudemment de modifier notre programme, et de l'adapter aux désirs de Dame Météo.

Les volontaires sont nombreux ! nos trois bateaux remplis d'équipières et d'équipiers prêts pour l'occasion !Benjamin est sur Tailana, Alain sur Salsa et moi sur Nomade. L'équipage est constitué de récidivistes des sorties TML : Christine( ma Dauna), Christa, Héléna, Carole et Ludovic.

Nous appareillons vers 11h pour Ouistréham , un ris dans la GV et un tour dans le génois. Au près toute la journée, nous commençons par virer la LH8 afin de rentrer dans la baie jusqu'à l'embouchure de la Dive. Ces deux longs bords effectués, nous constatons que la mer est nettement moins formée dans la baie. Moins freiné par les vagues le bateau avance plus vite .Nous larguons les ris et tirons ensuite des bords dans la baie sans jamais dépasser la hauteur de la Nord Merville. Nous en profitons pour approcher les côtes de Houlgates , Cabourg et Merville. C'est une succession de villas bourgeoises de styles 19ème surplombant de longues plages de sables. Vers 19h nous rentrons dans le chenal de Caen, et attendons les deux autres bateaux partis plus tard. Il est 20h30 l'heure de la dernière écluse et ils ne sont toujours pas arrivé. Benjamin a appelé l'éclusier : il nous attend !!! il y a encore des gens sympa! à 21h nous sommes dans le port de plaisance. Ouistréham est à 18 Milles du Havre , nous n'avons jamais été en dessous de 4 noeuds mais vent debout , 8 bonnes heures ont été nécessaires pour arriver!. la pluie annoncée n'est pas venue , en fait, elle attendra que nous soyons tous couchés pour tomber abondamment toute la nuit.

Sous les nuages qui défilent , nous nous retrouvons ensemble les 16 marins d'un jour , sur Tailana à prendre un apéritif bien mérité où les un font connaissance, certains racontent les péripéties de la journée et d'autre enfin leurs anecdotes maritimes.

Dimanche matin, à 8h30 nous passons l'écluse, et nous nous mettons à couple sur le ponton d'attente : Quartier libre jusqu'à 11h. L'équipage en profite pour aller flâner sur le marché de poissons. Des jolies petites crevettes vivantes toute sautillantes rencontrées sur l'étal d'un pêcheur vont finir leur journée avec nous, après que nous leur ayons préparé un bon jacouzzi brûlant aromatisé aux herbes . Elles seront accompagnées d'une bonne bouteille de vin blanc qui attends son tour dans le frigo. Pendant ce temps nos amis les Douaniers nous ont fait l'honneur d'une visite dominicale à bord.

Le vent a forci, un bon 6 Bf de SO nous pousse en ligne droite jusqu' au Havre. Sous génois seul nous quittons le chenal de Caen à 11h 15. La météo nous a promis une journée de pluie , mais comme souvent Astarté en a décidé autrement, un superbe Soleil nous accompagne toute la journée de dimanche. A 15h 15 nous coupons la hève.

Sous le soleil, les 16 marins se retrouvent sur Nomade en compagnie des crevettes et du vin blanc pour un dernier petit apéro avant de terminer ce week-end voile au Havre.

Si météo le veut ... , en octobre nous irons faire la fête de la crevette à Honfleur et en novembre la traditionnelle fête du harreng ''su l'quai'' à Fécamp.

mercredi 9 avril 2008

Week-end pêche et voile à Courseulles 3 et 4 mai

L 'équipage,


Démêler des noeuds...

La pêche!

La vente sur le quai.




Les Saint- Jacques !!!Mmmmmm.....



Enfin du soleil, cette première navigation de printemps ressemble à une belle journée d'été . Le soleil brille , la mer est plate , un petit 4 Bf de Nord-Est va nous porter à 4nd en surface, 5nd sur le fond, des conditions idéales pour la pêche. L'équipage est composé de Christa, Michel, Philippe et moi.

A 10h30 direction Courseulles. Après avoir viré la LH12 et réglé les voiles , deux lignes sont traînées, avec tous nos espoirs. Une heure environ plus tard, et quelques zigzags à la barre, 1ere alerte, ya kekchose!!!

Hélas, les lignes se sont emmêlées, nous remontons notre première prise, un énorme sac de noeuds ! Beaucoup de patience plus tard, les deux lignes sont de nouveau opérationnelles. Nous n'en utiliserons plus qu'une : les noeuds ça va bien comme ça;

Bonne surprise! à la VHF, Tailana qui navigue dans la zone ,essaie de prendre contact avec nous , Nomade Nomade Nomade pour Tailana ...parler, c'est toujours magique de converser sur l'eau avec les copains, on à pas grand chose à se dire mais le plaisir est là.

Avant midi nous prenons notre première prise, un beau maquereau, il y en aura 6 autres. Par respect de la nature nous arrêtons là de pécher, nous avons suffisamment de poissons.

17h nous sommes devant Courseulles, bien en avance sur le marée, les conditions météo sont excellentes et pour passer le temps, je pousse jusqu'à Arromanche. Il y a un petit passage balisé par une bouée tribord et bâbord entre les caissons qui restés en place depuis le 6 juin 44, il y en avait 144 à l'époque. La visite des restes du port militaire est surprenante dans un site qui mérite le détour. Il est difficile aujourd'hui d'imaginer ce qui s'est passé devant ce charmant petit village. Michel espère y revenir avant la fin de son stage.

Profitant de la renverse des courants, nous rentrons sur Courseulles à la pleine mer. 21h , après un apéro maquereau '"bretonnant" préparé par Philippe, puis suivi d'une double ration de couscous maison, poussée enfin par un camembert fermier au cidre, nous tombons tous dans les bras de Morphée sans autre objectif que de plonger dans nos bannettes.

Dimanche matin, avant le départ, nous profitons de la vente sur le quai des chalutiers. Des huîtres et de superbes coquilles Saint-Jacques accompagneront plus tard en mer nos maquereaux cuits en papillote.

Le vent, un petit 3bf de Nord-Est, va nous faire louvoyer jusqu'à 15h contre vents et courants au près. La pétole oblige à lancer la bourrique, est c'est à 19h que se termine notre belle sortie.

Si Météo le veut la prochaine sortie sera début Août, mouillage à Etretat.








lundi 18 février 2008

29/30 mars,Voile et Casino à Ouistreham

L'équipage,



Tanker au mouillage,


Tailana dans l'écluse



Rock'n' roll !




La Météo du week-end de Pâques remarquablement exécrable , m'avait fait espérer un week-end de printemps exceptionnellement agréable , et bien c'est raté ! .
Météo France est en grève donc pas de bulletin météo reste à éplucher tous les cites Internet. Les pronostiques sont les suivants :SO pour les deux jours , une échelle de 6 à 8 le samedi avec pluie, renforcement dans la soirée rafales 90 km/h dans la nuit, 4 à 6 le dimanche raffales 7 et Soleil.
L'équipage est arrivé samedi matin frais et dispo, motivé comme des lions. L'occasion pour moi de prendre en main le nouveau bateau de TML , pour cette raison, Benjamin le maître de stage de TML a pris le bord.
Nous embarquons sur Tailana, un rêve d'antilles qui après plusieurs années dans les eaux des caraïbes et une transat en plus , va maintenant nous faire courir la Manche comme de véritables forbans !
Ce bateau en fer, aurait certainement plus à Moitessier, il est simple, robuste, excellent marin , il fleure bon l'aventure avec sa déco intérieure.
Nous appareillons à 10H30 ;l'équipage est composé de Christa, Anne -Sophie, Olivier, Denis et Benjamin.
Précautionneux, nous avons endraillé le génois medium sur l'étai, et mis le solent à poste sur le bas étai.
Grand voile haute nous longeons le chenal du havre. Tiens le soleil est là ! super!! , le vent et de 15 nd SO , la mer plate , il faut y aller vent debout au pré.
voir la vidéo de Olivier sur le lien suivant :
http://uncutvideo.aol.com/users/bogoudard/597264018699b16fc5044a38fb3195ea?index=0


Après plusieurs milles, nous côtoyons les tankers au mouillage....
Le vent monte après une heure de navigation, un ris s'impose. Vite fait bien fait , la manoeuvre est rapidement expédiée, maintenant jusqu' à l'arrivée, des paquets de mer vont rafraîchir tous ceux qui traînent dans le cockpit.
Le soleil va laisser la place aux grains , des rafales à 30 nd environ vont nous décider à prendre un 2eme ris
A 18h nous franchissons l'écluse avec un chalutier derrière nous, reste plus qu'à s'amarrer solidement dans la marina en prévision d'un 90 km/h qui je vous l'avoue ne viendra jamais.
Dans le carré, bien au sec, viens le temps de l'apéro bien mérité : bière et ti' punch , suivi d'un navarin d'agneau fabrication Maison Fousse, accompagné d'un bon fromage fermier de normandie , le tout arrosé d' un cabernet sauvignon Argentin, épaulé par un bordeau.
Reste à s'enrichir , direction le casino, il faut d'abord s'acquitter d'une marche de 2 bons kilomètres dans le vent d' une nuit humide avant d'atteindre le précieux bâtiment. hélas comme une grosse nouille, j 'ai oublié ma carte d'identité et un passager dont je tairais l'identité est en baskets !
A TML rien d'impossible, je suis bon pour un aller et retour au bateau, mes jambes ne diront rien pour ces 4kms supplémentaires, mes équipiers remarquables ne me feront aucun reproche : Merci. Une magnifique paire de chaussures imitation cuir façon babouche du 16ème nous sera ensuite gracieusement prêtée par le club du casino !
Il ne reste plus qu 'à faire trembler les bandits manchots. Beaucoup vont cracher la monnaie dans un bruit de ferraille d'une longueur infinie dont le bruit soulève à chaque fois l'émotion du gagnant.
hélas se ne sera jamais un des nôtres... Nous nous faisons une raison il est difficile d'être heureux aux jeux et aussi en amour, on ne peut tout de même pas tout avoir!
Allégés de nos pièces de monnaies, direction le club du casino où nous allons danser ,danser, danser, comme au bon temps du disco.
C'est à 7h du matin que nous nous glissons dans nos duvets la nuit va être très courte...
12h il est temps de prendre dans la foulée pour certains le petit déjeuner et le déjeuner, vite fait on passe l'écluse de 13h45 et on rentre tranquille au Havre au portant.
Le vent est comme la fortune : aux abonnés absents ! Benjamin envoit le spi , mais rien ni fait , la pétole s'est invitée !
Tampis, on se repose pour certains, d'autres dansent un rock'n roll des familles dans le carré, la soirée continue !
Nous arrivons vers 20h poussés par la risée volvo , sous un déluge de grosses gouttes : bien vu la météo, soleil et portant 4 à 6 rafales 7 qu'ils disaient !
Enfin, voilà encore d'un avis général un super week-end au Havre où la plaisance s'est conjuguée avec plaisir.

prochaine sortie si météo le veut début mai

mardi 27 novembre 2007

Week-end voile à Honfleur 19/20 janvier



Le vieux bassin à la tombée de la nuit


samedi 19 janvier , 13h départ 2ris GV,GN, SW 5 raf 7




Le réconfort après l'effort : ''pot au feu'' maison !



Dimanche 20 Janvier départ devant la lieutenance ( sans étourneaux)




L'écluse !



Voilà une semaine que les différentes prévisions météo sont très pessimistes ( pluie, vent frais,mer forte).Ce Samedi 19 janvier au matin la VHF annonce fin de l'avis de grand frais à 12H UTC, suivi d'un vent secteur Sw 5 rafales 7 , mer agitée, ciel nuageux, avec pour dimanche un 4 à 6 toujours de SW .
L' équipage ,Christa, Carole, Michael, Ludovic, Alain et Denis se décide : on y va !


Mais d'abord, un briefing de sécurité pour les membres de l'équipage qui sont pour certains venus découvrir la voile, ils viennent du nord de la France ( ils sont costaux dans le Nord ! ), suit ensuite un rapide déjeuner au port, et enfin, les harnais sont réglés et capelés, il est 13h, en route pour Honfleur.

Une heure plus tard, Nomade le bateau de TML vire de bord à la LH12 , puis vent debout, on tire des bords jusqu'à l'entrée du chenal de la Seine. A ce moment un super souvenir fait surface, il y un an jour pour jour, j'étais par L 26°07' Nord, 69°41' Ouest à bord de Tchudapockta2, j'ai une pensée pour mes amis...nostalgie quand tu nous tiens!
Trois heures plus tard, nous sommes devant l'écluse , un petit nettoyage du pont s'impose, le métier rentre pour nos débutants. L'éclusier n'a vu personne de la journée, nous allons le divertir , il ne va pas être déçu du spectacle ! il n'y a pas de cow-boys à bord, attraper des bites au lasso n'est pas chose facile, ceux qui connaissent cette écluse comprendront...promis juré demain on ne se loupera pas !


Enfin, à 17h30 sous les flashs des badauds qui déambulent prés de la lieutenance nous entrons dans le vieux bassin, miracle des navigations d'hiver : il y a de la place et personne pour venir nous réclamer les frais de port.

La nuit tombante, nous visitons les ruelles et monuments de Honfleur, la promenade se termine par deux bouteilles de cidre sur une terrasse du vieux bassin avant d'attaquer le pot au feu maison. Enfin pour faciliter la digestion, un dernier petit verre dans un jazz bar où l'excellence de l'interprétation du musicien ne va pas empêcher le chef de bord et un équipier de tomber dans les bras de Morphée.


La nuit à bord s'annonçait calme et paisible, hélas nous avons découvert les petits matins écologiques de Honfleur! en effet, les riverains ne supportaient plus les nuisances des étourneaux, la municipalité a donc décidé d'installer des hauts parleurs qui diffusent des cris abominables style vieilles crécelles, on se casse les oreilles pour que les étourneaux se cassent caguer ailleurs ! c'est de la solution durable...


Dimanche 10h30 le petit déjeuner pris, nous quittons Honfleur, l'écluse sera une formalité, et l'équipage va goûter au plaisir de tirer des bords dans le chenal de la Seine , à la sortie, le vent portant nous ramène jusqu'au Havre. A 17H30L'équipage se quitte, après le nettoyage du bateau , les vêtements sont secs, il n'a pas plu, malgré le vent nous avons passé une bonne fin de semaine.

SI météo le veut prochaine sortie :week-end casino à Deauville.







jeudi 18 octobre 2007

fete du Hareng 2007 à la voile






















Christa,Cécile,Françoise,Héléna,Jean-Marie et Denis l'équipage de Nomade ( T.M.L) partent du Havre samedi 24/11 à 10h direction Fécamp faire la ''faite du hareng su l' qué'' La météo est bonne : vent Ouest 10nd , le soleil est des nôtres!

Moteur jusqu'à l'approche d'Antifer, car le vent est en retard (grève des transports ?) Toute la toile dehors, nous arrivons au portant contre courant 1h avant l'étale de basse mer , il est 16h30, mais la VHF nous informe qu 'un bateau est échoué dans la passe de Fécamp ! le vent d'ouest s'est renforcé et les 15 à 20 nd établis. Nous attendrons à la cap 18h30 pour entrer dans le port après que la SNSM ait dégagé l'échoué ( il calait 2m50)
Bonne nouvelle la capitainerie est fermée ! le catway est gratuit, en plus un super mec rencontré dans le bar des régatiers nous prête sa clé des pontons ! 't'auras qu' a la laisser sous le pot de fleurs de l'entrée du bar : il existe encore des gens sympathiques qui ont confiance.
Direction la criée pour un bon menu composé de harengs fumés, l'ambiance est au RDV, chants marins, groupes et musique irlandaise, odeur de grillé, gueule de gabier.....
La nuit, le vent monte et la dépression passe, nous serons ballottés, et au matin, la mer est formée, le vent de nord souffle à 20 nd raffale 25nd. Après une sortie de Fécamp genre foire du trône et 2ris dans les voiles direction le havre , Il est 9h30.
à 12h nous sommes à Antifer, et comme d'ab, le vent et la mer se calment, les ris sont lachés, le soleil est de la partie, nous rentrons à 16h au port.

D'un avis unanime nous avons passé un bon week end voile au Havre ( avec TML)

La prochaine sortie sera un week end pot au feu à Honfleur , si météo le veut....